Canicule: beaucoup d’inquiétude chez les agriculteurs du Québec | 24 heures
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Canicule: beaucoup d’inquiétude chez les agriculteurs du Québec

Image principale de l'article Beaucoup d’inquiétude chez les agriculteurs
CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Le temps chaud des derniers jours et les précipitations anormalement basses depuis le mois d'avril font craindre le pire aux producteurs agricoles du Québec. Et la situation ne devrait pas s’améliorer de sitôt, avertit Environnement Canada.  

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«Si on n’a pas suffisamment de pluie en juin, même si on avait de la pluie en juillet, les retards seront irrécupérables, soutient le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau. Il y a beaucoup d’inquiétude, les pertes pourraient être de l’ordre de 25, 50 ou même 100%.» 

Les risques concernent autant la production de céréales que la production de foin ou de fruits et de légumes, s'inquiète M. Groleau.

«Pour les céréales, le blé d’automne est un bon exemple, explique-t-il. Le blé a été germé l’année passée et, là, même s’il n’a pas encore atteint sa taille, comme il fait très chaud, il est en train d’épier, c’est-à-dire que le feuillage de la plante n’est pas développé, mais l’épi est en train de se former. Alors, ça va entraîner une perte au niveau de la production de grains, c’est certain.» 

Fruits plus petits 

«Un manque d’eau fait aussi en sorte que les fruits sont plus petits, poursuit-il. Comme l’arbre a moins d’eau pour aller chercher les éléments nutritifs, le fruit va être plus petit. Les pommes vont être plus petites, les bleuets vont être plus petits.»

Et les faibles précipitations entraînent nécessairement plus de dépenses pour les producteurs de fruits et légumes, qui doivent irriguer leur champ eux-mêmes et beaucoup plus tôt. 

«Lorsqu’on est obligé d’irriguer à partir du mois de mai ou juin, alors qu’habituellement on irrigue surtout à la fin juin, juillet et août, ça représente des coûts importants.» 

La situation semble particulièrement critique en Montérégie, remarque Marcel Groleau. «Il y a des secteurs, en Montérégie, où c’est déjà catastrophique, indique le président de l’UPA. Il y a déjà des plants, des semis de cette année qui sont morts ou qui n’ont pas germé. Il y a beaucoup de retard accumulé au niveau de la croissance. C’est trop sec. Et même s’il pleuvait, probablement que ça ne se récupérerait pas.» 

Pas de pluie au menu 

La tendance à la baisse des précipitations qu’a connue le Québec en avril et en mai devrait se poursuivre dans les prochains jours, selon Environnement Canada. 

«Pour ce qui est des précipitations, malheureusement, on n’a pas nécessairement de bonnes nouvelles à court terme, indique André Cantin, météorologue d‘Environnement Canada. Pour les prochains 10 jours, il y a très peu de précipitations de prévues sur l’ensemble de la province.» 

Lors des deux derniers mois, plusieurs régions du Québec ont vu tomber sur leur territoire l’équivalent de 30% des précipitations habituellement reçues, poursuit le météorologue 

«C’est quand même un déficit important pour presque l’ensemble du Québec», note-t-il.

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