Les Français font face à une quatrième vague... mais pourront enlever leurs masques | 24 heures
/bref

Les Français font face à une quatrième vague... mais pourront enlever leurs masques

Le président français Emmanuel Macron
AFP

Le président français Emmanuel Macron

Cinémas, musées, établissements sportifs : le port du masque ne sera plus obligatoire pour le public dans les lieux où l’entrée est conditionnelle au «pass sanitaire», malgré le fait que la France entre dans une quatrième vague de COVID-19, selon une décision du gouvernement contestée par des scientifiques. 

• À lire aussi: Le passeport vaccinal soulève un «dilemme éthique»

• À lire aussi: Les touristes vaccinés pourront bientôt entrer au Canada

«Là où il y a le pass sanitaire» anti-COVID-19, les personnes «pourront enlever le masque», sauf contrordre des autorités locales en fonction de la situation épidémique, a déclaré mardi le ministre français de la Santé, Olivier Véran, avant le début de l’examen d’une loi au Parlement dans la journée. 

AFP

Selon lui, le masque ne s’y impose plus car le pass sanitaire implique «qu’on est sûr que toutes les personnes qui rentrent sont vaccinées complètement ou ont un test très récent qui est négatif». 

Cette mesure figure dans un décret paru mardi au Journal officiel, qui abaisse également à 50 personnes (contre 1 000 personnes auparavant) la capacité maximale dans les lieux soumis au pass sanitaire. Ce dernier sera exigible dans les lieux de culture (cinémas, musées, théâtres etc.) à partir de mercredi.  

Les employés de ces lieux devront quant à eux conserver le masque.  

• À lire aussi: Des cas de COVID sur le plateau de Bridgerton saison 2 retardent le tournage

Une épidémiologiste s’inquiète  

La fin de l’obligation du masque pour le public de ces lieux-là «va améliorer le quotidien des Français petit à petit», a commenté M. Véran. 

À l’inverse, la très respectée épidémiologiste Dominique Costagliola dit avoir appris cette mesure «avec stupeur». 

«C’est une mauvaise idée, a-t-elle asséné. Il faudrait avoir ceinture et bretelles pour essayer de combattre cette épidémie, et pas enlever certaines mesures quand on en met d’autres en place.»

La réputée épidémiologiste française Dominique Costagliola

AFP

La réputée épidémiologiste française Dominique Costagliola

Car sous l’effet du variant Delta, plus contagieux, l’épidémie repart en France, à tel point que le gouvernement parle désormais d’une quatrième vague. 

Au niveau national, la moyenne quotidienne des nouveaux cas sur les 7 derniers jours est supérieure à 8000, contre seulement 1850 fin juin. «On est entre 100 et 130% d’augmentation sur une semaine», a indiqué M. Véran. 

Le gouvernement français craint que cette hausse, qui touche essentiellement les jeunes, finisse par s’étendre aux personnes âgées ou fragiles non vaccinées et entraîne une hausse des hospitalisations. 

«Nos indicateurs (hospitaliers), même s’ils restent encore assez faibles, ont commencé à augmenter», a mis en garde le ministre. 

Vaccin obligatoire pour les soignants 

C’est justement cette dégradation qui a amené le président Emmanuel Macron à annoncer un tour de vis le 12 juillet pour accélérer la vaccination : vaccin obligatoire pour les soignants et extension du pass sanitaire (prouvant la vaccination complète, un test négatif récent ou l’immunisation) aux cafés, restaurants ou trains à partir de début août. 

Des travailleurs de la santé préparent des injections dans un centre de vaccination du Sud de la France.

AFP

Des travailleurs de la santé préparent des injections dans un centre de vaccination du Sud de la France.

«On avait fixé un objectif de 40 millions de primo-vaccinés fin août. Je pense qu’on va faire 40 millions avant la fin juillet parce que ça avance très vite, et c’est tant mieux», s’est félicité le ministre. 

AFP

Mais cela pourrait ne pas suffire, a-t-il averti : le Conseil scientifique qui guide le gouvernement a prévenu que l’épidémie ne s’arrêterait qu’avec 90% à 95% des Français immunisés (par le vaccin ou parce qu’ils ont contracté la maladie par le passé). 

La France a déjà connu trois vagues successives depuis le début de l’épidémie de COVID-19, faisant au total 111 521 morts. 

À lire aussi

Et encore plus