Hôtel-Dieu: un nouveau centre d’hébergement d’urgence pour aider les itinérants à se loger | 24 heures
/bref

Hôtel-Dieu: un nouveau centre d’hébergement d’urgence pour aider les itinérants à se loger

Image principale de l'article Aider les itinérants à se loger pour de bon
Joël Lemay / Agence QMI

Un centre d’hébergement d’urgence pour sans-abri ouvrira ses portes le 1er juillet à l’Hôtel-Dieu de Montréal, avec une nouvelle mission: aider les personnes en situation d’itinérance à se loger pour de bon.  

Le nouveau centre, sur le site de l’ancien hôpital, remplacera le refuge d’urgence de l’hôtel Place Dupuis, ouvert en pleine pandémie. 

Sebastien St-Jean/24Heures/Agence QMI

Le centre de l’Hôtel-Dieu offrira moins de places que la Place Dupuis – un maximum de 200 places, à terme, contre 370 précédemment –, mais c'est surtout la qualité de l’approche qui en fera un lieu innovateur, soutient le directeur général de la Mission Bon Accueil, Sam Watts. 

«La grosse différence, c’est que ça va être un lieu ouvert 24/7, avec un accent sur le logement permanent et des connexions au réseau de santé urbain», explique-t-il. Un besoin criant auquel il fallait à tout prix répondre, selon lui.

«Ça fait des décennies qu’on offre des services d’urgence temporaires, que les gens doivent quitter le jour... Bonne chance pour t’en sortir! Pour lutter contre l’itinérance chronique, il faut un service 24 heures afin de mieux connaître les gens et assurer un suivi personnalisé. L’objectif, ici, c’est de les aider à se stabiliser pour trouver des logements permanents, afin qu’ils ne reviennent plus. On veut solutionner l’itinérance», insiste-t-il.

Dès l’ouverture, le centre disposera d'assez de places pour accueillir les 100 personnes qui sont actuellement logées à la Place Dupuis. 

Plusieurs acteurs impliqués 

L’initiative est un partenariat entre la Mission Bon Accueil, la Mission Old Brewery, le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). 

La Mission Old Brewery offrira des services de jour pour aider les résidents à faire une demande d’aide sociale ou de supplément au loyer et à obtenir des pièces d’identité, en plus d’assurer des suivis avec les personnes souffrant de troubles de santé mentale. 

Photo JOEL LEMAY / AGENCE QMI

Le directeur général de la Mission, James Hughes, précise qu’il s’agira d’une version bonifiée de son Projet de réaffiliation en itinérance et santé mentale (PRISM), qui a déjà prouvé son efficacité dans le passé en permettant à plusieurs bénéficiaires de sortir de la rue. 

«Nous sommes optimistes, puisque notre projet a déjà fait ses preuves: en moins de deux ans, 103 des 140 participants sont sortis de la rue en moins de six semaines», dit-il.

La Mission Bon Accueil fournira quant à elle les repas et un service de nuit.

À terme, différents services médicaux devraient également être offerts sur place, ce qui constituerait un énorme pas dans la bonne direction pour sortir les gens de la rue, selon James Hughes. 

«Rattacher les services de santé aux services communautaires pour que tout soit au même endroit, ça serait une combinaison très prometteuse. Pour nous, idéalement, il n’y aurait plus de besoin pour des services d’urgence comme les refuges dans le futur», dit-il. 

À la recherche d’une solution à long terme 

Évidemment, cet objectif prendra du temps à se concrétiser, puisque le nombre de personnes en situation d’itinérance ne cesse d’augmenter à Montréal, explique James Hughes. 

Malgré le plan d’action annoncé dans les derniers jours par le gouvernement afin de soutenir les Québécois en situation précaire à l’approche du 1er juillet, il déplore que les solutions ne soient pas adaptées à la clientèle la plus vulnérable. 

«C’est un bon début, mais il manque d’innovation pour connecter ces individus à l’aide au logement. Souvent, les démarches sont longues et les preuves d’éligibilité demandée sont difficiles à obtenir. Les programmes ne sont pas adaptés aux personnes en situation d’extrême pauvreté, soutient-il. Nous, ce qu’on offre, c’est un lieu d’accueil et d’accompagnement pour se trouver un logement... mais s’il n’y en a pas, on fait tout ça pour rien», conclut-il.

À lire aussi

Et encore plus