Des banderoles installées partout à Montréal pour dénoncer les rénovictions | 24 heures
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Des banderoles installées partout à Montréal pour dénoncer les rénovictions

Image principale de l'article Des banderoles installées partout à Montréal
Photo Guillaume Cyr

À l’occasion de la journée des déménagements, des banderoles ont été installées partout à Montréal sur des immeubles qui ont été vidés de leurs locataires ou qui sont sur le point de l’être. L’objectif: dénoncer les rénovictions et mettre un visage sur les évictions qui se multiplient dans tous les quartiers de la métropole. 

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Cette action est l’initiative d’associations de protection des locataires et du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). 

«L’idée est de montrer les conséquences concrètes des rénovictions en identifiant les immeubles dont les locataires ont été évincés, explique Véronique Laflamme, porte-parole pour le FRAPRU. C’est un devoir de mémoire, alors qu’une fois les locataires chassés, ces logements ont parfois doublé de prix.» 

Elle dénonce qu’une fois les locataires partis, aucun suivi n’est fait par le Tribunal administratif du logement (TAL) pour s’assurer du bien-fondé des évictions. 

Le 24 heures s’est rendu devant quelques-uns de ces immeubles pour discuter avec des locataires. 

1er arrêt: Verdun   

Dans son immeuble de Verdun, André Savard est l'«irréductible Gaulois». Ses voisins ont accepté de partir en échange d’une compensation financière. Pour sa part, il refuse d’abandonner son logement. 

Photo Guillaume Cyr

«Ils ont téléphoné à tout le monde ici [en janvier] en leur disant que leur vie serait invivable et qu’on devait partir pour des rénovations», soutient M. Savard. 

L’immeuble ne compte plus qu’un seul autre occupant: William St-Martin. Il vivait avec un colocataire qui était le seul à figurer au bail. Or ce dernier a accepté l’offre du propriétaire. Résultat: William St-Martin, qui n’a toujours pas trouvé d'endroit où se loger, devra quitter son appartement. 

N’ayant «pas les moyens de se payer une chambre d’hôtel», il craint de devoir se tourner vers l’aide d’urgence offerte par la Ville de Montréal. «J’ai regardé les appartements, mais c’est beaucoup trop cher», mentionne celui qui a des revenus modestes. 

2e arrêt: Saint-Henri   

Isabella Michaud, qui a grandi dans le quartier Saint-Henri, habite son 4 et demi depuis maintenant 28 ans. 

Isabella Michaud

Photo Guillaume Cyr

Isabella Michaud

Malgré les appels du nouveau propriétaire de l’immeuble lui demandant de partir et la compensation financière qui lui a été offerte, la dame de 65 ans refuse de laisser derrière son logis qui lui coûte un peu plus de 500$ par mois. 

Photo Guillaume Cyr

3e arrêt: Hochelaga-Maisonneuve   

Une banderole a aussi été installée sur un immeuble dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, qui a été complètement vidé de ses locataires. La dernière occupante, Caroline Doucet, vient de quitter son logement. Elle souhaite obtenir une audience devant le TAL afin d’obtenir une compensation.  

Photo Guillaume Cyr

4e arrêt: Parc-Extension   

Selon Célia Dehouche, une organisatrice communautaire au Comité d'action de Parc-Extension, l'immeuble de 15 logements a souffert d'un déficit d’entretien au cours des dernières années. 

Photo Courtoisie

Si la plupart des locataires avaient accepté de partir après le rachat l’immeuble en août 2020, les deux derniers occupants, qui avaient refusé l’éviction, ont récemment dû être évacués. L’immeuble était devenu dangereux, notamment en ce qui concerne les risques d’incendie. 

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