Des requins vivent dans le Saint-Laurent... mais pas de panique ! | 24 heures
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Des requins vivent dans le Saint-Laurent... mais pas de panique !

Requin-pèlerin
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Requin-pèlerin

Pour de nombreux Québécois, le Saint-Laurent ne rime pas nécessairement avec requin. Pourtant, quelques espèces de cet ultime prédateur marin vivent bel et bien dans nos eaux.

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Rassurez-vous, vous ne serez jamais témoin d’une scène digne de Jaws ici, même si des grands requins blancs ont été aperçus dans le golfe du Saint-Laurent, au large des îles de la Madeleine et même près de l’Île-du-Prince-Édouard. 

Pas moins de sept espèces peuplent les eaux de la Belle Province, soit les requins-pèlerins, les requins du Groenland – qui peuvent vivre jusqu’à 400 ans! –, les requins bleus, les requins maraîches, les aiguillats communs et les aiguillats noirs, en plus des requins blancs.

Requin bleu

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Requin bleu

«Ils trouvent [dans les eaux du Saint-Laurent] un habitat qui leur permet de subvenir à leurs besoins en termes d’alimentation, de reproduction et aussi de refuge», indique Lyne Morissette, chercheuse à l’Observatoire des requins du Saint-Laurent. «Si on prend par exemple les requins blancs, ils ne sont pas nouveaux ici, surtout parce que l’on retrouve beaucoup de phoques, leur aliment favori, notamment près des îles de la Madeleine.»

Or, il est difficile, voire impossible, de les observer comme on le ferait pour les baleines. Contrairement aux mammifères marins munis de poumons, les requins n’ont pas besoin de respirer à la surface de l’eau et restent donc généralement en profondeur. On sait malgré tout qu’ils sont là parce que des chercheurs apposent des émetteurs satellites permettant de suivre leurs déplacements, soutient Lyne Morissette.

Pourquoi les requins sont importants dans l’écosystème marin  

Le fameux film de Steven Spielberg a donné lieu à une véritable chasse au grand requin blanc, diminuant considérablement leur nombre, au point où l'on a dû protéger l’espèce.

Heureusement, la présence de cette espèce dans le Saint-Laurent est signe que la population se porte mieux, selon Jeffrey Gallant, directeur scientifique de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent. «Dans les sociétés de requins blancs, les grosses femelles sont dominantes et ont priorité lorsqu’elles chassent. Les jeunes mâles leur laissent donc la place et remontent dans le golfe du Saint-Laurent, où c’est plus tranquille pour chasser et où les proies sont nombreuses.»

Malgré ces bonnes nouvelles, les efforts de conservation des requins doivent se poursuivre. En effet, certaines pratiques, comme la pêche aux ailerons, perdurent, ce qui décime des populations partout dans le monde. 

Greenpeace estime que les humains tuent 100 millions de requins chaque année. Et cela ne se fait pas sans heurts pour les écosystèmes marins, note la chercheuse.

«Les requins jouent le rôle d’ingénieur dans l’océan. Comme ils sont de grands prédateurs, ils ont un contrôle sur les proies à manger. Dans les écosystèmes où il manque de requins, on constate un effet de cascade qui affecte toutes sortes d’autres espèces.»

Ainsi, s’il n’y a plus de requins pour manger une espèce de poisson qui est un prédateur pour un autre poisson qui, lui, bouffe des coraux, il y aura un important déséquilibre. «Tout est interconnecté», résume-t-elle.

Quelques faits sur les requins   

  • La texture de la peau des requins s’apparente à du papier sablé. C’est parce qu’elle est constituée de minuscules structures ressemblant à des dents qu’on appelle «écailles placoïdes», qui permettent de réduire la friction de l’eau lorsque les requins nagent.  
  • Les requins possèdent des organes électrorécepteurs spéciaux leur permettant de détecter les champs électromagnétiques et les changements de température dans l’océan.  
  • Les requins-baleines sont les plus gros poissons de l’océan. Ils peuvent atteindre 12,2 mètres et peser jusqu’à 40 tonnes. 
  • Les requins n’ont pas tous les mêmes forme et structure de dents. Par exemple, les requins mako ont des dents très pointues, alors que les requins blancs ont des dents triangulaires et dentelées. Ils perdent d’ailleurs régulièrement leurs dents et en font pousser de nouvelles. Un requin gris aura environ 35 000 dents au cours de sa vie.  
  • Selon des analyses de fossiles retrouvés aux États-Unis et en Australie, les requins seraient apparus dans l’océan il y a environ 455 millions d’années, avant même l’arrivée des dinosaures!     

Source: National Oceanic and Atmospheric Administration

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