Une agence de mannequins autochtones est créée pour assurer plus de représentativité | 24 heures
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Une agence de mannequins autochtones est créée pour assurer plus de représentativité

Jaymyn La Vallee, l’une des neuf mannequins de Supernaturals Modelling
Photo Courtoisie

Jaymyn La Vallee, l’une des neuf mannequins de Supernaturals Modelling

Le photographe Patrick Shannon et la mannequin internationale Joleen Milton se sont lancés il y a quelques semaines dans une aventure qu’ils qualifient de «folle» en cofondant Supernaturals Modelling, la première agence de mannequins autochtones du Canada. Pour mieux comprendre la démarche, on a posé quelques questions à M. Shannon et à Jaymyn La Vallee, l’une des neuf modèles de l’agence. 

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D’où vous est venue l’inspiration pour démarrer cette agence? 

Patrick Shannon : L’inspiration vient de mon propre parcours. J’ai été photographe pendant 15 ans, et comme personne issue de la communauté autochtone qui a vécu sur une réserve en Colombie-Britannique, je ne me suis jamais vu dans les médias. Il n’y avait aucune représentation non plus dans le mannequinat. 

En 2016, j’ai rencontré Joleen [Milton] lors de la Vancouver Indigenous Fashion Week. Elle travaillait avec des gens de la communauté autochtone et avait des grands clients partout dans le monde. On a continué nos échanges au fil des ans et c’est de là qu’est venue l’idée de partir l’agence.  

Le cofondateur de l’agence Supernaturals Modelling, Patrick Shannon

Photo Courtoisie

Le cofondateur de l’agence Supernaturals Modelling, Patrick Shannon

Comment se sont déroulées les trois premières semaines? 

P.S. : C’était complètement fou! Beaucoup plus que ce qu’on aurait osé imaginer. On a parlé de nous un peu partout. [...] Même Vogue a fait une couverture sur nous! On a eu une reconnaissance internationale. Mais la réponse dont on est le plus fiers, c’est celle de notre communauté. On a même eu une centaine de candidatures en moins de trois semaines! 

Est-ce que l’agence est ouverte à toutes les personnes autochtones du Canada? Comptez-vous des modèles du Québec? 

P.S. : L’agence est ouverte aux hommes et aux femmes. Pour le moment, nous n’avons pas d’hommes, mais ça s’en vient. Pour les Québécois, nous avons commencé avec la Colombie-Britannique pour une question de proximité, mais nous regardons effectivement pour avoir des modèles provenant d’ailleurs dans le pays et à travers le monde. 

Pour une mannequin, qu’est-ce qui démarque Supernaturals Modelling des autres agences?

Jaymyn La Vallee : Supernaturals est unique et importante pour l’industrie de la mode. Lorsque je postulais dans d’autres agences, on me demandait toujours si j’étais d’une autre race. Ici, je peux être ouverte et je suis fière d’où je viens. C’est important pour les futures générations d’être bien représentées. Je veux que nos jeunes de la communauté autochtone se voient dans les médias et les autres plateformes. Nous célébrons la culture et l’héritage.   

Jaymyn La Vallee, l’une des neuf mannequins de Supernaturals Modelling

Photo Courtoisie

Jaymyn La Vallee, l’une des neuf mannequins de Supernaturals Modelling

Les récentes découvertes faites à Kamloops ont bouleversé le Canada au complet. Est-ce que cette situation peut vous donner une motivation additionnelle à continuer votre mission? 

P.S. : Les 215 enfants décédés dans un pensionnat autochtone sans que les médias de l'époque en parlent et retrouvés dernièrement à Kamloops, c'est quelque chose que notre communauté continue à digérer. Ça reste que c’est séparé de ce que l’on fait. Par contre, on veut tirer avantage de cette situation. Ça fait des années que ces enfants sont disparus, mais personne ne nous croyait quand on dit des choses comme ça. Les communautés autochtones avaient besoin de ce combat depuis bien longtemps et pour la première fois, les Canadiens semblent ouverts à nous écouter. 

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P.S. : Le but futur serait de ne pas exister comme agence de mannequinat, car les barrières qui sont en place devraient être enlevées, mais d’ici là, nous avons besoin du soutien.  

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