Le président Moïse tué en Haïti: des mercenaires ont supplié des enfants de les cacher | 24 heures
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Le président Moïse tué en Haïti: des mercenaires ont supplié des enfants de les cacher

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L’enquête sur l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse avance rapidement, mais demeure néanmoins complexe, a constaté vendredi matin l’envoyé spécial de TVA Nouvelles en Haïti, Félix Séguin. 

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Arrivé au petit matin, le reporter s’est rendu dans le quartier Jalousie, de Pétionville, dans la maison même où une partie des membres du commando qui aurait exécuté le président, dans la nuit de mardi à mercredi, a été cueilli.

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Plantée à flanc de montage, la résidence trône au-dessus de Port-au-Prince, la capitale du pays.

Selon les témoins rencontrés sur place par notre journaliste, deux mercenaires impliqués dans l’attaque ont dévalé la montagne pour trouver refuge dans la maison. Ces deux suspects auraient imploré des enfants qui étaient sur place de les cacher. Ils ne parlaient pas le créole haïtien, provoquant la méfiance.

Ce sont des gens du quartier qui auraient alerté les autorités de la présence de ces individus.

Jusqu’à présent, 28 personnes ont été arrêtées et sont suspectées de faire partie de ce vaste complot pour tuer le président haïtien contesté.

Sur ces 28, 26 mercenaires seraient d’origine colombienne, a assuré le chef de la police haïtienne. Certains autres seraient des Américains d’origine haïtienne, dont un qui aurait travaillé à l’ambassade canadienne en Haïti.

«Il y a une impression d’anguille sous roche»

Félix Séguin a fait partie du premier vol commercial à atterrir dans la perle des Antilles vendredi matin, après que l’aéroport de Port-au-Prince eut été fermé pendant 72 heures à la suite de l’assassinat de Jovenel Moïse.

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En arrivant sur le terrain, les Haïtiens qu’il a rencontrés l’ont rapidement informé du climat de tension.

«Ce n’est pas le temps pour les blancs d’aller se promener par exemple dans le quartier Jalousie où ont été interceptés des mercenaires», a-t-on expliqué au journaliste d’expérience.

C’est que plusieurs Haïtiens déplorent une intervention qu’ils croient étrangère dans l’assassinat de Jovenel Moïse. Par qui et pour quelles raisons l’attentat a-t-il été commandé? Personne n’a peut répondre à ces questions pour l’instant.

Sur toutes les lèvres, une question demeure: comment se fait-il que la police haïtienne ait réussi à capturer autant de mercenaires, soit 28, en quelques heures seulement alors que plusieurs Haïtiens jugent que la police est désorganisée, rapporte la presse haïtienne.

«La police a de la difficulté à traduire en justice les coupables de certains actes criminels, de tueries, dont l’une qui a fait 15 morts il y a deux semaines. La justice a de la difficulté à mener à terme les procès. Comment se fait-il, disent les gens ici, que quelques heures après l’assassinat on avait déjà ciblé les suspects?» a détaillé Félix Séguin.

«Il y a une impression d’anguille sous roche», a-t-il ajouté.

Au-delà de l’enquête policière, la situation est à la limite de la tension dans la capitale. Les commerces demeuraient généralement fermés vendredi et les files d’attente pour obtenir de l’essence étaient longues.

Au cours des derniers mois, près de 14 000 personnes à Port-au-Prince ont dû être déplacées en raison de l’insécurité, de la violence, du pillage, et des enlèvements contre rançon.

L’étau se resserre autour des assassins 

La police a annoncé jeudi l’arrestation de quinze Colombiens et de deux Américains d’origine haïtienne, tandis que la controverse montait dans le pays au sujet du rôle de la police et de la légitimité de l’exécutif de transition.

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L’assassinat du président, criblé de balles à son domicile dans la nuit de mardi à mercredi, a été perpétré par un commando armé de 28 assaillants, selon la police.

«Nous avons arrêté quinze Colombiens et deux Américains d’origine haïtienne», a annoncé Léon Charles, directeur général de la police haïtienne lors d’une conférence de presse, précisant que trois Colombiens avaient été tués et que huit autres étaient toujours en fuite.

La police avait indiqué jusqu’alors avoir tué «quatre mercenaires».

«Les armes et les matériels utilisés par les assaillants ont été récupérés», a ajouté M. Charles, affichant sa détermination à retrouver les huit personnes encore en fuite.

Lors de la conférence de presse, plusieurs suspects ont été alignés contre un mur afin de les montrer aux médias, des passeports colombiens et des armes étant disposés sur une table.

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«Nous avons déjà en main les auteurs physiques et nous sommes à la recherche des auteurs intellectuels», c’est-à-dire le ou les commanditaires, avait affirmé plus tôt M. Charles.

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