La nouvelle gouverneure générale du Canada est une femme inuite | 24 heures
/bref

La nouvelle gouverneure générale du Canada est une femme inuite

Mary Simon
Capture d'écran

Mary Simon

C’est officiel : Mary Simon, une femme inuite, a été nommée mardi matin gouverneure générale du Canada. Originaire du Nunavik, elle est la première personne autochtone à occuper ce poste. «C’est un moyen de redorer le blason» du Canada, croit une spécialiste. 

• À lire aussi: Une première femme élue à la tête de Kahnawake

• À lire aussi: Google rend hommage à une femme autochtone canadienne

«Avec les scandales des pensionnats autochtones, beaucoup de lumière est mise sur l’Église catholique, mais on voit que l’État canadien a aussi les mains sales», constate la chargée de cours au Département de science politique de l’Université de Montréal Anne Boily.  

La décision de Justin Trudeau de nommer Mary Simon survient à un moment où le passé sombre des pensionnats refait surface partout au pays, avec la découverte de centaines de corps d’enfants autochtones en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, près d’anciens établissements. 

• À lire aussi: Pistes de solutions pour mieux enseigner l'histoire autochtone dans les écoles

En tant que 30e gouverneure générale, Mary Simon s’est dit «déterminée à tout faire pour assurer un meilleur avenir» aux communautés autochtones du Canada, lors de la conférence de presse en compagnie du premier ministre du Canada Justin Trudeau, mardi. «Il reste beaucoup à faire. Nous avons besoin du soutien de tous les Canadiens pour bâtir des relations fortes et saines», a-t-elle soutenu.  

Reconnue sur la scène nationale et internationale, Mary Simon est défenseure des droits des peuples inuits depuis 40 ans. Elle a occupé différents postes de direction au sein d’organismes qui revendiquent le respect des droits autochtones. 

Elle remplace l’ancienne astronaute Julie Payette, qui avait démissionné de son poste en janvier 2021, à la suite de révélations sur les conditions de travail qu’elle imposait à ses employés. 

Julie Payette

Photo d'archives, AFP

Julie Payette

Anne Boily y voit un certain intérêt politique de la part de Justin Trudeau, alors que la possibilité d’élections fédérales plane depuis plusieurs semaines. Toutefois, il s’agit avant tout d’une «volonté de réconciliation, de reconnaissance et de penser l’avenir en arrêtant d’exclure [les communautés autochtones]» de la part du gouvernement fédéral, croit-elle.  

Elle s’engage à apprendre le français 

Ancienne animatrice de radio à CBC, Mary Simon est originaire de Kuujjuaq, au Nunavik, dans le nord du Québec. Malgré ses origines québécoises, elle ne parle pas français, mais s’engage à l'apprendre au cours de son mandat. 

Sa langue maternelle est l’inuktitut, et elle parle aussi anglais. Anne Boily estime que ça n’affectera pas vraiment son appréciation au Québec, où le «pouvoir monarchique n’est déjà pas globalement bien vu». «Ce n’est pas un unilingue Albertain», dit-elle à la blague.  

• À lire aussi: Les autochtones vont pouvoir utiliser leur nom traditionnel dans leur passeport

Un rôle symbolique et administratif 

Concrètement, qu’est-ce que ça fait, un gouverneur général?  

«Son travail de tous les jours va être un rôle de représentation, un rôle symbolique», explique Anne Boily. Dans le fond, Mary Simon devient la représentante du monarque au Canada et doit remplir certaines fonctions au nom de la reine Elizabeth II, précise la chargée de cours. Elle ajoute que la reine est, selon la Constitution, la cheffe d’État du pays, et elle doit donc avoir quelqu’un pour parler en son nom. C’est toutefois le premier ministre, accompagné de son Cabinet, qui dirige le Canada.  

«C’est beaucoup de travail administratif», développe Anne Boily. La gouverneure générale devra notamment apposer la sanction royale sur les lois qui sont adoptées par le Sénat, en plus de nommer les sénateurs, sous recommandation du premier ministre du Canada, en plus d’avoir certains rôles cérémoniaux.