Commentaires sexistes et gestes déplacés: le harcèlement de rue a repris de plus belle | 24 heures
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Commentaires sexistes et gestes déplacés: le harcèlement de rue a repris de plus belle

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MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Les commentaires sexistes, dégradants, et les gestes déplacés à l’endroit des femmes sur la rue ont repris de plus belle avec l’arrivée de l’été et le déconfinement, dénoncent de nombreuses Montréalaises rencontrées par Le Journal. 

«On dirait qu’avec la pandémie, c’est devenu pire ! Ce n’est plus seulement dans rue, c’est aussi dans les lieux où tu ne t’y attends pas, où tu te sentais peut-être plus en sécurité, comme à l’épicerie», soutient Maria, 24 ans, rencontrée dans le Vieux-Port de Montréal.

Pour cette dernière, qui réside dans le centre-ville de la métropole, comme pour une trentaine d’autres femmes rencontrées par Le Journal, le harcèlement de rue est devenu une normalité, que ce soit en plein jour ou en soirée. 

Cette forme de harcèlement sexuel cible majoritairement les femmes dans l’espace public et se traduit par des commentaires ou comportements sexistes, comme des sifflements, des menaces ou des regards insistants perpétrés par des inconnus.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Habitudes

«[Les commentaires] ça arrive tous les jours, voire plusieurs fois par jour, même. Ça arrive aussi que je sente des gens qui me touchent, surtout quand il y a du monde», soutient Maria.

De son côté, Valérie, 36 ans, rencontrée au parc Lafontaine, trouve que ce sont les coups d’œil insistants qui sont plus nombreux depuis le déconfinement.

«Ce sont vraiment des regards très décomplexés. Je pense que beaucoup de gens se sont sentis vraiment enfermés, là, c’est comme s’ils reviennent à la vie et ils ne se gênent pas de te faire sentir qu’ils ont envie de te manger», explique-t-elle.

Pour Alexia, 25 ans, qui vit dans le quartier Hochelaga, c’est presque chaque semaine qu’elle reçoit des commentaires sexistes ou des gestes inappropriés.

Dénoncer

Même si ces évènements sont loin d’être nouveaux, les témoignages de femmes et de filles se multiplient sur les réseaux sociaux depuis le début de la pandémie, explique Audrey Simard, organisatrice communautaire au Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal.

«[Mais] il est difficile de comparer l’ampleur du phénomène tel qu’il existait avant la pandémie versus aujourd’hui, car à l’heure actuelle, il n’existe toujours aucun portrait chiffré du harcèlement de rue tel qu’il est vécu à Montréal», ajoute-t-elle.

Selon une étude menée par L’Oréal Paris et l’Ipsos auprès de 14 000 personnes dans 14 pays différents, la pandémie a augmenté le sentiment d’insécurité dans les lieux publics, notamment à cause du masque, qui cache le visage (51 %), du manque de témoins parce que les rues sont vides (36 %) ou encore par crainte que personne ne vienne en aide (35 %). 


CE QU’ELLES ONT DIT 

«L’autre jour, en pleine journée, ça faisait une minute qu’on était dehors et un monsieur nous a lancé du bord de sa fenêtre “belles p’tites pitounes ça”.»

– Marie-Laurence Perron, 25 ans

«J’enseigne à des secondaires 5 et je fais attention à la façon dont je m’habille, parce que je serais pas à l’aise de porter certains vêtements parce que j’ai pas le goût que des élèves fassent des commentaires sur moi.»

– Chloé, 25 ans

«Des fois c’est juste de la drague un peu lourde ou juste un peu insistante, mais tu ne sais jamais qui est cette personne, quelles sont ses intentions ou comment elle peut réagir. Ça me fait juste marcher plus vite, détourner le regard et c’est chiant, on ne peut pas être tranquille dans la rue.»

– Amandine Pilet, 21 ans

« Tous les printemps c’est un problème, au point où à chaque première fois que je mets des shorts ou une robe je suis stressée.»

– Myriam, 29 ans


SI VOUS AVEZ BESOIN D'AIDE 

Ligne québécoise de prévention du suicide 

  • www.aqps.info 
  • 1 866 APPELLE (277-3553)                                  

SOS violence conjugale