Changements climatiques: le nombre de tornades pourrait augmenter au Québec | 24 heures
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Changements climatiques: le nombre de tornades pourrait augmenter au Québec

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Photo Agence QMI, André Paquette

La relation entre les tornades et les changements climatiques est complexe, mais il ne serait pas impossible de voir de plus en plus de ces phénomènes météorologiques extrêmes au Québec à l’avenir. On fait le point, au lendemain de la tornade qui a fait un mort, lundi après-midi, à Mascouche.

«Les tornades, c’est à peu près le phénomène météorologique le plus difficile qu’on peut imaginer pour les études», indique d’emblée Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, un consortium de recherche spécialisé sur l’adaptation aux changements climatiques. 

PIERRE LAURENT/AGENCE QMI

Or, même si les tornades surviennent toujours sans avertissement et qu'aucune étude ne permet encore d’établir un lien direct entre leur apparition et les changements climatiques, plusieurs indices laissent présager que leur nombre pourrait augmenter dans les prochaines années. Et les changements climatiques pourraient en être responsables. 

«Si on regarde les ingrédients qui sont nécessaires à la formation d’une tornade, comme l’air chaud et humide, l’instabilité, des cisaillements de vents qui sont favorables, tout ça semble plutôt favorisé par les changements climatiques», détaille Alain Bourque. 

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«Et parfois, les changements climatiques, ce n’est pas toujours très sorcier, poursuit-il. Si tu veux anticiper ce qui va se passer au cours des prochaines décennies, on a juste à regarder plus au sud, dans l’État de New York, en Pennsylvanie, dans le nord des États-Unis, où il y a beaucoup plus de tornades qu’ici. Et nous aurons un climat pas mal similaire au climat qu’ils ont là-bas présentement. Donc, tout porte à croire qu’il y aurait une tendance à avoir plus de tornades.» 

Photo tirée de Facebook

S'adapter en s'inspirant des Bermudes   

Pour Alain Bourque, il serait donc nécessaire de modifier dès maintenant notre code national du bâtiment pour que nos infrastructures deviennent plus résistantes à ces tornades. 

«Par exemple, il y a plusieurs décennies, les Bermudes s’étaient fait frapper par un ouragan de catégorie 3, explique le directeur général d’Ouranos. Il y avait eu beaucoup de dommage, on a transformé le code national du bâtiment et il est devenu l’un des codes les plus sévères au monde. Et là, quand les Bermudes se font frapper par des ouragans de catégorie 3, il y a relativement peu de dommages comparativement à d’autres régions, comme aux États-Unis, où c’est toujours la dévastation.» 

Photo Martin Alarie

Malgré nos efforts de réduction de gaz à effet, les conséquences des changements climatiques continueront d’ailleurs à s'intensifier pour au moins 10 ou 20 ans, précise Alain Bourque. C’est pourquoi, selon lui, il faut agir pour mieux adapter nos infrastructures à ces épisodes météo plus nombreux et plus dommageables. 

Six à sept tornades par année au Québec  

Certaines régions au Canada et au Québec sont plus à risque de voir passer sur leur territoire une tornade. 

«Le sud des Prairies, donc au sud de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba, et la partie de l’Ontario qui est adjacente, à l’ouest du lac Supérieur, ça, c’est vraiment le secteur où on a le plus de tornades au Canada», détaille Marie-Ève Giguère, météorologue chez Environnement et Changement climatique Canada. «On en a en moyenne 43 par année.» 

Photo Martin Alarie

«Et l’autre endroit où on en a beaucoup, c’est au sud-ouest de l’Ontario, poursuit-elle. Tout le corridor Windsor, Toronto, Ottawa, jusqu’à Québec. On parle de douze à quatorze tornades dans ce secteur-là.» 

Et au Québec en particulier, ce sont environ six à sept tornades en moyenne qui se forment par année. 

Photo Martin Alarie

Toujours plus de signalements        

Tous ces chiffres sont également appelés à augmenter en raison des technologies qui permettent maintenant de détecter plus facilement les tornades.

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«Avec les nouvelles technologies, comme les drones ou les satellites plus performants, l’étalement urbain, les téléphones cellulaires, on a beaucoup plus de signalements, poursuit la météorologue. On arrive à en voir où on n’en voyait pas avant.»