Dans l’univers musical de Joseph Edgar | 24 heures
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Dans l’univers musical de Joseph Edgar

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Parmi les artistes qui n’ont pas perdu de temps à reprendre la route dès les premiers soubresauts du déconfinement, on retrouve sans contredit Joseph Edgar. 

À peine quelques semaines après la sortie de son deuxième mini-album pandémique (Peut-être un rêve II), le chanteur acadien se produit aux Îles-de-la-Madeleine, au Lac-Saint-Jean, en Abitibi. 

Une grande bouffée d’air frais pour le Montréalais d’adoption qui avait hâte de reprendre la route. 

Rien de mieux pour rompre avec l’isolement des enregistrements en studio. Toutefois, cette solitude imposée derrière la console aura été bénéfique pour Joseph Edgar: deux mini-albums ont vu le jour au cours de la dernière année. 

Pourquoi avoir sorti 2 mini albums plutôt qu’un album complet?

Quand j’ai sorti le premier mini, c’était une surprise. Après des mois à tourner en rond, à me poser plein de questions existentielles, tout d’un coup, j’ai pris ma guitare et il y a eu plein de tounes qui me sont venues. On a fait un autre mini album avec ça. J’avais plein de riffs, plein de hooks. En 2 semaines, j’avais 5 nouvelles chansons. 

Quand as-tu su que tu avais autant de spectacles pour ta tournée estivale?

Juste avant qu’on commence à enregistrer l’album. Il y avait une proposition d’une date le 24 juin dans les Laurentides. Ça me tentait pas de le faire si c’était juste pour un show. J’ai dit à mon booker «si tu peux me trouver trois ou quatre shows de plus, je vais le faire»... Tout d’un coup, on avait 11 dates!

Qu’est-ce qui te manque de la scène musicale de Moncton?

Ce qui me manque, c’est surtout cet esprit communautaire avec les mains à la pâte. Vouloir stimuler des choses. Bien sûr, mes amis me manquent. J’en vois qui ont abandonné la musique. C’est plate. Tout le monde maintenant est chacun de son bord. Mais les Hay Babies, ça se passe bien. Lisa (LeBlanc), dans son coin, ça se passe bien. Les Hôtesses (d’Hilaire) aussi. 

Quand tu es arrivé à Montréal, quel groupe de la scène locale t’avait le plus impressionné?

Quand je suis arrivé à Montréal, je voulais rater aucun show. J’allais au Divan orange, à L’Esco, Quai des brumes. Mais un band en particulier qui m’a impressionné? Les Breastfeeders

Tu as rapidement intégré des références montréalaises dans tes paroles. C’est important pour toi?

Ça vient tout seul. Mais, peut-être des fois pour marquer le territoire, c’est une façon de se placer dans un moment aussi pour montrer où j’étais à ce moment-là. 

Quel artiste ou groupe t’a donné le goût de faire ce métier-là?

Globally, il y a des référents comme Neil Young, Led Zeppelin. Comme Acadien, il y a Zachary Richard, 1755. Surtout Zachary, même en vieillissant, il est toujours en train de se challenger. Pour moi, c’est vraiment un mentor. Je dirais que c’est LE mentor. C’est quelqu’un qui a beaucoup d’intégrité. 

Maintenant que les tournées ont repris, qu’est-ce que vous écoutez dans la vanne?

Ça va de Julien Clerc à BB Funk, à Noga Erez. Ça varie beaucoup. On est 6 dans la van, il faut essayer de trouver de quoi plaire à tout le monde. C’est moi le DJ et jusqu’à maintenant, il n’y a personne qui s’est plaint. (Rires) 

Est-ce que tu as fait des découvertes musicales au cours de la dernière année?

J’ai solidement tripé sur Noga Erez, une chanteuse israélienne, qui fait du genre hip-hop. C’est comme Gorillaz meets Lauryn Hill. C’est vraiment bon. 

Quel album tu peux écouter sans skipper de tounes?

En général, quand j’écoute un album, je skippe pas de toune. J’aimerais te dire On the Beach de Neil Young. C’est sûrement l’album que j’ai le plus écouté dans ma vie. Mais des fois, je skippe la première, Walk on... (Rires)

Est-ce qu’il y a un artiste qui mériterait d’être plus reconnu?

Noga justement. Je suis surpris qu’elle soit pas plus connue que ça. Quand j’ai entendu parler d’elle, j’étais sûr qu’elle était déjà une vedette internationale. P’tit Belliveau, j’aimerais qu’il y ait bien plus de monde qui le connaisse. 

En plus d’être musicien, tu fais de l’art visuel, tu es cinéaste...

J’ai fait mes propres clips mais je ne me considère pas comme un artiste visuel ni un cinéaste... Je me considère comme un gars qui est très DIY (Do it yourself). Si j’ai besoin de dessins, je vais le faire moi-même. 

Durant la pandémie, as-tu pensé que l’art visuel allait prendre plus de place dans ta création?

Les trois premiers mois de la pandémie, j’ai vraiment crashé solide. Quand j’ai finalement ramassé la guitare et que les chansons ont commencé à venir, je me suis dit: «je suis tellement mieux dans ma peau. Je suis tellement mieux dans ma tête, faut pas que j’arrête.» 

La scène acadienne a vraiment pris de l’essor. Mais Blaine Higgs, pas reconnu pour sa francophilie, a été élu à la tête du Nouveau-Brunswick. Comment expliquer ça?

C’est sûr que d’avoir un homme comme ça à la tête de la province, ça a mis quand même beaucoup de bâtons dans les roues d’une industrie qui allait se développer. 

Dans les années 90, c’était pas beaucoup mieux. Il y avait beaucoup de tension. Tu avais le parti CoR(Confederation of Regions Party), l’ancien parti de Blaine Higgs, qui était super anti-francophone. Nous autres, ça nous stimulait à montrer une actualité musicale qui n’était pas juste les rigodons, les chansons à boire. 

Il n’y a jamais eu autant de jeunes Acadiens qui font de la musique en français de toutes sortes. De Chloé Breault à Menoncle Jason, à P’tit Belliveau... Peut-être que c’est ça la réponse à Blaine Higgs. 

Pour connaître les prochaines dates de spectacles de Joseph Edgar, consultez le www.josephedgar.ca.

Si vous voulez écoutez la liste de lecture de Joseph Edgar, ça se passe sur QUB musique.