Dans l’univers musical de Fanny Britt | 24 heures
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Dans l’univers musical de Fanny Britt

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La dramaturge et romancière nous arrivera à la fin de l’été avec un récit jeunesse ponctué de références musicales qui sauront ravir les parents mélomanes. 

Même que pour nous faire patienter, elle a concocté deux pièces «interprétées» par Truffe, le personnage principal. Son fils prête sa voix pour les deux chansons composées par Philippe Brault. 

On a rarement retrouvé autant de clins d’œil au rock dans un livre pour enfants. Au fil des pages, le petit Truffe nous parle, entre autres, de Joan Jett, Ozzy Osbourne, Kiss, David Bowie, Led Zeppelin, Françoise Hardy, Def Leppard, Prince, Janis Joplin, John Lennon.  

En s’entretenant avec Fanny Britt, on ne s’étonne pas de retrouver ces groupes ou chanteurs dans son œuvre tant la musique semble l’habiter. 

Pour accompagner ton prochain livre, tu as écrit deux chansons. C’est la première fois que tu écris des paroles?

J’ai aussi écrit une chanson sur le dernier disque d’Ariane Moffatt qui s’appelle Phèdre en forêt.

Comment est née la collaboration avec Philippe Brault?

Philippe, c’est un ami. Il connaît mon fils depuis sa naissance. Comme c’est mon fils qui allait chanter la chanson, c’était important qu’il soit en confiance dans un environnement dans lequel il ne serait pas gêné de chanter. 

Est-ce qu’il y aurait des interprètes pour lesquels tu aimerais écrire?

En général, les gens que j’admire c’est des gens qui écrivent leur propre texte. Je ne voudrais pas m’en mêler. Mais admettons, Martha Wainwright... Si un jour elle voulait que quelqu’un lui écrive des textes en français, ça me ferait bien plaisir. 

As-tu déjà fait partie d’un groupe de musique?

Pendant toute mon enfance puis mon adolescence, j’étais dans à l’école FACE au centre-ville, qui est une école orientée vers les arts en général, mais la musique en particulier. Donc, j’ai beaucoup chanté dans les chorales. 

J’ai arrêté quand j’ai commencé à étudier le théâtre à l’école nationale de théâtre. J’avais des gros problèmes à être sur scène. Je n’avais pas confiance en moi. J’ai aussi fait du piano quand j’étais adolescente.  

Dans ton roman Les maisons, la musique et la famille sont très liées. Est-ce que c’était le cas chez toi?

Oui, complètement! Ma mère aimait beaucoup les chansonniers, la chanson française en général, la musique classique. Ma mère faisait aussi entrer de nouvelles affaires de l’avant-garde des années 80 comme Laurie Anderson. Je me souviens du premier disque de Sinéad O’Connor, bien avant Nothing Compares 2U, The Lion And The Cobras.

Mon père aimait beaucoup Elvis Presley, les Beatles, le rock n’ roll en général. Un de mes frères qui aimait beaucoup le gros rock, le prog, le rock des années 70. Mon grand frère aimait plus le dance très commercial. 

Ton processus d’écriture semble aussi lié à la musique...

J’entends les affaires que j’écris beaucoup plus que je ne les vois. Pour moi, c’est vraiment une question de rythme. Je peux être téteuse sur des détails dans des phrases juste parce qu’il y a une virgule ou un «de» ou un «et» de trop. J’ai l’impression que ça désaccorde la phrase. Je ne suis pas très visuelle, mais j’entends et j’écoute beaucoup. 

Qu’est-ce qui a marqué ton adolescence musicalement?

Leonard Cohen. Ça m’a beaucoup parlé quand j’avais 14, 15, 16 ans. Aussi, toute la mouvance grunge. J’étais adolescente dans les années 90. J’ai été une fan fiévreuse de Pearl Jam. J’ai dormi dehors pour m’acheter des billets! 

Tori Amos aussi a été importante. Ses textes me fascinaient. C’était comme de la colère, mais en même temps super mélodique. Pour sublimer ces émotions-là dans une espèce de beauté. C’est encore quelque chose qui m’habite. 

Est-ce que tu écoutes de la musique quand tu écris?

Ça dépend à quelle étape du travail je suis. Quand je suis dans les corrections, je ne peux pas, parce qu’il faut vraiment que je sois super alerte. Mais quand je suis vraiment dans la création, oui. Pour me mettre à la place du personnage. Je vais penser au genre de truc qu’il écoute ou la musique de l’époque où il évolue. 

Est-ce que tu lis des biographies de groupes, de chanteurs?

Oui, je suis intéressé de savoir le lien entre la vie des artistes et ce qu’ils ont créé. J’ai envie de savoir dans quel contexte telle personne a écrit telle toune. Qu’il y a eu une histoire d’amour entre Joni Mitchell et Graham Nash de Crosby, Still, Nash & Young, ça me fascine. Il a écrit Our House parce qu’il tripait sur elle. 

Un des meilleurs livres que tu as lu sur un band ou un chanteur?

Un livre sur les sœurs McGarrigle: Kate and Anna McGarrigle Songs & Stories. Ça a été écrit par le mari d’Anna McGarrigle. C’est très personnel. Vraiment un beau livre. 

Aussi, la biographie de Leonard Cohen m’a beaucoup touchée. Sinon, une biographie que j’ai lue parce que j’avais travaillé sur une pièce dans laquelle un personnage capote sur Patsy Cline. Ça a été un personnage important pour moi à partir de la fin du secondaire. Cette espèce de destin tragique, ça transpire dans sa musique. Comme si on savait à l’avance que sa vie allait mal finir avec la voix qu’elle avait. 

Si tu avais à scénariser la vie d’un musicien.ne, ce serait qui?

Joni Mitchell, parce qu’elle a un parcours vraiment particulier. C’est quelqu’un qui a refusé les compromis. Elle a eu un enfant qui a été donné en adoption. Un peu comme Patti Smith qui a vécu ça aussi. Des femmes qui ont eu à subir les années 60. Et en même temps, elles ont une façon de se sortir de ce carcan-là et de vivre très librement, d’écrire librement. 

Écoutez la liste de lecture de Fanny Britt.