Fermer ses fenêtres et rester à l'intérieur : voici quoi faire quand il y a du smog | 24 heures
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Fermer ses fenêtres et rester à l'intérieur : voici quoi faire quand il y a du smog

Image principale de l'article Quoi faire quand il y a du smog
Joël Lemay / Agence QMI

Le Québec a connu deux épisodes de smog en moins d’une semaine. Pour mieux comprendre le phénomène, on a questionné quelques experts. Qu’est-ce qui caractérise le smog? Est-ce qu’on peut laisser sortir son chat à l’extérieur? Les changements climatiques vont-ils multiplier le phénomène? On fait le point. 

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À partir de quel niveau la qualité de l’air commence-t-elle à être mauvaise? 

«Le niveau à partir duquel la qualité de l’air est mauvaise, c’est 35 microgrammes par mètre cube, c’est la concentration des poussières en suspension, explique le météorologue d’Environnement Canada Simon Legault. En haut de 35 microgrammes par mètre cube, ça peut commencer à avoir des effets sur certaines personnes.» 

C’est la fumée en provenance des feux de forêt dans le nord-ouest de l’Ontario et au Manitoba qui a entraîné des concentrations importantes de particules fines dans l’air et qui a provoqué les deux épisodes de smog de la dernière semaine. 

Il est possible de suivre la qualité de l’air de son secteur à Montréal via une carte interactive en ligne. Une concentration de particules fines de 35 microgrammes par mètre cube équivaut à un indice de qualité de l’air (IQA) de 50, le seuil à partir duquel survient un épisode de smog. 

Joël Lemay / Agence QMI

Devrait-on fermer ses fenêtres ou empêcher ses animaux de compagnie de sortir dehors? 

«Oui, de fermer les fenêtres, c’est recommandé, surtout si on est vulnérable à ce genre de phénomène là, indique Simon Legault. Pour les gens qui ont de l’asthme par exemple, ou qui sont très sensibles, qui sont plus vulnérables au niveau respiratoire, ça peut aider à être moins exposé à la poussière des feux de forêt.» 

Il est conseillé de fermer ses fenêtres en période de smog, mais attention à la température qui pourrait monter. «En période de chaleur, il faut s’assurer que ça ne transforme pas notre logement en zone hyper chaude», prévient la médecin et présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, Dre Claudel Pétrin-Desrosiers. 

C’est possible également de laisser son chien ou son chat sortir à l’extérieur, mais il est important d’être plus prudent pour des animaux malades ou qui ont déjà des problèmes respiratoires, conseille la vétérinaire Annie Ross. 

«Ça peut déclencher de l’asthme chez l’humain comme chez les chats, explique-t-elle. Ça peut augmenter les risques de problèmes respiratoires chez les animaux qui ont déjà des problèmes respiratoires ou des problèmes cardiaques. Mais pour un animal qui est en santé, ça devrait bien se passer.» 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Est-ce que d'autres épisodes de smog devraient se produire pendant l'été? 

«C’est possible que ça revienne puisque la source d’émission de cette fumée-là n’est pas éteinte, les feux sont toujours présents, prévient Simon Legault. Donc tant qu’il y aura des feux, il est possible que le panache de fumée se dirige vers nos régions et affecte la qualité de l’air, tout dépendant de la force et de la direction que prennent les vents dans les différentes couches de l’atmosphère.» 

Par contre, même s’il faut continuer à surveiller la situation de près, rien n’indique qu’un nouvel épisode de smog devrait être observé dans un avenir rapproché, nuance le météorologue. 

Joël Lemay / Agence QMI

Est-ce que la pollution provenant des voitures et des industries provoque le même type de smog que celui causé par les feux de forêt? 

«L’été, essentiellement, le seul smog qu’on va avoir, c’est des smogs qui viennent de feux de forêt plus ou moins proches», indique le météorologue. C’est en hiver que la pollution générée par les voitures et les industries peut entraîner une dégradation importante de la qualité de l’air. 

«L’air souvent est très stagnant l’hiver [il garde davantage les polluants au sol], alors qu’en été, il y a beaucoup plus de brassage dans l’atmosphère», poursuit-il 

Plusieurs polluants, dont les oxydes d’azote et les oxydes de soufre, qui sont rejetés par le transport routier et les industries, peuvent alors s’accumuler par temps froid et provoquer des épisodes de smog. 

«Tous ces éléments-là peuvent se combiner et sous l’action du soleil, des rayons UV, ça peut générer de l’ozone, indique Simon Legault. Ce sont plusieurs polluants qui peuvent se retrouver dans l’atmosphère. Donc le taux de pollution peut augmenter localement ou régionalement.» 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Est-ce que les épisodes de smog vont se multiplier en raison des changements climatiques? 

«Ce que la science dit, c’est qu’on s’attend des épisodes de chaleur et de sécheresse plus nombreux, plus intenses et plus prolongés, explique le météorologue. Le contexte des feux de forêt devrait donc être exacerbé par les changements climatiques.» 

Par contre, rien n’indique que cette fumée voyagerait nécessairement vers Montréal ou qu’elle contribuerait à provoquer davantage d’épisodes de smog, nuance-t-il. 

«On peut penser que oui, mais la science ne dit pas que c’est comme ça que ça va se passer nécessairement, ce n’est pas évident de tirer ces conclusions-là, poursuit Simon Legault. Cela dit, la quantité de feux de forêt devrait augmenter en général dans les décennies à venir, et pas seulement au Canada, mais aussi un peu partout à travers le monde.» 

Joël Lemay / Agence QMI