Un Montréalais de 22 ans veut devenir avocat... pour défendre les locataires | 24 heures
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Un Montréalais de 22 ans veut devenir avocat... pour défendre les locataires

Rizwan Khan souhaite devenir avocat spécialisé en droit du logement.
Photo Guillaume Cyr

Rizwan Khan souhaite devenir avocat spécialisé en droit du logement.

Voler au secours des locataires qui se font évincer illégalement ou qui sont victimes d’une injustice. C’est la mission que s’est donnée Rizwan Khan, un Montréalais de 22 ans qui souhaite devenir avocat spécialisé en droit du logement.  

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C’est après avoir commencé à travailler auprès du Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), il y a un an, que lui est venue l’idée de s’inscrire en Droit.  

«C’est en lien avec une action [intentée contre un propriétaire] que je me suis dit “pourquoi je ne ferais pas du droit”», raconte celui qui est depuis passé de la parole aux actes. Il a commencé son baccalauréat en Droit à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en janvier dernier.    

En raison de son implication au CAPE, le jeune Montréalais, qui a grandi dans le quartier Parc-Extension, est témoin des injustices dont certains locataires sont victimes dans des dossiers d’insalubrité ou encore d’éviction. C’est pourquoi il rêve d’ouvrir, dans le quartier de son enfance, un bureau avec d’autres avocats en défense des droits des locataires.  

Des piles de dossiers... mais peu d’avocats       

Et les besoins sont criants. Non seulement il n’y a pas suffisamment d’avocats pour répondre à la demande, mais les locataires sont de plus en plus nombreux à solliciter leurs services.   

«Le nombre de sollicitations [pour les services d’un avocat] pour [contester] des reprises de logement et des évictions pour travaux a augmenté, indique Me Daniel Crespo Villarreal, avocat en droit du logement et chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Et ce n’est pas un hasard. C'est parce que plus de gens veulent profiter du marché actuel pour évincer des locataires qui sont là depuis longtemps et paient en deçà du prix du marché.»

Daniel Crespo Villarreal

Photo Courtoisie

Daniel Crespo Villarreal

Il faut savoir qu’un locataire qui n'est pas dans le tor ne peut pas être expulsé de son logement, à part si le propriétaire souhaite y loger un membre de sa famille ou encore l’agrandir ou le subdiviser. Selon Me Crespo Villarreal, certains propriétaires utilisent ces exceptions prévues à la loi pour pouvoir évincer illégalement des locataires. C’est ce qui pourrait expliquer la hausse de la demande pour des avocats en droit du logement.

Comment expliquer que si peu d’avocats sont disponibles? C’est parce que la pratique du droit du logement n’est pas la plus payante.  

La plupart des locataires qui doivent se défendre passent effectivement par l’aide juridique, qui offre des services juridiques gratuitement ou à peu de frais aux citoyens à faible revenu. Et pour un avocat en pratique privée, ce n’est pas avantageux financièrement, explique Me Crespo Villarreal.

«L'aide juridique nous paie 475$ par dossier. Les dossiers peuvent prendre jusqu'à 40 heures, donc je suis payé 15 à 20 fois moins que d'habitude», précise-t-il. 

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Pour que plus d’avocats acceptent de représenter des locataires, il faudrait que l’aide juridique les paie davantage, soutient-il. En octobre 2020, une entente a justement été signée entre le Barreau du Québec et le gouvernement pour bonifier les tarifs de l’aide juridique. 

La barrière de la langue     

Mais l’accès à un avocat n’est pas l’unique barrière à laquelle se frappent les locataires. Effectivement, dans des quartiers multiculturels comme Parc-Extension, un autre obstacle s’ajoute: celui de la langue.  

Grâce à ses origines pakistanaises – ses parents ont immigré au Québec avant sa naissance –, Rizwan Khan a développé un lien de confiance avec les résidents de son quartier. Le futur avocat parle l’ourdou, la langue officielle du Pakistan.

«Les gens me font plus facilement confiance et, vu que je connais leur langue, je peux les aider concrètement et faire une différence», insiste-t-il. 

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