Billie Eilish et le queerbaiting | 24 heures
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Billie Eilish et le queerbaiting

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BILLET - Après avoir réalisé un vidéoclip sensuel mettant en vedette un groupe de jeunes femmes, Billie Eilish a écrit sur Instagram qu’elle aimait les filles. Déclaration de sororité? Sortie du placard? Qui sait! Chose certaine, la mégastar est depuis plongée dans une grande conversation au sujet de l’appropriation queer...

«Le queerbainting, c’est un peu comme du clickbaiting (une méthode pour inciter les gens à cliquer vers un site web), sauf qu’ici on veut attirer un auditoire queer, explique Arnaud Granata, président d’Infopresse. On va utiliser des codes issus de la communauté queer sans jamais approfondir la question de la sexualité.»

On reste en superficialité, donc! On cultive un flou et au plan marketing, ça peut s’avérer payant. Arnaud Granata poursuit : «Les artistes, les séries télé, les marques ont toutes quelque chose à vendre. [...] En ce moment, ce qui touche le genre et la sexualité, ça nous intéresse beaucoup. Le queerbaiting, c’est aussi une façon d’attirer l’attention. C’est un geste de communication.»

Un geste risqué    

Dans le vidéoclip de la chanson Lost Cause, qu’elle a elle-même réalisé, Billie Eilish danse de manière vaguement suggestive avec d’autres jeunes femmes. Or, pour ce que le public en sait, la chanteuse est hétérosexuelle. Ainsi, certains admirateurs se sont braqués et l’ont accusée de s’approprier des codes de la communauté queer sans elle-même en faire partie. Sans savoir de quoi il en retourne, ni avoir souffert de son orientation, contrairement à bien des personnes qui ne jouissent pas des privilèges de la jeune reine de la pop...

Quelques jours plus tard, sur Instagram, la chanteuse de 19 ans indiquait aimer les filles (sans préciser s’il s’agissait d’une réponse aux critiques émises ou une simple réflexion). Depuis, la discussion se poursuit et elle soulève de très intéressantes questions!

C’est que l’appropriation queer demeure subjective. À titre de public ou même d’artiste, où trace-t-on la ligne? «On vit dans un monde où le flou est accepté et acceptable, réfléchit Arnaud Granata. À une époque où on se veut libéré, est-ce que ce clip relève du queerbaiting? C’est matière à débat!»

La solution passe possiblement par l’authenticité, selon le président d’Infopresse. Évidemment, l’orientation sexuelle d’autrui ne nous regarde pas et tout le monde peut expérimenter dans son art! Mais est-ce que la personne qu’on admire prend ses responsabilités, quand elle flirte avec les codes d’une autre communauté? Ce qu’on voit concorde-t-il avec les actions et le discours de l’artiste? C’est peut-être ça, la question à se poser...

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