Oui, les moustiques piquent certaines personnes plus que d’autres | 24 heures
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Oui, les moustiques piquent certaines personnes plus que d’autres

Qui ne s’est pas déjà débattu frénétiquement en forêt, envahi par la présence d’insectes qui ne se gênent pas pour percer l'épiderme avant de se gorger de sang? Si vous avez l’impression que les moustiques ont un faible pour vous, vous ne rêvez pas : certaines personnes sont plus susceptibles que d’autres de subir leurs piqûres, et parfois, pour des raisons indépendantes de notre volonté. Déboulonnons les mythes.

S’il existe bel et bien des trucs pour éloigner les bestioles, vous serez déçu d'apprendre que la chimie corporelle et le microbiome - l’ensemble des microbes présents à l’intérieur et à l’extérieur de notre corps - sont responsables en grande partie de l’attractivité entre humains et moustiques. La mauvaise nouvelle dans tout ça? Vous ne pouvez pas y faire grand-chose. La bonne? Maintenant, au moins, vous le savez.

«Les insectes évoluent avec nous depuis très longtemps et ils ont développé des capacités à nous détecter, explique Marjolaine Giroux, entomologiste de formation qui travaille au service des renseignements entomologiques de l’Insectarium de Montréal. 

D’abord, ils savent percevoir à vue d’œil une masse noire qui bouge. La masse noire qui se déplace, c'est nous. Et plus on bouge, plus ils sont attirés par nos mouvements. Dans un deuxième temps, c’est la chimie corporelle qui entre en ligne de compte. 

«Ils sont capables de détecter la chaleur qui émane de notre corps de même que le CO2 que l’on rejette en expirant. Il y a aussi la sueur de notre corps qui produit de l’acide lactique et de l’ammoniac et ils sont attirés par ces substances», explique Marjolaine Giroux.

Attirés par les femmes enceintes       

Selon plusieurs études, les moustiques sont plus attirés vers les femmes enceintes, les personnes en surpoids et celles qui ont consommé de l’alcool. Ces facteurs augmentent la fréquence cardiaque, la chaleur corporelle et les émissions de CO2, trois choses qui attirent davantage les moustiques.

Néanmoins, le facteur génétique a aussi son mot à dire et peut déterminer si un moustique sera tenté par notre peau ou non, comme le mentionne le microbiologiste britannique Tim Spector, qui s’est intéressé à la question.

«Nos 100 milliards de microbes sont dix fois plus nombreux que nos propres cellules humaines et il s'avère que nous ne les sélectionnons pas - ils nous sélectionnent en fonction de notre constitution génétique. Cela signifie que, tout comme les moustiques, certains microbes préfèrent cohabiter avec nous et d'autres nous trouvent plutôt désagréables et s'installent ailleurs». 

Pourquoi piquent-elles?  

Non, les moustiques ne sont pas des êtres sadiques qui ne vivent que pour nous voir souffrir. En réalité, ce sont les moustiques femelles fécondés qui s’alimentent de notre sang, riche en acides aminés.

«Les femelles ont besoin de sang pour la maturation de leurs œufs. Elles injectent un anticoagulant et un vasodilatateur pour permettre de pomper le sang et de le boire de façon plus efficace», explique Marjolaine Giroux.

Quant aux mouches à chevreuil, reconnues pour leurs piqûres douloureuses, elles sont équipées de mandibules capables de creuser un petit trou dans la peau pour arriver à pomper le sang. Et contrairement à la croyance populaire, elles n’arrachent pas des bouts de peau!

Mettre toutes les chances de son côté  

On vous a probablement donné mille et un trucs pour prévenir les piqûres d’insectes. Si certains peuvent s’avérer inefficaces, d'autres ont fait leurs preuves.

Le plus simple: portez des vêtements longs et de couleurs pâles. Les couleurs claires sont moins bien perçues par les moustiques. Évitez aussi d’être à l’extérieur aux heures où les insectes s’en donnent à cœur joie, soit à la brunante et très tôt le matin. 

Les répulsifs à moustique qui contiennent entre 5% et 30% de diéthyltoluamide (DEET) seraient également les plus efficaces sur le marché, selon Marjolaine Giroux.

«Le DEET est un produit chimique et il ne sert à rien d’acheter un répulsif qui en contient plus de 30%. Une concentration de 15% est amplement suffisante et est efficace plusieurs heures contrairement à la citronnelle que l’on doit appliquer plus souvent», explique la scientifique. 

Finalement, évitez tout produit corporel parfumé lors de votre séjour, de même que les boissons sucrées ou alcoolisées. L'odorat très développé des moustiques peut les attirer davantage vers ces substances.

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