Ce que j’ai appris sur la police en jouant à Police Simulator: Patrol Officers | 24 heures
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Ce que j’ai appris sur la police en jouant à Police Simulator: Patrol Officers

Attendez-vous à remettre beaucoup de contraventions dans le simulateur Police Simulator: Patrol Officers.
Capture d’écran Maxime Johnson.

Attendez-vous à remettre beaucoup de contraventions dans le simulateur Police Simulator: Patrol Officers.

Lancé en accès anticipé sur Steam le mois dernier, le simulateur Police Simulator: Patrol Officers d’Aesir Interactive permet de découvrir la vie tout sauf mondaine d’un agent de police d’une petite ville américaine. Après quelques semaines d’essai et des centaines de contraventions remises, j’ai l’impression d’avoir finalement percé les mystères de ce métier. Voici ce que j’ai appris.

Conduire un véhicule de police n’est pas aussi amusant qu’à la télé     

L’un des véhicules de police que l’on peut utiliser dans Police Simulator : Patrol Officers.

Capture d’écran : Maxime Johnson.

L’un des véhicules de police que l’on peut utiliser dans Police Simulator : Patrol Officers.

Oubliez les poursuites en voiture, la conduite à contresens dans un sens unique pour rattraper un criminel et les feux rouges grillés uniquement parce qu’on en a le pouvoir. Contrairement aux séries télévisées donnant l’impression que chaque policier est un Lewis Hamilton en puissance, Police Simulator nous rappelle plutôt que les règles sont (généralement) les mêmes pour tout le monde sur la route, et que les risques d’accident sont trop grands pour conduire en fou à notre guise. Police Simulator: Patrol Officers n’est pas GTA V.

On utilise d’ailleurs peu les véhicules dans le jeu. Ceux-ci ne sont pas offerts dans tous les secteurs, et même lorsqu’ils le sont, il est généralement plus efficace de se promener à pied. Dans le véhicule, il faut après tout respecter la limite de vitesse (sauf lorsque la situation l’exige), ne pas brûler de feux rouges et éviter de foncer sur quoi (ou qui) que ce soit, sinon on se fait taper sur les doigts. 

Le radar est un excellent moyen pour passer le temps avant la fin de son quart de travail  

30,6 miles à l’heure dans une zone de 25 miles à l’heure: ce conducteur recevra une contravention par la poste.

Capture d’écran Maxime Johnson.

30,6 miles à l’heure dans une zone de 25 miles à l’heure: ce conducteur recevra une contravention par la poste.

 

Dans Police Simulator: Patrol Officers, on doit faire respecter l’ordre public. Concrètement, cela signifie qu’il faut surtout donner beaucoup de contraventions.

Au début du jeu, on ne peut donner que les plus faciles. On s’assure, par exemple, que les parcomètres sont encore valides et que personne n’est stationné devant une borne-fontaine. Si tel est le cas, il suffit de quelques clics pour donner une contravention et gagner de l’expérience. Attention, cependant: si vous commettez une erreur (donner une contravention à un véhicule dans une zone interdite entre midi et 16h alors qu’il est 11h45, par exemple), vous perdrez des points de conduite. Et plus vous perdez de points de conduite, moins vous accumulerez d’expérience pendant votre quart de travail. 

À mesure qu’on accumule de l’expérience, on a accès à de nouveaux outils (radar pour mesurer la vitesse, voitures de police, appareil photo pour photographier les accidents, etc.), à de nouvelles tâches (interroger les témoins lors d’un accident de la route) et à de nouveaux quartiers. 

Certaines tâches – comme trouver un criminel en fuite – demandent cependant du temps. Quand 14h arrive et que notre travail se termine à 16h, il peut être efficace de se concentrer sur des tâches faciles qui peuvent être réalisées près du poste, comme se placer sur le bord de la route et mesurer la vitesse des voitures qui passent. 

On laisse peut-être des criminels courir, mais on remet quand même des contraventions et l'on est en mesure d’aller rapidement rédiger nos rapports.

Les bévues sont faciles à faire quand on arrête quelqu’un     

Ne sortez votre Taser que lorsque c’est nécessaire, car un accident est vite arrivé.

Capture d’écran Maxime Johnson.

Ne sortez votre Taser que lorsque c’est nécessaire, car un accident est vite arrivé.

