Une partie des terrains du Royal Victoria cédée à McGill: le PQ craint «un nouveau Golden Square Mile» à Montréal | 24 heures
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Une partie des terrains du Royal Victoria cédée à McGill: le PQ craint «un nouveau Golden Square Mile» à Montréal

Image principale de l'article Le PQ craint «un nouveau Golden Square Mile»
ELIZABETH LAPLANTE/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

En approuvant le don d’une partie des terrains de l’ancien hôpital Royal Victoria à l’Université McGill, le gouvernement de François Legault menace de cautionner la naissance d’un nouveau «Golden Square Mile» anglophone en plein centre-ville de Montréal, tonne le Parti québécois (PQ).

«C'est une belle collaboration entre le Parti libéral et la [Coalition avenir Québec]», a martelé jeudi le chef parlementaire péquiste, Pascal Bérubé.

Les terrains de l’ancien hôpital sur le mont Royal sont vacants depuis 2015, quand les activités hospitalières de Royal Victoria ont déménagé au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

En novembre, le Parti libéral (PLQ) déposait un projet de loi privé afin que l’Université McGill, qui convoite le secteur depuis plusieurs années, puisse y installer son «Nouveau Vic», sorte de complexe d’enseignement multidisciplinaire en milieu urbain. 

Quelques mois plus tard, voilà que les députés de l’Assemblée nationale s’apprêtent à voter sur ce projet de loi, et le gouvernement caquiste compte bien l'appuyer.

«[On va] recréer un “Golden Square Mile” anglophone en plein centre de Montréal. Une belle enclave où on va parler anglais et où le contrôle immobilier va appartenir à la riche Université McGill», s’est insurgé M. Bérubé devant les journalistes, jeudi.

Pascal Bérubé

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Pascal Bérubé

Au gouvernement de la CAQ, on assure que la requalification des lieux comporte plusieurs avantages. 

«Les bâtiments [de l’ancien Royal Victoria] deviennent excédentaires, soulignait la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, en commission parlementaire, mercredi soir. Pour nous, ce projet de loi est très important.»

«Scandale»  

Le PQ n'en démord pas. Céder le «Royal Vic» à McGill accélérerait l’anglicisation de Montréal.

«Le projet de loi n° 219, c'est scandaleux. À quelle époque est-on revenus, avec McGill qui devient une université hégémonique à Montréal?» a insisté Pascal Bérubé. 

L’élu du troisième groupe d’opposition n’est pas l’unique opposant au «Nouveau Vic». En 2019, un trio de citoyens impliqués – dont l’ex-journaliste Gilles Paquin – envoyait une lettre au premier ministre Legault pour qu’il n’«aliène» pas ce secteur patrimonial de la métropole.

«Une telle cession pose de sérieux problèmes d’ordre patrimonial et financier, ainsi que d’équité sociale», pouvait-on lire. 

En commission mercredi, Mme LeBel a défendu la décision de faire don de cette partie du terrain, évaluée à 1 milliard de dollars.

«Il est à noter que, dans la partie de l’acte de cessation, il est précisé que McGill n’utilisera qu’une seule partie du site, a-t-elle dit. Et la partie du site va – c’est notre souhait – être utilisée uniquement à des fins de recherche et d’enseignement.»

Les députés de l’Assemblée nationale devraient voter vendredi sur la validité de ce projet de loi. Si le gouvernement l’appuie, les terrains de l’ancien «Royal Vic» seront remis à McGill. 

Des consultations auront lieu «prochainement» sur l'avenir du secteur.

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