Inondations en Europe : Le Québec n’est pas à l’abri | 24 heures
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Inondations en Europe : Le Québec n’est pas à l’abri

Les inondations qu'a connues l'Allemagne dans les derniers jours constituent la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire récente du pays.
AFP

Les inondations qu'a connues l'Allemagne dans les derniers jours constituent la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire récente du pays.

Le Québec pourrait connaître des inondations comme celles qui sont survenues en Europe dans les derniers jours. Le déluge qui s'est abattu au Saguenay il y a exactement 25 ans en représente une démonstration éloquente et des catastrophes du même genre pourraient se reproduire à l'avenir, selon plusieurs experts.

Le grand déluge qu’ont connu le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord en juillet 1996 représente une forte illustration de l’importance des changements climatiques, selon les experts questionnés. Plusieurs estiment qu’une catastrophe de ce genre pourrait tout à fait se reproduire. 

En juillet 1996, il est tombé plus de 250 mm de pluies sur certains secteurs du Saguenay en l’espace de trois jours.

Photo : Archives du Journal de Québec

En juillet 1996, il est tombé plus de 250 mm de pluies sur certains secteurs du Saguenay en l’espace de trois jours.

«Ça a été le premier d’une série d’événements qui nous ont forcés à nous questionner. Les deux crises en deux ans, le déluge de 1996 et le verglas de 1998, mon opinion était faite, il se passait quelque chose», estime le météorologue Gilles Brien. 

À l’époque, des pluies intenses et des crues soudaines avaient ravagé des quartiers complets au Québec, faisant dix morts, des milliers de sinistrés et causant plus d’un milliard de dollars en dommages. Plus de 250 mm de pluies étaient tombées sur certains secteurs du Saguenay en l’espace de trois jours. 

Un véritable déluge s'est abattu sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord il y a exactement 25 ans.

ARCHIVES JOURNAL DE QUÉBEC

Un véritable déluge s'est abattu sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord il y a exactement 25 ans.

«Ça peut arriver n’importe où et n’importe quand» 

Selon Taha Ouarda, expert en hydrométéorologie statistique à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), les fortes précipitations qu’a connu le Saguenay en 1996 représentent l’équivalent d’une tempête tropicale qui a remonté vers le nord pour ensuite faire du sur-place, délivrant des quantités astronomiques de pluies. Et ce phénomène pourrait survenir à nouveau. 

Dans le quartier Saint-Philippe, à Jonquière, des rues ont été inondées. A certains endroits, il y avait au-delà de cinq mètres d'eau. 21 juillet 1996.

ARCHIVES JOURNAL DE QUÉBEC

Dans le quartier Saint-Philippe, à Jonquière, des rues ont été inondées. A certains endroits, il y avait au-delà de cinq mètres d'eau. 21 juillet 1996.

«Les gens qui analysent les tempêtes tropicales affirment qu’il y a plus de variabilité, que la fréquence augmente et comme on a plus de chaleur et d’humidité ici, oui il y en aura», analyse l’expert, ajoutant que le danger est l’imprévisibilité d’une telle tempête. «Ça peut arriver n’importe où et n’importe quand. La question n’est pas de savoir si, c’est de savoir quand et comment.» 

Des inondations dans les dernières années 

Le déluge de juillet 1996 aura certainement marqué les régions du Saguenay et de la Côte-Nord du fait de son caractère exceptionnel, mais les catastrophes naturelles du même genre se sont multipliées depuis. 

Des inondations comme celles qu’ont connues le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord pourraient se reproduire à l'avenir, selon certains experts.

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Des inondations comme celles qu’ont connues le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord pourraient se reproduire à l'avenir, selon certains experts.

«Il y eu l’Outaouais en 2017 et 2019. Il y a eu le Richelieu en 2011. Il y a eu Sainte-Marthe-sur-le-Lac en 2019, il y a la Chaudière en Beauce, où on a rasé des quartiers complets. [...] Les changements climatiques, c’est pas juste un réchauffement à long terme, c’est des événements graves à court terme», rappelle l’hydrologue Michel Leclerc. 

D’où l’importance d’être prêt à y faire face, ajoute Taha Ouarda. 

«On doit développer des modèles de prévision adaptés et des modèles de réponse une fois que l’événement arrive pour protéger la population», insiste-t-il. 

- Avec les informations de l'Agence QMI

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