80: c’est le nombre d'Éthiopiens qu’il faudrait rassembler pour que leur empreinte environnementale cumulée atteigne celle d’un seul Canadien | 24 heures
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80: c’est le nombre d'Éthiopiens qu’il faudrait rassembler pour que leur empreinte environnementale cumulée atteigne celle d’un seul Canadien

Image principale de l'article Une empreinte aussi importante que 80 Éthiopiens
AFP

Les Canadiens ont un poids environnemental énorme lorsqu’on les compare aux habitants d’autres pays du monde. Ils pollueraient en moyenne 80 fois plus que les Éthiopiens.

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Le chiffre est impressionnant. C’est le constat que l’on peut faire en comparant nos émissions de CO2 basées sur notre consommation par habitant avec celles d’autres États. Selon cet indicateur, on a émis en 2018, au Canada, 15,87 tonnes d’équivalent CO2 par habitant, comparativement à 0,20 tonne pour l’Éthiopie, selon le site Our World in Data. 

Qu’est-ce que ça représente, les émissions de CO2 basées sur la consommation par habitant?  

Il s’agit d’un indicateur qui mesure la somme de toutes les émissions de CO2 qui ont été nécessaires à la consommation au sein d’un pays, que ces émissions soient générées ici ou ailleurs dans le monde. Et donc, même les émissions générées en Chine pour fabriquer un téléphone qu’on utilise ici au Québec, par exemple, sont comptabilisées. 

«On fait notre épicerie, on achète du linge, on bâtit des maisons, on prend notre char pour se promener un peu partout, les gouvernements construisent des hôpitaux, des écoles, des routes, des ponts, des tunnels, etc., détaille d’abord Éric Pineault, professeur à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM. On prend tout ça et on regarde les émissions qui ont été générées, peu importe où sur la planète. Et ça, c’est le poids écologique d’une personne, de ses décisions. Là, on a vraiment un portrait fidèle du mode de vie.» 

Qu’est-ce que ça permet de comprendre?  

Deux éléments ressortent de cet indicateur, selon Éric Pineault. 

«C’est une façon de répartir la responsabilité, donc de montrer où, dans le monde, et quelle société doit faire des efforts impératifs, explique-t-il. Après ça, le deuxième aspect, c’est de montrer la non-viabilité du modèle que représente le mode de vie occidental. C’est-à-dire que, si tout le monde vit comme on vit dans les pays occidentaux, ou les plus riches, entre guillemets, eh bien, la planète s’en va en feu.» 

En 2018, les émissions de CO2 basées sur la consommation par habitant s’élevaient à 17,63 tonnes pour les États-Unis, 8,05 tonnes pour le Royaume-Uni, 23,22 tonnes pour les Émirats arabes unis, 7,10 tonnes pour la Chine, 4,99 tonnes pour le Chili et 2,17 tonnes pour le Vietnam. 

Est-ce que ça camoufle certains paramètres?  

L’indicateur comporte tout de même certains angles morts, précise Éric Pineault. 

«C’est clair que la personne qui vit dans Hochelaga-Maisonneuve n’a pas le même poids que la personne qui vit à Westmount, et la personne qui vit sur une réserve à Manawan, par exemple, n’a pas du tout le même poids que la personne qui vit dans un milieu urbain non plus, relève-t-il. Donc, ça cache des disparités à l’intérieur du Québec et du Canada qui sont immenses aussi, qu’il ne faut pas négliger.» 

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