Miss Québec : d'ex-candidates nous parlent de leur expérience à ce concours qui souffre de préjugés | 24 heures
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Miss Québec : d'ex-candidates nous parlent de leur expérience à ce concours qui souffre de préjugés

Les concours de «Miss» ont souvent mauvaise presse : on les accuse par exemple de n’être centrés que sur les apparences et de véhiculer une image stéréotypée des femmes. Mais les choses évoluent, et d’anciennes participantes à Miss Québec disent en avoir retiré plusieurs apprentissages positifs.

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«Chaque fille devrait vivre [Miss Québec] au moins une fois dans sa vie», croit carrément Mélyka Raby, sacrée Miss Québec 2019. La lauréate affirme que l’expérience lui a permis d’évoluer en tant que personne, mais aussi de faire la rencontre de plusieurs jeunes femmes qui sont aujourd’hui encore ses amies. 

Il n’y a pas de critère de sélection physique pour participer au concours Miss Québec, affirme l’organisation, qui dit plutôt mettre de l’avant des critères comme le leadership, l’attitude, la personnalité, l’estime de soi, la capacité à s’exprimer en public ainsi que la solidarité féminine. Ces aspects sont évalués lors d’activités et de galas tout au long de l’événement.  

Lors des galas, les jeunes femmes sont tout de même coiffées, maquillées et habillées de belles robes. Mais selon l'organisation, cette initiative ne permet pas de gagner des points; elle existe pour faire vivre une expérience hors du commun aux jeunes filles, explique la directrice des activités de Miss Québec, Dominique Daoust. L’évaluation ne se base pas sur l’apparence, et il n’y a pas de défilé en maillot de bain comme on peut en voir ailleurs. «On est vraiment ailleurs, confie la directrice des activités de Miss Québec, Dominique Daoust. Mais je pense que ce sera toujours des préjugés auxquels on va devoir faire face.» 

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«Pourquoi moi? Je ne suis pas spéciale», s'était d'ailleurs demandé Kathryne Gervais, une autre ancienne candidate, de Miss Teen Québec cette fois-ci, lorsque l’organisation faisait du recrutement pour le concours dans un festival. Elle faisait référence aux standards de beauté instaurés pas les concours de beauté les plus connus, auxquels elle pensait ne pas correspondre. 

Kathryne Gervais

Courtoisie Miss Québec

Kathryne Gervais

La Miss Québec 2019 affirme que «les lauréates [de chaque édition] viennent toutes de différents milieux, c’est aussi très inclusif». Celle qui est présentement en lice pour le concours de personnalité Miss Canada croit que c’est sa personnalité «bubbly» et attachante qui l’a démarquée des autres. 

Les femmes trans sont-elles acceptées? 

Il existe une panoplie de concours de «Miss», à l’échelle provinciale, nationale ou internationale. Si certains sont plus accessibles et axés d’abord sur la personnalité, d’autres comportent des critères physiques vivement critiqués. 

En 2012, le concours Miss Universe a été forcé de revoir ses critères de sélection en raison de la controverse concernant la disqualification de la candidate transgenre canadienne Jenna Talackova, parce qu’elle n’avait pas été assignée femme à la naissance.  

Les choses ont changé : Miss Nevada 2021, Kataluna Enriquez, sera la première femme transgenre des États-Unis à concourir pour le titre de Miss Universe USA. 

Kataluna Enriquez, alias Miss Nevada 2021

AFP

Kataluna Enriquez, alias Miss Nevada 2021

Du côté de Miss World, on ne semble vraiment pas encore être rendu là, selon les critères de sélection disponibles sur le site web canadien. «Une candidate à Miss World® Canada ne peut pas être mariée, divorcée, avoir un mariage annulé ou donné naissance à un enfant, et il s’agit d’un concours pour les candidates de sexe féminin à la naissance.» Ça élimine bien des gens!  

L’organisation de Miss Québec assure qu’aucun critère de la sorte provoquerait le rejet d’une candidature. 

Pas tous du même avis 

Selon Hélène Gosselin, directrice de l’Institut - Femmes, Sociétés, Égalité et Équité de l’Université Laval, le fait qu’on maquille, habille et coiffe les jeunes femmes même dans un concours axé sur la personnalité appelle quand même les participantes à aspirer à un idéal de la femme. «On leur demande d’être belles, mais en plus d’être intelligentes», avance-t-elle.

Questionnées à ce propos, Kathryne et Mélyka nous ont dit qu’elles n’ont jamais ressenti une pression quelconque dans le processus. 

Miss Québec en sera à sa 60e édition cette année (les inscriptions sont ouvertes) et comporte trois catégories d’âge – pré-teen (8 à 12 ans), teen (13 à 17 ans) et adulte (18 à 30 ans).  

La catégorie pré-teen rappelle malgré elle le concours «Mini-miss», qui avait fait bien jaser au Québec en 2013. Le concours avait soulevé un tollé de critiques en raison du très jeune âge des participantes, même si les organisatrices assuraient que les critères étaient basés sur la personnalité. «Comment se perçoivent ces gamines à travers ces concours? Veut-on, comme société, valoriser le superficiel dès la jeune enfance? Sommes-nous esclaves de ces modèles féminins pourtant remis en question dans l'univers adulte?» avait clamé une lettre ouverte signée entre autres par la commentatrice féministe Léa Clermont-Dion au moment des faits. 

À ce sujet, la directrice des activités pour Miss Québec répond que la catégorie a été créée pour répondre à une demande, soit de pouvoir inscrire deux sœurs ensemble au concours.  

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