Changements climatiques : un producteur agricole s’adapte aux sécheresses et aux vagues de chaleur | 24 heures
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Changements climatiques : un producteur agricole s’adapte aux sécheresses et aux vagues de chaleur

La ferme de Yannick Beauchemin, à Sainte-Monique, près de Victoriaville.
Photo courtoisie

La ferme de Yannick Beauchemin, à Sainte-Monique, près de Victoriaville.

Les épisodes de sécheresse comme celui qu’on a connu au printemps vont se multiplier en raison des changements climatiques, ce qui aura des conséquences importantes sur l’agriculture au Québec. On a parlé avec Yannick Beauchemin, un producteur qui a transformé ses pratiques pour être capable de mieux s’adapter au climat de demain.  

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De nombreux agriculteurs se sont retrouvés dans l’embarras ce printemps en raison des très faibles précipitations qu’a reçues le Québec. 

«Il y a des producteurs agricoles dans la région qui ont scrappé leurs champs de céréales pour semer du soya à la place, résume Yannick Beauchemin. Mais avec les changements climatiques, c’est ce qu’on envisage, alors il faut s’adapter.»  

Le producteur agricole de Sainte-Monique, près de Victoriaville, réussit néanmoins à traverser ces périodes de faibles pluies sans trop de difficultés grâce à quelques techniques qu’il pratique depuis maintenant plusieurs années. 

Yannick Beauchemin, producteur agricole de Sainte-Monique.

Photo courtoisie

Yannick Beauchemin, producteur agricole de Sainte-Monique.

Des cultures résistantes à la sécheresse 

Parmi elles, l’agriculteur insiste sur l’importance de diversifier ses cultures, certaines étant beaucoup plus vulnérables au manque d’eau. «Le producteur qui fait beaucoup plus de maïs, une graminée qui est moins résistante à la sécheresse, lui, il met tous ses œufs dans le même panier», illustre-t-il.  

Yannick Beauchemin travaille également très peu ses sols, pour qu’ils puissent conserver leur humidité, et utilise des engrais verts pour enrichir sa terre. «Plus le sol est vivant, plus le sol est en santé, plus le sol est résilient face aux changements climatiques», explique-t-il. 

Les épisodes de sécheresse devraient se multiplier en raison des changements climatiques, ce qui force les agriculteurs à s'adapter.

Photo courtoisie

Les épisodes de sécheresse devraient se multiplier en raison des changements climatiques, ce qui force les agriculteurs à s'adapter.

Cela dit, toutes ces techniques peuvent prendre du temps avant de donner des résultats prévient le producteur. «Ça peut être long à voir les changements, mais il faut persister», soutient-il. 

Dans son cas, malgré un début de saison affecté par les faibles pluies, la situation demeure sous contrôle pour le moment. «Le potentiel de rendement est là, les dernières pluies nous ont peut-être sauvé la saison, indique le producteur. Par contre, est-ce qu’on va atteindre le potentiel de rendement qu’on souhaiterait avoir? Les prochaines semaines vont nous le dire.» 

Diversifier ses cultures permet d'être moins vulnérable aux sécheresses, indique Yannick Beauchemin.

Photo courtoisie

Diversifier ses cultures permet d'être moins vulnérable aux sécheresses, indique Yannick Beauchemin.

Précipitations et changements climatiques  

Les périodes de sécheresse devraient se multiplier à l’avenir en raison des changements climatiques, prévient le directeur général d’Ouranos, un consortium de recherche spécialisé sur l'adaptation aux changements climatiques, Alain Bourque.

Plus exactement, ce n’est pas que la quantité de précipitations sera moins importante, c’est que les épisodes de pluie seront plus intenses, mais davantage éloignés les uns des autres. Avec en plus les difficultés engendrées par les vagues de chaleur, qui devraient se multiplier elles aussi, le climat de demain ne sera pas facile pour les agriculteurs.  

Alain Bourque, directeur général d'Ouranos.

Courtoisie

Alain Bourque, directeur général d'Ouranos.

«Tout ça, ce que ça veut dire en termes d’adaptation, c’est qu’il va falloir se préparer à avoir moins d’eau pendant la saison estivale, ce qui adonne assez mal, parce qu’en général c’est pendant l’été que tu veux le plus d’eau», explique Alain Bourque.  

Du bureau même quand il fait beau 

«Les producteurs agricoles, normalement quand il pleut on fait du bureau, mais là il faut faire du bureau quand il fait soleil sinon notre comptabilité n’est pas à jour du tout», raconte Yannick Beauchemin, un sourire aux lèvres. 

L’adaptation devient alors nécessaire pour survivre à ces périodes de sécheresse qui se multiplieront dans les prochaines années, soutient le producteur. 

«C’est un peu comme un jardin, illustre-t-il. Un jardin que tu n’arroses pas pendant deux semaines et que tu inondes une journée après, tu peux avoir la même quantité d’eau, mais il n’est pas tombé une belle répartition. Pendant les deux semaines où il a manqué d’eau, tu peux avoir perdu tes plants, même si tu inondes ton jardin ensuite.» 

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