Aux Îles-de-la-Madeleine, la boutique écolo la plus isolée du Québec | 24 heures
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Aux Îles-de-la-Madeleine, la boutique écolo la plus isolée du Québec

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Créer un commerce écoresponsable et un café-terrasse sur une île de 50 habitants: c’est le défi fou que se sont lancé Laurence Oligny-Roy et Olivier Renaud, aux Îles-de-la-Madeleine. 

«Tranquillement, je m’installe pour faire ma vie ici», lance Laurence, installée entre deux créations exposées dans son commerce. 

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Avec son compagnon Olivier, qui est capitaine de pêche, elle vient d’ouvrir Nada eco atelier, une boutique au design léché qui détone dans le décor de l’île d’Entrée, où vivent une cinquantaine d’âmes.  

Elle y vend des vêtements et accessoires qu’elle fabrique à la main avec des tissus récupérés dans des centres de tri des matières résiduelles, dans des cégeps ou auprès de ménages. 

Juste à côté de la boutique, le couple ouvrira le café La Marina, qui vendra café, sorbets et kombuchas sur sa terrasse. Comme Olivier est aussi violoniste, il y aura des concerts et des spectacles de contes. 

«Il y avait vraiment un besoin d’avoir un lieu public», note Laurence. Seule l’école primaire, fermée, servait de lieu culturel et social aux habitants, qui sont en majorité anglophones sur cette île.  

Le couple veut aussi unir les locaux et les touristes, qui viennent visiter l’île en été avec l’un des deux traversiers par jour. 

On trouve aussi deux dépanneurs et un restaurant sur l’île d’Entrée. 

Originaire de Saint-Bruno     

Laurence ne vient pas des Îles-de-la-Madeleine. Originaire de Saint-Bruno-de-Montarville, la designer de 26 ans a ouvert son atelier en 2019 dans les Laurentides. Elle y a rencontré Olivier, originaire de l’archipel. En vacances sur l’île d’Entrée il y a deux ans, le couple a été séduit par un ancien casse-croûte à vendre. 

Il a aussi racheté une maison pour une bouchée de pain pour s’établir aux Îles à temps plein. De l’aveu de Laurence, le lieu est «parfait pour un artiste qui a besoin de vide, de silence». 

«Ça me fait quasiment plus penser à l’Amérique du Sud, illustre-t-elle. T’arrives dans un village de pêcheurs, les gens sont juste tranquilles, tout le monde te dit “salut”.» 

Une île pleine d’entraide     

Sur l’île où Laurence et Olivier se trouvent, quelques pistes caillouteuses relient les maisons de bois colorées. Un sentier pédestre mène à la Big Hill, point culminant des collines verdoyantes. Les touristes peuvent y admirer un paysage qui donne une impression de bout du monde un peu déroutante. 

Les habitants mènent une vie marquée par la débrouillardise et l’entraide. Ici, impossible d’appeler un plombier ou un électricien en cas de besoin. Alors, on s’échange des coups de main et on se fait envoyer des caisses d’épicerie depuis l’archipel par les traversiers quotidiens. 

Laurence et Olivier entretiennent un jardin et ont des cochons, le tout avec une vue imprenable sur la mer.  

Beaucoup d’habitants du coin travaillent dans la pêche au homard et au crabe. Mais l’île se dépeuple et vieillit. En 2011, on comptait 118 habitants selon les données du recensement, contre 90 en 2016 et une cinquantaine aujourd’hui, selon plusieurs habitants interrogés. 

Laurence et Olivier voudraient donc transmettre un message à de potentiels futurs habitants. 

«On espère inspirer les gens à voir l’île d’Entrée pas comme un lieu de tourisme pour avoir un chalet, mais aussi comme un endroit où c’est possible de faire sa vie», conclut Laurence. 

Visionnez aussi notre premier reportage aux Îles-de-la-Madeleine:   

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