Les points de conduite sont faciles à perdre dans Police Simulator. On perd des points si l'on donne une mauvaise contravention, oui, mais aussi si l'on fouille la voiture de quelqu’un lorsqu’on n’en avait pas le droit (ce qui n’est pas toujours évident à déterminer), si on le fouille d’un peu trop près, si on traverse la rue sur un feu rouge (même à pied), et j’en passe. 

Parfois, on en perd même beaucoup, notamment lorsque l’on tente d’arrêter quelqu’un. Le pistolet à impulsion électrique de type Taser a vraiment la gâchette facile, et on l’utilise parfois par accident, alors que ce n’était pas strictement nécessaire. 

Les erreurs sur la personne arrivent aussi. Police Simulator a un nombre limité de modèles 3D, alors certains peuvent se ressembler, et ne varier qu’un peu (cheveux différents, etc.). Si vous demandez les preuves d’identité de quelqu’un qui n’est pas la bonne personne (encore pire, si vous l’arrêtez), vous perdrez des points. 

Après plusieurs dizaines de jours de travail, je n’ai effectué qu’une seule journée sans bourde. 

Heureusement, même si l'on accumule moins de points d’expérience lorsqu’on commet des erreurs (et au pire, on doit recommencer notre journée si elles sont trop nombreuses), il n’y a aucune véritable conséquence à long terme aux erreurs policières dans Police Simulator: Patrol Officers.

Certains quartiers sont plus payants que d’autres    

Certains quartiers sont moins palpitants que d’autres dans Police Simulator: Patrol Officers.

Capture d’écran Maxime Johnson.

Certains quartiers sont moins palpitants que d’autres dans Police Simulator: Patrol Officers.

À l’heure actuelle, pendant que le jeu est offert en accès anticipé, deux grands quartiers seulement sont déverrouillés dans Police Simulator; chacun est divisé en différents secteurs. 

Avec le temps, on comprend que certains quartiers sont plus payants que d’autres. Alors que vous pourrez au mieux infliger quelques contraventions dans certains, d’autres sont souvent la cible de vols et d’agressions. 

Augmenter la présence policière dans ces quartiers ne réglera pas vraiment le problème à long terme (les quartiers paisibles demeurent paisibles, et les quartiers violents demeurent violents), mais, personnellement, on voit plus d’action, on remet de plus grosses infractions et l'on accumule plus d’expérience. Bref, attendez-vous à visiter les mêmes endroits fréquemment.

On a tendance à faire du profilage     

On peut arrêter n’importe qui dans Police Simulator: Patrol Officers.

Capture d’écran Maxime Johnson.

On peut arrêter n’importe qui dans Police Simulator: Patrol Officers.

Police Simulator nous demande souvent de faire appel à notre intuition (lorsqu’on questionne des passants) et à notre sens de l’observation, le tout rapidement. On peut, par exemple, interroger un individu louche, ou qui semble en état d’ébriété. Quand on s’installe à un barrage policier, on n’a que quelques secondes pour décider quelle voiture on arrête. 

Ce n’est pas particulièrement payant, mais on a tendance à toujours arrêter les mêmes types de voitures et à surveiller certains personnages d’un peu plus près. Bref, même si ce n’est pas volontaire, on fait du profilage. 

Et malheureusement, j’ai essayé d’en faire d’une façon systématique pour voir si le jeu m’indiquerait mes biais. Et ce n’est pas le cas.

Police Simulator est un jeu amusant qui va certainement plaire aux amateurs de simulateurs et à ceux qui aiment s’attarder aux détails (regarder si la plaque d’immatriculation des véhicules est périmée, fouiller dans l’ordinateur de la police pour voir si un individu dans un accident a un mandat d’arrêt contre lui, s’assurer que les véhicules stationnés ne débordent pas dans la rue, surveiller qui jette ses déchets sur le trottoir, etc.).

C’est aussi un jeu d’un réalisme exceptionnel. Du moins, supérieur à celui des jeux de police habituels. 

Malheureusement, force est de constater que les développeurs évitent les questions importantes. Un an après la mort de George Floyd et alors que les graffitis ACAB continuent d’apparaître partout sur les murs, le jeu ne semble pas faire d’efforts pour véritablement s’attaquer aux questions les plus délicates. Ou si peu. 

Comme je le disais, c’est un jeu d’un réalisme exceptionnel. 

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