La députée Catherine Fournier veut abaisser l’âge du vote à 16 ans | 24 heures
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La députée Catherine Fournier veut abaisser l’âge du vote à 16 ans

La députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, à l’extérieur de l’Assemblée nationale du Québec, le mercredi 31 mars 2021.
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

La députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, à l’extérieur de l’Assemblée nationale du Québec, le mercredi 31 mars 2021.

Pouvoir voter avant même d’avoir terminé son secondaire? C’est ce que souhaite rendre possible la députée indépendante Catherine Fournier, qui déposera un projet de loi à cet effet en matinée.

S’il est adopté, le projet de loi modifiant l’âge requis pour posséder la qualité d’électeur permettra d’abaisser l’âge du vote de 18 à 16 ans.

«C’est une idée qui a été évoquée au Québec dans le passé, mais sans qu’on ait un réel débat. D’ailleurs, il n’y a jamais eu concrètement de projet de loi», souligne-t-elle en entrevue avec le 24 Heures.

Pour être ajouté sur les listes d’électeurs, il faut pour le moment répondre à cinq critères, dont ceux d’avoir 18 ans et d’être citoyen canadien. Ces principes, inscrits dans la Loi, ne peuvent être modifiés qu’à l’aide d’un projet de loi.

En présentant sa mesure législative, Catherine Fournier souhaite lancer une réelle discussion sur la question. 

Pourquoi 16 ans? «C’est un âge où, souvent, on commence à avoir plus de responsabilités. On peut aller chercher un permis de conduire. On commence généralement à payer des impôts», résume-t-elle.

  • À ce sujet, écoutez Mario Dumont et Benoit Dutrizac:

Ça a déjà fait jaser  

L'abaissement du droit de vote a déjà été discuté au Québec. En 2013, la première ministre Pauline Marois ouvrait la porte à légiférer après que les membres du Parti québécois se soient prononcés en faveur du droit de vote à 16 ans.

Le député Stéphane Bergeron avait longtemps défendu l’idée, affirmant qu’un travailleur de 16 ans qui paie des impôts devrait avoir le droit de faire entendre sa voix.

Catherine Fournier, qui s'était fait élire sous la bannière péquiste avant de quitter le parti, partage ce point de vue. «Ça revient au principe de no taxation without representation», soulève-t-elle.

Théoriquement, près de 170 000 jeunes s’ajouteraient au bassin d’électeurs si le projet de loi de la députée était adopté. Or, d’après la principale intéressée, les impacts seraient encore plus importants.

«Je suis convaincue que ça aiderait à faire grimper le taux de participation des jeunes, affirme Catherine Fournier. Plusieurs études démontrent que, pour faire en sorte que les gens aillent voter, il faut créer une habitude de vote. Mais l’âge de 18 ans, c’est un très mauvais moment pour créer cette habitude-là.»

En comparaison, un jeune de 16 ans vit généralement toujours chez ses parents et est toujours à l'école secondaire. «C’est une période de la vie encore assez stable, poursuit la députée de Marie-Victorin. Et une fois qu’un jeune a participé à sa première élection, il a beaucoup plus de chances de voter à sa deuxième.»

Historiquement, au Québec, les jeunes de 18 à 24 ans sont les électeurs qui participent le moins les jours de scrutin. En 2018, à peine la moitié d’entre eux se prononçaient. Ce sont généralement les 65 à 74 ans qui votent le plus massivement.

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