Le projet de Ray-Mont Logistiques risque de créer de nouveaux îlots de chaleur dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve | 24 heures
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Le projet de Ray-Mont Logistiques risque de créer de nouveaux îlots de chaleur dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

Le terrain vague sur lequel sera construit le projet de Ray-Mont Logistiques, à Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
Photo Gabriel Beauchemin / 24 HEURES

Le terrain vague sur lequel sera construit le projet de Ray-Mont Logistiques, à Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

Dans un secteur de Montréal où les îlots de chaleur sont nombreux, le projet de plateforme de transbordement dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve risque d’empirer la situation. C’est ce que dévoile un document de travail de l’entreprise à l’origine du projet, Ray-Mont Logistiques, dont le 24 heures a obtenu copie.

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Selon le document qui sera présenté jeudi au Comité de milieu Instance de concertation Assomption-Sud–Longue-Pointe, l’empilement de conteneurs, l’activité qui occuperait la plus grande superficie du terrain, pourrait créer de nouveaux îlots de chaleur, entre autres nuisances.

Selon une carte des îlots de chaleur à Montréal, on trouve quelques rares îlots de fraîcheur dans le secteur, dont certains à l’endroit où se trouvera la future plateforme de transbordement. Mais le projet les rayera de la carte. C’est que la végétation que l’on y trouve fait bien le boulot d’emprisonner la chaleur, note Anaïs Houde, porte-parole du mouvement Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM.

«C’est un projet inacceptable, surtout dans un secteur qui compte peu d’espaces verts à Montréal. En plus d’avoir déjà détruit des boisés avoisinants et remblayé un milieu humide, toute la friche autour des rails de chemin de fer appartenant au CN sera retirée. L’impact sera plus important que seulement le terrain de Ray-Mont Logistiques. Et à partir de là, les îlots de chaleur seront irréversibles», soutient-elle en entrevue au 24 heures.

«Même si c’était un terrain contaminé, la nature avait repris sa place et de la verdure avait poussé. C’est certain qu’en bétonnant un terrain de cette superficie-là, ça va créer des îlots de chaleur», renchérit Ronald Daignault, du Collectif en environnement Mercier-Est.

La mobilisation citoyenne dans ce dossier a mené à la création d’un groupe de travail dans lequel l’entreprise, la Ville et des représentants des citoyens sont impliqués. Celui-ci se penchera sur des mesures de mitigation pour «réussir une cohabitation harmonieuse du projet de Ray-Mont Logistiques dans le secteur», peut-on lire dans un communiqué conjoint de la Ville et de l’entreprise. Quatre rencontres virtuelles auront lieu pour déterminer ces mesures, dont la première se tiendra ce jeudi.

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Nuisance visuelle et vermine  

Si la description des activités qui auront lieu dans le secteur est exhaustive dans le document de travail, Ronald Daignault estime que Ray-Mont Logistiques minimise ou décrit mal leurs nuisances potentielles.

En plus de la possibilité d’îlots de chaleur, on y indique que le projet pourrait causer de la nuisance visuelle, lumineuse et atmosphérique, du bruit et des vibrations sonores, de même que des parasites et de la vermine importés par le biais des conteneurs de produits en vrac.

«Par exemple, pour les activités d’empilement des conteneurs, on parle de nuisance visuelle, mais on ne parle pas du bruit que ça fait d’empiler huit conteneurs de haut à plusieurs mètres dans les airs. Et il ne faut pas oublier que les opérations se feront 24/7», explique-t-il. 

Il avance aussi que la poussière et les particules qui émanent des camions au diesel s’ajouteront aux nuisances décrites, et que les résidants de Viauville, quartier résidentiel collé sur le projet, pourraient être infestés par la vermine.

Sceptisme autour des mesures de mitigation  

Ronald Daignault se dit par ailleurs sceptique quant à l’efficacité des mesures d'adoucissement. «Je vois mal comment on pourrait installer un écran pour mitiger les nuisances visuelles de conteneurs empilés les uns sur les autres, donne-t-il en exemple. Les chances de réussites des moyens de mitigation sont minces.»

De son côté, Anaïs Houde croit qu’aucune mesure d'adoucissement ne permettra de renverser les dommages que le projet créera. «Il faudrait une compensation hallucinante pour toute la destruction que Ray-Mont Logistiques a faite et celle qui sera faite», indique-t-elle. Elle doute de la bonne foi de l’entreprise parce que cette dernière s’attend à ce que la Ville paie pour les mesures de mitigation.

«Aucune mitigation ne peut rendre le projet acceptable ou le quartier avoisinant habitable. Il détruit de la biodiversité, crée des lieux dangereux pour la santé et en plus rajoute là-dessus de la vermine et des espèces envahissantes. Il y a zéro acceptabilité sociale et environnementale», résume Anaïs Houde.

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