Cinq controverses autour des Jeux olympiques de Tokyo | 24 heures
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Cinq controverses autour des Jeux olympiques de Tokyo

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Les Jeux olympiques de Tokyo ne commencent que vendredi, mais déjà, ils ont fait couler beaucoup d'encre, et pas seulement pour des raisons positives. Voici cinq controverses qui retiennent l'attention.

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1. Beaucoup de Japonais n'en veulent pas 

Les Jeux olympiques ont clairement été marqués par la pandémie : ils ont été repoussés d’un an et les compétitions se tiennent à huis clos; aucun spectateur ne sera admis dans les gradins.  

Les Jeux olympiques de Tokyo 2020 se tiennent donc en 2021, et c’est la première fois que ça arrive. 

La décision ne plait pas à tous : au début du mois de mai, un sondage révélait que plus de 80% des Japonais n’étaient pas en faveur de cette décision. 

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Dix jours avant le début des Jeux, une pétition en ligne avait récolté plus de 450 000 signatures pour arrêter l’organisation des Jeux, faisant d’elle l’une des pétitions ayant amassé le plus de signatures de tout le site Change.org.  

«Les Jeux Olympiques ne sont pas pour tout le monde, mais le coronavirus est pour tout le monde», exprime l’un des commentaires des signataires.  

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2. Un stade pas écoresponsable 

Des lits en carton pour tous les athlètes, des médailles faites de métaux précieux recyclés provenant d’appareils électroniques, des podiums produits à partir de 24,5 tonnes de matériaux recyclés... Malgré ces efforts louables relevés par plusieurs environnementalistes, les Jeux de Tokyo ne seront pas ceux de l’écoresponsabilité.  

Le stade olympique du Japon, conçu pour affronter les chaleurs estivales japonaises, offre une allure futuriste et respectueuse de l’environnement. Toutefois, certains environnementalistes ont été capables de relier sa construction à une surexploitation de forêts équatoriales en Indonésie et en Malaisie orientale, qui menaceraient l’habitat de singes, notamment. 

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«On estime que 80% des singes vivent maintenant à l’extérieur des zones protégées, ce qui les rend très vulnérables à l’exploitation forestière, à la plantation et à l’exploitation minière», selon le quotidien The Guardian

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3. Le cannabis toujours strictement interdit   

La favorite pour remporter le 100 m à Tokyo, l’Américaine Sha’Carri Richardson, ratera l’épreuve puisqu’elle a été suspendue pour avoir consommé du cannabis.  

Même si la consommation de cannabis est de plus en plus légalisée dans le monde et qu’on voit mal comment elle pourrait aider une sprinteuse, la nouvelle n’a aucunement surpris le titulaire de la Chaire mondiale de recherche antidopage de l’Université de Sherbrooke, David Pavot. 

«Il y a plusieurs substances en vente libre qui sont interdites aux athlètes de haut niveau. On n’a qu’a penser aux médicaments contre l’asthme comme le Ventolin, ou encore à certaines crèmes anti-inflammatoires, dit-il. En plus, dans certains pays, la consommation de cannabis est passible de la peine de mort», rappelle-t-il.  

L’Agence mondiale antidopage ne peut donc pas faire d’exception dans ce contexte.  

Plusieurs personnes ont exprimé leur désarroi face à la suspension de Sha'Carri Richardson.

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Plusieurs personnes ont exprimé leur désarroi face à la suspension de Sha'Carri Richardson.

De plus, il n’y a pas de consensus scientifique sur les avantages de la consommation de cannabis dans le sport. Certains athlètes pourraient en bénéficier, selon David Pavot.  

«Ça pourrait procurer un avantage dans des épreuves qui demandent de la concentration et du calme comme le tir à la carabine», illustre-t-il.  

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4. Ce sont les Jeux d’été les plus chers de l’histoire 

Le report et les mesures sanitaires ont fortement fait grimper la facture des Jeux. Ils devraient coûter 1644 milliards de yens au total (20,4 milliards de dollars canadiens), ont annoncé les organisateurs lors de la dernière mise à jour du budget en décembre dernier. 

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Cela fait de Tokyo 2020 les Jeux d’été les plus chers de l’histoire devant ceux de Londres en 2012, évalués à 19,3 milliards de dollars canadiens, selon une étude comparative de l’Université Oxford.  

Toutes compétitions confondues, les Jeux d’hiver de Sotchi en 2014 conservent le record absolu avec un coût estimé à 28,2 milliards de dollars canadiens.  

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5. Pas de manifestations politiques aux JO  

Il sera toujours interdit de lever le poing, de s’agenouiller ou de faire tout autre geste de protestation pendant les cérémonies d’ouverture, de fermeture, sur le podium et dans le village olympique, malgré des assouplissements annoncés à l’article 50.2 de la Charte olympique. 

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Les modifications à l’article qui stipule qu’ «aucun type de manifestation ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisé sur les sites, installations ou autres zones olympiques» ont été annoncées au lendemain de la condamnation de Derek Chauvin pour le meurtre de George Floyd.  

Les athlètes pourront dorénavant parler de politique lorsqu’ils s’adressent aux médias, lors des conférences de presse, des réunions d’équipe, sur les réseaux sociaux et « sur le terrain de jeu avant la compétition » à condition que ce ne soit « pas perturbateur » et que leurs gestes ne visent pas des personnes, des pays ou des organisations spécifiques, a indiqué le CIO par communiqué.  

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