On l’a testé: être déménageur un jour de grande chaleur | 24 heures
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On l’a testé: être déménageur un jour de grande chaleur

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TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Déménager sa tante et ses amis, c’est une chose. Faire des déménagements professionnels, c’en est une autre. À l’approche du 1er juillet, on a été passer une journée avec trois employés de l'entreprise l’École du déménagement: Gabriel Blais, Felipe Castro et Martin Savage. Voici nos cinq conclusions après cette journée éprouvante.

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1 - La chaleur, c'est dangereux   

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Lundi 28 juin, 7h30, on se rencontre à l’entrepôt, à Saint-Bruno-de-Montarville, pour se diriger vers l’arrondissement d’Anjou, lieu de notre déménagement du jour. Dès que j’ai levé ma première boîte, j’ai compris que la journée ne serait pas de tout repos: il faisait chaud! Vers l’heure du midi, la température ressentie oscillait autour d’un facteur humidex de 40 et j’étais étourdi.

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Malheureusement pour nous, il n’y avait pas d’air climatisé dans la maison que l’on vidait : seules les pièces du sous-sol pouvaient nous rafraîchir. Les quatre Gatorade bleus et les quatre bouteilles d’eau que j’ai bus ne m’ont pas empêché de suer autant que si j’avais couru un marathon. J’ai dû me réfugier aux toilettes quelques minutes pour avoir la paix et retirer mon masque. 

Vu que le peak des déménagements est en plein été, de telles situations arrivent tout le temps, m’assurent mes collègues du jour. 

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2 – Des déménageurs professionnels, ça change la donne  

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

On a pas mal tous déjà fait des déménagements d’amis ou de membres de la famille, et on connaît la formule : on force sur les électros, on jase, on cogne une commode dans le mur, on finit avec les boîtes, puis... pizza!  

Un contrat professionnel, c’est autre chose. Les déménageurs que j’ai accompagnés méritent d’être surnommés «les machines» pour l’effort fourni lundi. Déménager une maison complète comme nous l’avons fait m’aurait pris plus de 20h avec des amis ou de la famille, soit deux fois plus de temps que le travail effectué avec les pros. On a commencé à 8h30 et ils finissaient la job quand j’ai dû quitter à 16h30. À part quelques pauses cigarette et quelques minutes pour avaler un trio du Subway, ils n’ont pas arrêté de la journée. 

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Et ils font ça plusieurs jours de suite. Deux jours avant, Martin, l’un de mes collègues dans la quarantaine, avait travaillé pendant 13h.  

3 – Tippez vos déménageurs : ils forcent fort pour 17$ de l’heure  

Le salaire moyen d’un déménageur est de 17,34$ par heure, selon le moteur de recherche d’emploi Indeed. Mes collègues de la compagnie l'École du déménagement font un peu plus. Ce n’est pas un gros salaire pour la difficulté du travail accompli – le pourboire est donc très apprécié, même s’il n’est pas obligatoire. 

Éric Savage

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Éric Savage

Il manque d’employés dans le monde du déménagement. Comme l’industrie n’est pas réglementée, plusieurs personnes s’improvisent déménageurs et n’ont pas les mêmes dépenses qu’une «vraie» entreprise, déplore Éric Savage, président de l’École du déménagement et de la Fédération québécoise des déménageurs professionnels. Ça tire les prix vers le bas, d’où les bas salaires, explique-t-il.  

Gabriel, un de mes collègues du jour âgé de 23 ans, craignait d’ailleurs que sans encadrement, «personne ne veuille être déménageur d’ici dix ans». 

4 – Il y a un aspect mental non négligeable  

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Pour être un bon déménageur, il faut être fort physiquement, mais il faut aussi utiliser notre tête. C’est le constat que je retiens le plus de cette journée. Oui, la technique de prise en charge des meubles est importante, mais un bon déménageur doit voir venir ce qui s’en vient, manipuler les meubles pour optimiser le temps et l'espace : tout doit rentrer dans le camion – et dans le nouveau logement.  

La minutie est aussi vitale. Les cadres de portes sont étroits, les planchers sont parfois dispendieux et les clients sont anxieux : leurs biens leur sont chers. Ils me fixaient d’ailleurs lors de mes déplacements.  

5 – C’est le métier de tous les imprévus  

Gabriel, qui compte quatre années d’expérience, considère sa profession comme «le métier des imprévus». Lundi, on en a eu pour notre argent. On déménageait un couple de personnes qui partaient d’une maison pour se rendre dans un quatre et demi avec leurs meubles massifs, et notre répartiteur a été audacieux dans la sélection de notre camion, ce qui nous a demandé un effort particulier afin de tout faire rentrer. 

La plupart des objets étaient bien emballés à notre arrivée (heureusement!), mais plusieurs meubles comportaient une bonne couche de poussière et de moisissure, ce qui est loin d’être rare, m’ont assuré les déménageurs que j’accompagnais.  

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Une semaine à travailler pour Uber Eat  

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