Smog : c'est beau une Lune orange, mais ce n’est pas une bonne nouvelle | 24 heures
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Smog : c'est beau une Lune orange, mais ce n’est pas une bonne nouvelle

Vous avez peut-être remarqué lundi dernier (19 juillet) que la lune était d’un orange éclatant. Loin de représenter un simple spectacle astronomique, cette couleur est plutôt signe d’une très mauvaise qualité de l’air. 

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«C’est vraiment parce que la lumière traverse un nuage de poussière, de smog, c’est ce qui a causé cette couleur-là, explique le météorologue d’Environnement Canada Simon Legault. Même le soleil était assez orangé en se couchant aussi.» 

Environnement Canada a émis plus tôt mardi matin des avertissements de smog pour plusieurs régions du Québec, dont Montréal, Gatineau, la Beauce, Lanaudière, les Laurentides, la Mauricie, Québec et la Montérégie. La raison? La fumée en provenance des feux du nord-ouest de l'Ontario qui dégrade la qualité de l’air ici au Québec, précise l’agence fédérale. 

«C’est vraiment l’effet de la fumée qui se retrouve un peu partout dans l’atmosphère et qui va interagir avec la lumière, poursuit le météorologue. Ça va séparer, ou réfracter, certaines couleurs, ce qui va faire en sorte que ce ne sont pas toutes les couleurs qui vont se rendre à nous. C’est pour ça qu’on a vu une teinte un peu plus orangée et non pas la couleur blanche habituelle de la lune.» 

Guillaume Cyr/24 heures

Risques sur la santé 

Selon Environnement Canada, la qualité de l’air allait s’améliorera graduellement au courant de la journée de mardi et l’épisode de smog devait être terminé dès mercredi matin. D’ici là, les risques sur la santé que représente cette mauvaise qualité de l’air étaient bien réels, selon la médecin et présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), Dre Claudel Pétrin-Desrosiers. 

«Ça entraîne surtout des problèmes au niveau de la santé respiratoire, donc la santé des poumons, et la santé du cœur, explique-t-elle. Ce qu’on peut voir, c’est que monsieur et madame Tout-le-Monde peuvent être un peu incommodés par l’air de mauvaise qualité, sentir que ça irrite un peu dans les voies respiratoires, on peut tousser un petit peu, sentir parfois que c’est plus difficile de respirer.» 

«Et pour les gens qui ont des problèmes de santé pulmonaires un peu plus chroniques comme les asthmatiques ou ceux qui ont des maladies pulmonaires comme les bronchites chroniques et les emphysèmes, ces personnes-là peuvent avoir des exacerbations de leur état de base, poursuit-elle. Donc par exemple, le smog pourrait précipiter une crise d’asthme.» 

Précautions à prendre 

Plusieurs précautions peuvent être prises dans des périodes où la qualité de l’air est particulièrement mauvaise pour éviter autant que possible ces problèmes de santé. 

«Au point de vue individuel, la plus grande précaution c’est de minimiser son exposition avec l’air extérieur et faire attention à la pratique d’activités physiques à l’extérieur, conseille la docteure. Qu’on soit un coureur ou un cycliste, c’est certain que lorsqu’on fait du sport on respire plus, et donc on peut s’exposer encore plus à la pollution et au smog.» 

«On peut aussi éviter d’utiliser des moyens de transport individuel et favoriser les transports en commun parce que la pollution des autos peut aggraver les épisodes de smog, ajoute-t-elle. On peut éviter aussi de se promener sur le bord des autoroutes et des axes routiers à haut débit de trafic. Donc le plus possible, il faut essayer de limiter son exposition.»