Ils ont lancé leur entreprise aux Îles en misant sur la culture des sports nautiques | 24 heures
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Ils ont lancé leur entreprise aux Îles en misant sur la culture des sports nautiques

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En plus des touristes, les Îles attirent de plus en plus de jeunes entrepreneurs. Plusieurs d'entre eux misent sur le cadre paradisiaque et sur la culture du kite et du surf.

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«Ici, c’est la Mecque du kitesurf, un des plus beaux spots au monde», s’enthousiasme Marie-Claude Poulette, copropriétaire de Plein vent les îles, dont la saison bat son plein depuis début juin.

Pour apprendre à faire du kitesurf, il faut beaucoup de vent et des lagons d’eau chaude peu profonds et sans vagues. Ce n’est pas le genre de paysage qu’on voit souvent au Québec, mais on le retrouve aux îles de la Madeleine.

En 2014, Marie-Claude, originaire de l’Outaouais, rencontre Marc-Antoine Lavoie. Après un voyage dans l’Ouest, elle lui apprend le kite et lui montre ensuite comment enseigner ce sport. Quelques certificats plus tard, les voilà qui peuvent devenir formateurs. Ils partent alors voyager et enseigner au Brésil, aux îles Grenadines, à la Dominique et à Cuba. Ils y rencontrent, il y a quatre ans, Dominique Pratte-Dubé et Sébastien Végiard, un couple originaire de Bromont. Eux aussi pratiquent le kite.  

Les chalets de la baie, au fond à gauche, sont un peu le bureau des deux couples d'entrepreneurs, qui enseignent ou pratiquent le kite dans le lagon en face.

Jerome Hof

Les chalets de la baie, au fond à gauche, sont un peu le bureau des deux couples d'entrepreneurs, qui enseignent ou pratiquent le kite dans le lagon en face.

«Ici, aux Îles, on s’est revus, raconte l’instructrice. On a fait du kite ensemble et on s’est dit: “Pourquoi pas partir une école ensemble? Ça connecte bien, il y a une belle chimie.”»

Comme Dominique et Sébastien sont propriétaires des Chalets de la Baie, au sud de l’archipel, ils décident de s’associer. Situés en face d’un magnifique lagon, les chalets sont utilisés comme camp de base pour les cours de kite.  

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L’école enseigne aussi cet été l’hydrofoil et le wingfoil, les dernières innovations dans le domaine des sports de glisse.  

Comptent-ils s’installer à temps plein aux Îles? «Peut-être un jour», répond Marie-Claude, qui reconnaît que celles-ci sont éloignées, mais qui y voit beaucoup de potentiel. «Les Madelinots sont vraiment accueillants. Le kite commence juste à se développer au Québec, et il y a une bonne énergie entre les gens du milieu du kite.» 

Ils créent un «surf bar» sur le bord de la plage     

À Fatima, quatre amis ont ouvert début juin La Shed Surf Bar pour rassembler au bord de la plage, dans une ambiance festive, les fans de glisse, les touristes et les locaux.

«On voulait rassembler des gens qui ont une bonne vibe, un état d’esprit commun, et faire le pont entre les touristes et les Madelinots», résume Pierre-Alexandre «Pedro» Demers, 31 ans, attablé sur la terrasse ensoleillée de La Shed. 

Lui et son associée Florence Roy, 27 ans, sont originaires du continent. Ils ont embarqué dans le projet l’année passée avec deux Madelinots: Amélie Renaud-Lavallée, 28 ans, et Dominic Lefrançois, 45 ans, lesquels étaient partis quelques années voir du pays avant de rentrer aux Îles.

À Fatima, La Shed, en bas de la photo, côtoie la plage de l'Anse aux baleiniers.

Jerome Hof

À Fatima, La Shed, en bas de la photo, côtoie la plage de l'Anse aux baleiniers.

Une planche de surf en guise de table, des rambardes en bois de plage: les quatre entrepreneurs ont tout fait eux-mêmes avant d’ouvrir début juin. 

Florence, venue des Laurentides, est arrivée pour la première fois sur l’archipel il y a cinq ou six ans avec son amie Amélie, aujourd’hui son associée. 

«Je suis tombée tout de suite en amour avec les Îles, explique-t-elle. J’ai voulu revenir année après année.» 

Elle a même passé son premier hiver aux Îles cette année. Un peu rough? Même pas! «Moi, j’ai vraiment été sous le charme, sourit-elle. C’est magnifique, il y a un esprit chaleureux, les gens sont de bonne humeur.» 

À ses côtés, «Pedro» acquiesce. Originaire de Sherbrooke, il y était venu pour les vacances il y a quelques années, avant de lâcher son travail dans les communications. Depuis, il a fait une formation pour devenir homme de roue à la CTMA, la compagnie navale qui gère les traversiers. Même s’il reconnaît qu'il a besoin de sa dose hivernale de montagnes et de neige, qu’il retrouve à Sutton où il a passé cet hiver, il apprécie l’ambiance de la basse saison. 

«T’es au Québec, mais c’est complètement différent, explique-t-il. C’est vraiment la petite vie tranquille, mais il y a une vie quand même. Il y a moins de monde, donc ça te permet de connecter avec les gens de la place.»  

La mairie se démène pour attirer des jeunes     

En 2017, la municipalité des Îles-de-la-Madeleine a lancé une opération séduction: une marque, de belles photos sur les réseaux sociaux, une bourse pour inciter les locaux à revenir. Plus récemment, c’est un vidéoclip de promo — tourné volontairement en hiver — qui est sorti.  

Le but n’est plus seulement d’attirer des touristes et des saisonniers, mais de faire rester les gens. Et ça fonctionne plutôt bien, avec quatre fois plus de nouveaux arrivants en 2019-2020 qu’en 2016. 

«La pandémie aussi a eu son mot à dire, observe le conseiller en marketing territorial Alexandre Bessette. Les gens sont tannés de vivre dans leur petit trois et demie en ville et ont besoin d’espace, un élément dont on ne manque pas ici.» 

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