#CancelCanadaDay: plus de villes annulent leurs célébrations et une manif se prépare à Montréal | 24 heures
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#CancelCanadaDay: plus de villes annulent leurs célébrations et une manif se prépare à Montréal

Défilé de la fête du Canada à Montréal, le 1er juillet 2019
Photo d'archives, Étienne Paré

Défilé de la fête du Canada à Montréal, le 1er juillet 2019

Plusieurs villes canadiennes ont fait comme Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, et ont annulé leurs célébrations de la fête du Canada. Une manifestation se prépare aussi à Montréal pour la même occasion. On vous explique pourquoi.

En plus de Victoria et du canton de Wilmot, situé dans la région de Waterloo, en Ontario, de nombreuses villes du Nouveau-Brunswick, de la Saskatchewan, de l’Alberta et du Manitoba ne célébreront pas la fête du Canada. Au Québec, la municipalité de Lac-Brome, en Estrie, n’ira pas de l’avant avec ses festivités. Le Musée canadien de l’histoire a également annulé ses activités.

Quelques rassemblements se préparent au Québec pour rendre hommage aux enfants autochtones victimes des pensionnats. À Montréal, une séance de tambours et des discours seront suivis d’une marche allant du parc Jeanne-Mance jusqu’à la place du Canada. 

À Québec, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) tiendra une marche et une vigile à la mémoire des Autochtones disparus à la place Jean-Béliveau, en marge de l’événement Kwé. 

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a pour sa part affirmé au micro de Radio-Canada qu’annuler les célébrations prévues le 1er juillet n’est pas la solution. Il croit plutôt qu’il faut saisir l’occasion pour faire connaître l’histoire autochtone à la population générale.

«Il y a effectivement des communautés qui demandent qu’il n’y ait pas de fête. D’autres qui disent: nous, ce n’est pas tellement ça qui nous intéresse, que le dialogue, l’ouverture et la nécessité [d'être] mieux compris par la population, et que la réalité et notre histoire soient mieux comprises par la population canadienne», a-t-il ajouté.

Réfléchir à «ce que signifie être Canadien» 

«[C’est] une occasion de réfléchir et d’examiner ce que signifie être Canadien à la lumière des événements récents et de ce que nous savons déjà de notre passé», avait précisé le conseil municipal de Victoria, au moment d'annoncer l'annulation des festivités du 1er juillet. Une réflexion similaire a poussé les autres villes à prendre cette décision.

«La fête du Canada nous rappelle traditionnellement de nombreuses raisons d’être reconnaissants, par exemple envers ceux qui ont servi afin de protéger nos droits et libertés collectifs, ou pour les précieux moments passés en famille et entre amis. Pourtant, il y a beaucoup de travail à faire en tant que nation. Ce n’est pas l’histoire de tout le monde dans ce pays», avait pour sa part souligné la conseillère municipale de Wilmot, Angie Hallman.

Une décision qui soulève les passions   

Depuis l’annonce de Victoria, le mot-clic #CancelCanadaDay gagne en popularité sur les réseaux sociaux, tant parmi les personnes qui soutiennent le mouvement que chez ses détracteurs.

Plusieurs voix autochtones l’ont utilisé pour appuyer la décision et pour demander l’annulation des festivités à travers le pays. C’est notamment le cas de la Fédération des nations autochtones souveraines, qui représente 74 Premières Nations de la Saskatchewan, et du mouvement Idle No More, fondé en 2012 après l’adoption de la loi C-45, qui, selon ses membres, viole les traités ancestraux.

Les activistes d’Idle No More ont d’ailleurs annoncé que des rassemblements et des manifestations s’organisaient d’un océan à l’autre en vue du 1er juillet, notamment à Vancouver, à Edmonton, à Winnipeg et en Ontario.

Selon le groupe, ces rassemblements seront l’occasion d’«honorer toutes les vies perdues à cause de l’État canadien – celles d'Autochtones, de Noirs, de migrants, de femmes, de personnes trans et de personnes bispirituelles – tous les proches que nous avons perdus».

Du soutien pour les survivants et leurs proches  

Contactez la ligne d’aide téléphonique bilingue destinée aux survivants des pensionnats autochtones et leurs proches: 1 866 925-441 

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