Les élus québécois ont la fièvre des séries | 24 heures
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Les élus québécois ont la fièvre des séries

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Photo Ben Pelosse

Le Salon bleu est bleu-blanc-rouge. Sur les réseaux sociaux et dans les couloirs de l’Assemblée nationale, les élus québécois se réjouissent publiquement de la performance-surprise du Canadien en séries. Un jeu qui peut cacher des intentions politiques, souligne un expert.

«Et de huit! Amenez Colorado ou Vegas!» Depuis le début des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey (LNH), le premier ministre François Legault affiche sans vergogne son soutien au Tricolore sur les réseaux sociaux. Dans la première ronde, il a même accepté à la dernière minute un pari sportif avec son homologue ontarien, Doug Ford. 

Le club lui donne raison: le Tricolore a accédé lundi à la troisième ronde du tournoi, en éliminant (facilement!) les Jets de Winnipeg en quatre matchs. 

«Ça sent la coupe, sortez vos fanions», écrivait-il encore sur Twitter, mardi. En fait, depuis le début des séries éliminatoires, plus d’un gazouillis sur cinq publié sur le compte du premier ministre porte sur le hockey.

Le 7 juin dernier, gonflé à bloc après la victoire du Bleu-Blanc-Rouge en sept matchs contre les Maple Leafs de Toronto, le chef caquiste se présentait à ses bureaux de l’édifice Honoré-Mercier, à Québec, affublé d’un chandail du Canadien.

«Nick Suzuki! Moi, je m’attends à une grosse série pour Nick Suzuki contre les Jets [de Winnipeg]», prédisait-il devant une poignée de journalistes. Quatre matchs plus tard, le jeune centre sortait de la série de deuxième tour avec quatre points.

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Des groupes d’opposition sur le bout de leur siège  

Dans les partis d’opposition, des élus rivalisent d’adresse avec le premier ministre. Mardi, en mêlée de presse, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, y est allé d’une envolée lyrique digne du film Miracle sur glace.

«Ils étaient au pied du mur contre un des meilleurs clubs de la ligue nationale, les Leafs, du talent, dans cette équipe-là, à trois à un, a-t-il analysé. Il y a quelqu'un dans ce vestiaire-là qui a décidé qu'il ne lançait pas la serviette. Puis personne n'aurait prédit que ce club-là se relèverait, mais il y a quelqu'un dans ce vestiaire-là qui a décidé qu'il ne lâchait pas le morceau.»

La semaine dernière, à quelques heures du match numéro sept contre les «Leafs», le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois avait fait une prédiction inusitée sur ses réseaux sociaux. 

La prédiction s’est avérée: 3-1 Canadien.

Grappiller des points  

Selon l’expert en communication et marketing Bernard Motulsky, les élus québécois ne perdent rien à encourager le CH à mesure qu’il avance en séries. Ils peuvent même gagner des points.

«En appuyant le Canadien de façon plus spectaculaire, les élus ont une vague sur laquelle ils peuvent surfer», notamment pour se faire connaître des électeurs, souligne le professeur du Département de communication sociale et publique de l’UQAM.

Après chaque joute, sur Twitter, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, offre son analyse de la performance du Canadien. 

«Repos bien mérité pour le CH. Prochaine étape, l'une des deux meilleures formations de la LNH cette saison pour la finale d’Association. Beaucoup de pain sur la planche pour nos Glorieux», écrivait-elle après que le club eut confirmé sa présence en finale d’association, lundi.

«C’est ce qu’on attend de nos politiciens: qu’ils reflètent nos préoccupations, mais aussi nos passions», commente M. Motulsky.

«Et les Canadiens de Montréal ont l’avantage de rallier les fédéralistes et les souverainistes!» – Bernard Motulsky, professeur de communication à l’UQAM    

Le CH retournera sur la glace en fin de semaine ou au début de la semaine prochaine. Les élus québécois, eux, retourneront sans doute à leurs claviers.

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