Étude des poissons: des fous de Bassan de l’île Bonaventure servent de caméramans | 24 heures
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Étude des poissons: des fous de Bassan de l’île Bonaventure servent de caméramans

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Équipés d’une petite caméra, les fous de Bassan de l’île Bonaventure permettent à des scientifiques québécois de documenter le comportement de plusieurs espèces de poissons et de mieux comprendre les impacts des changements climatiques dans le fleuve Saint-Laurent.

«Depuis 2019, on a commencé le projet Fou numérique. On se rend sur l’île Bonaventure et on déploie des appareils, comme des GPS ainsi que des enregistreurs de plongée [sur les fous de Bassan]. Depuis 2020, on déploie aussi des caméras miniatures», explique le professeur et chercheur au Cégep de Rimouski, David Pelletier. 

Les images récoltées sont ensuite analysées grâce à des algorithmes et permettent d’identifier cinq espèces de poissons : le maquereau, le hareng atlantique, le lançon, le capelan et le sébaste. 

«C’est les cinq principales espèces qu’on retrouve dans le régime alimentaire du fou de Bassan», explique M. Pelletier qui travaille avec une équipe d’étudiants et de chercheurs issus de différentes organisations scientifiques et établissements scolaires.

L’impact des changements climatiques

Les chercheurs documentent donc les interactions entre ces milliers de poissons et les fous de Bassan. Ils ont aussi de cette façon plus de données sur les pressions que subissent ces espèces en raison des changements climatiques et de la surpêche. 

Par exemple, le réchauffement de l’eau ou la façon dont les proies sont maintenant réparties dans le fleuve Saint-Laurent affectent réellement les fous de Bassan.

Les caméras vidéo sont installées l’été sur plusieurs de ces oiseaux marins. La caméra s’active lorsqu'elle touche à l’eau. C’est grâce au développement de nouvelles technologies et la possibilité d’avoir des appareils de plus en plus petits que ce projet est possible, confirme M. Pelletier. 

Impact «très minime»

En déployant des caméras de la sorte sur des oiseaux, les chercheurs sont toutefois conscients qu’ils ont un impact sur l’animal. Ils essaient néanmoins d’en limiter la portée et selon leurs observations, leur impact sur les fous de Bassan «est très minime».  

Les milliers d’images récoltées sont ensuite analysées par «des êtres humains qui passent à travers des bandes de données vidéo, image par image, et qui attribuent les caractéristiques d’une espèce à un poisson qui est observé», mentionne David Pelletier. 

Le professeur pense d’ailleurs que «l’utilisation des [fous de Bassan] de cette façon-là permet de compléter de l’information qui est difficile à acquérir dans le milieu marin» et que ce projet pourrait même servir de base pour des études sur d’autres espèces d’oiseaux. 

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