Uniqlo, Zara et Skechers visés par une enquête en lien avec la situation des droits humains des Ouïghours | 24 heures
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Uniqlo, Zara et Skechers visés par une enquête en lien avec la situation des droits humains des Ouïghours

Image principale de l'article Uniqlo, Zara et Skechers sous enquête
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Les vêtements que l'on porte pourraient-ils être le fruit de travail forcé de Ouïghours, en Chine? Quatre géants de l'industrie, dont Uniqlo France et Skechers, sont visés par une enquête à ce propos. Voici ce qu'il y a à savoir sur cette affaire.

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L'enquête

Le pôle «Crimes contre l'humanité» du parquet national antiterroriste français a confirmé à l'AFP avoir ouvert une enquête sur quatre grandes entreprises en lien avec des soupçons de travail forcé dans la province de Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. Celles-ci sont : 

  • Uniqlo France (qui appartient au groupe japonais Fast Retailing)
  • Inditex (qui détient la marque Zara)
  • Skechers
  • SMCP

L’enquête se base sur une plainte de «recel de crimes contre l'humanité» déposée en avril par trois associations militantes et une femme ouïghoure qui dit avoir été internée dans un camp de travail au Xinjiang. 

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Les Ouïghours

Les Ouïghours constituent une communauté principalement musulmane, dans la province de Xinjiang, en Chine. 

Plusieurs pays et organisations sont préoccupés par la situation des droits humains entourant les Ouïghours. Ils accusent la Chine d'interner ces personnes dans des camps de travail, alors que la Chine rétorque qu'il s'agit de «centres de formation professionnelle», tout en refusant de laisser des observateurs indépendants aller au Xinjiang. 

«Des rapports crédibles indiquent que plus d’un million de personnes ont été arbitrairement détenues au Xinjiang et qu’il existe une surveillance généralisée visant de manière disproportionnée les Ouïghours et les membres d’autres minorités, ainsi que des restrictions aux libertés fondamentales et à la culture ouïghoure», a déclaré le mois dernier l’ambassadrice du Canada auprès de l’ONU, Leslie Norton.

Réactions des entreprises

Uniqlo, qui a ouvert une boutique à Montréal dans la dernière année, a affirmé vendredi qu’il n’y avait pas de travail forcé dans ses chaînes d’approvisionnement et qu'elle était prête à collaborer avec les enquêteurs pour faire la lumière sur l'affaire.

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Inditex et SMCP avaient réfuté jeudi dernier les accusations des plaignants

Plusieurs autres marques, comme H&M, Lacoste, Tommy Hilfiger et Calvin Klein, ont déjà annoncé qu’elles rompaient leurs liens avec les fournisseurs situés dans la région.

Une enquête qui peut créer un précédent

L'enquête fait énormément réagir en France. Elle pourrait créer un précédent. 

«C’est une première, cette enquête va nécessairement créer un risque judiciaire et une responsabilisation supplémentaire pour tous ceux qui, en toute impunité, pensaient pouvoir importer en France, pour s’enrichir, des ressources et des produits au prix des larmes et du sang», a dit l’avocat des plaignants William Bourdon au média français Sudouest.fr.

Dans un rapport publié en juin dernier, la présidente d’Amnesty France, Cecile Coudriou, exhortait les Nations unies à instaurer «de toute urgence un mécanisme d’enquête indépendant et impartial afin que les responsables présumés de ces crimes soient amenées à rendre des comptes».

Rappelons qu’en juin dernier, le Canada, soutenu par une quarantaine de pays, a dénoncé mardi à l’ONU la situation des droits humains dans la région chinoise du Xinjiang tandis que Pékin a répliqué en demandant une enquête sur les violations des droits des autochtones canadiens.

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