Un million de poulets euthanasiés: «il faut revoir notre modèle agricole», croit une députée | 24 heures
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Un million de poulets euthanasiés: «il faut revoir notre modèle agricole», croit une députée

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Plus d’un million de poulets ont été euthanasiés en raison d’une grève dans une usine d’Exceldor, à Saint-Anselme, semant l’indignation au Québec. Le conflit vient de se résoudre, mais la députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, y voit une bonne occasion de prendre un pas de recul et de revoir notre modèle agricole. 

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«Si on avait affaire à des infrastructures à dimension plus humaine, peut-être qu’on aurait plus de souplesse», analyse la députée de Québec solidaire à propos de la paralysie engendrée par la grève. 

Depuis un mois, une usine d’Exceldor est à l’arrêt en raison d’un conflit qui oppose les salariés et le patronat. Les producteurs, qui se retrouvent avec des poulets trop gros pour le marché, doivent donc les euthanasier puisqu’ils n’ont nulle part où les envoyer et que d’autres poulets arrivent pour les remplacer. 

Certaines volailles sont aussi envoyées à l’extérieur de la province pour être traitées, par exemple au Nouveau-Brunswick. 

Le grain de sable qui enraye la machine  

«Ce que ça nous enseigne, c’est que ces poulets ont une durée de vie de maximum 36 jours, regrette Émilise Lessard-Therrien. Et un jour de plus, ça crée toute une congestion dans la chaîne alimentaire actuelle. J’ai le goût qu’on remette ça en question.» 

Émilise Lessard-Therrien

Photo d'archives Joël Lemay

Émilise Lessard-Therrien

La députée veut prendre du recul et remettre en question la rigidité du système, au-delà du conflit de travail en tant que tel. 

Deux entreprises traitent 96% de la volaille    

C’est que ces dernières décennies, la production et la transformation agricoles se sont concentrées.  

Aujourd’hui, deux entreprises, Exceldor et Olymel, se partagent 96% du traitement de la volaille. Lorsqu’une des deux est à l’arrêt, la filière au complet se retrouve paralysée. 

Des petits abattoirs dans chaque région    

Émilise Lessard-Therrien, qui est aussi porte-parole du deuxième groupe d’opposition sur l’agriculture, les pêcheries et l’alimentation, voudrait qu’on déconcentre la production. 

«Prenons une usine qui abat 80 000 porcs par semaine. Divisons ça par 10, puis envoyons ça dans des abattoirs à plus petite capacité, mais dans chaque région du Québec. Faisons-en des abattoirs multifonctionnels, qui peuvent abattre de la volaille, du porc, du mouton, de l’agneau... Si t’as un abattoir qui tombe, tu en as quand même d’autres. Et ça crée des jobs dans les régions», résume-t-elle. 

En clair, la députée voudrait «passer d’une agriculture de masse à une agriculture par les masses». «C’est ça, à mon avis, qui va nous rendre plus résilients», conclut-elle.  

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