Les infections transmises par les tiques devraient augmenter avec le réchauffement climatique | 24 heures
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Les infections transmises par les tiques devraient augmenter avec le réchauffement climatique

Image principale de l'article De plus en plus de tiques... et d'infections
Martin Chevalier / JdeM

Attention aux fans de plein air : une nouvelle infection transmise par les tiques a été détectée en Estrie. Et ce n’est sûrement pas la dernière qu’on voit, parce que les changements climatiques permettent à ces insectes de progresser vers le nord et d’étendre leur territoire.  

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Six cas d’anaplasmose viennent d’être repérés à Bromont, en Estrie. Cette maladie se transmet par la tique à pattes noires, de la même manière que la maladie de Lyme. 

«Si on recule d’une dizaine d’années, on en voyait seulement au niveau des États-Unis. Comme [le climat] se réchauffe, tout migre un petit peu vers le nord», explique le Dr Philippe Martin, microbiologiste et infectiologue au CIUSS de l’Estrie-CHUS. Il précise que les cas d’anaplasmose étaient habituellement répertoriés dans les États du Nord, comme le Vermont et le Connecticut. 

L’anaplasmose est moins grave que la maladie de Lyme, mais ses symptômes peuvent être désagréables. On parle surtout de fièvre, ou encore de douleurs aux muscles et aux articulations. Cette maladie se traite avec des antibiotiques.  

Photo Agence QMI

Hausse de la température 

Selon un article publié par l’Agence de la santé publique du Canada, «la hausse de la température a entraîné l’amélioration des conditions favorables à la survie et à la reproduction des tiques et l’augmentation de la vitesse de leur développement». 

De plus en plus de cas d’anaplasmose, et même de nouvelles infections, pourraient donc apparaître dans la province. 

Ce n’est pas juste que la chaleur elle-même favorise une reproduction plus importante des tiques. C’est aussi que le réchauffement climatique entraîne des conséquences sur les animaux hôtes de ces tiques. 

Photo d'archives, Ben Pelosse

L’article de l’Agence précise que le réchauffement climatique engendre «l’expansion du territoire occupé par les rongeurs et les chevreuils de même que l’accroissement de leur abondance et de leur activité». 

Bref, plus il fait chaud, plus les animaux occupent une grande partie du territoire... Et ça permet aux tiques de voyager.  

Pas que la chaleur en cause 

Côté comportements humains, les hivers plus courts seraient aussi liés à l’augmentation des cas, probablement plus que les étés plus chauds, selon l’Agence de la santé publique du Canada. Elle explique que la période sans neige incite «les gens à reprendre leurs activités de plein air plus tôt au printemps et à les poursuivre jusqu’à une date plus tardive en automne».  

Photo courtoisie

En revanche, les gens font moins d’activité en plein air lors de canicules ou de périodes de chaleur intenses, par exemple. 

Les modifications de l’humain sur son environnement viennent également jouer dans le risque d’exposition aux infections transmises par les tiques, selon l’Agence. «À titre d’exemple, la maladie de Lyme s’est propagée aux États-Unis dans les années 1970 en raison de la reforestation de terres agricoles et de l’augmentation conséquente des populations de chevreuils, ce qui a permis l’expansion des populations de tiques.» 

De nouvelles maladies 

D’autres maladies transmises par les tiques pourraient également débarquer au Québec dans les prochaines années, selon le Dr Martin. «Disons qu’on surveille l’émergence éventuelle d’un parasite qui s’appelle la babésiose. [...] Ce n’est probablement qu’une question de temps avant qu’on ait des infections», rajoute-t-il.  

La babésiose est une maladie qui se retrouverait «entre la maladie de Lyme et l’anaplasmose» en termes de risques et de symptômes, explique l’infectiologue. Elle est aussi transmise par la morsure d’une tique qui se loge chez, notamment, les rongeurs. 

- Avec les informations de Mélissa Fauteux, Agence QMI