Dépistage du VIH: des milliers de gens séropositifs l’ignorent au Québec | 24 heures
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Dépistage du VIH: des milliers de gens séropositifs l’ignorent au Québec

La situation aggravée par la pandémie de coronavirus

Image principale de l'article Des milliers de gens séropositifs l’ignorent
AFP

Il y aurait présentement des milliers de personnes séropositives qui ignorent leur état au Québec, un phénomène accentué par la pandémie qui a accaparé pour la COVID-19 les effectifs de dépistage du VIH. 

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Quelque 14 000 Canadiens, dont au moins 3000 Québécois, vivraient avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) sans le savoir, selon la Société canadienne du sida. 

«Ça m’inquiète énormément. Toutes ces personnes peuvent en contaminer d’autres si elles ont une vie sexuelle active non protégée», dit le directeur général de l’organisme, Gary Lacasse, auteur de cette évaluation. 

De nombreuses raisons expliquent ce phénomène. La lutte à la pandémie de coronavirus a mobilisé de nombreux centres de dépistage qui se consacraient jusque-là à la lutte aux infections transmissibles par le sexe et par le sang (ITSS). Plusieurs ne sont pas encore revenus à leur première mission et demeurent tournés vers la COVID-19. 

La hausse des cas d’infections non détectées a atteint de 14 à 20 %, d’après M. Lacasse. 

«On a dit aux jeunes de mettre le masque ; on ne leur a pas dit de mettre le condom !» déplore le Dr Réjean Thomas, de la clinique L’Actuel, à Montréal, spécialisée dans la lutte aux ITSS. 

Des malades plus jeunes

Les personnes séropositives qui ignorent leur condition semblent plus jeunes que celles qui contractaient jadis le rétrovirus ; comme si elles ne réalisaient pas la gravité de la maladie, confie le Dr Thomas.   

Il donne l’exemple d’un homme qui s’est présenté récemment à la clinique pour des symptômes de gonorrhée. Le test de dépistage du VIH qu’il a subi en début de consultation s’est avéré positif.  

Comme le VIH est une maladie à déclaration obligatoire, des personnes infectées préfèrent ignorer les premiers symptômes pour ne pas être confrontées aux obligations légales.  

À ces éléments s’ajoutent une diminution des budgets consacrés à la prévention et un relâchement des campagnes de sensibilisation. Dans le dernier rapport de l’Institut national de santé publique du Québec sur les ITSS, on souligne que les organismes internationaux de santé publique voulaient éradiquer le sida d’ici 2030. Selon l’auteure Karine Blouin, la pandémie a plombé cette course. 

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