Inondations liées aux changements climatiques: une dame de 93 ans forcée de quitter sa maison après 67 ans | 24 heures
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Inondations liées aux changements climatiques: une dame de 93 ans forcée de quitter sa maison après 67 ans

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Une femme de 93 ans a été contrainte d’abandonner sa maison des 67 dernières années pour une résidence de personnes âgées après une énième inondation, celle de trop, à Sainte-Marie-de-Beauce.

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«Ça m’a rendue très malheureuse, raconte candidement Béatrice Vachon. Parce que moi, mon idée, ce n’était pas de partir tout de suite.» 

Depuis ses 26 ans, elle vivait au 283 rue Saint-Louis, à Sainte-Marie-de-Beauce, une petite ville située près de Lévis, traversée par la rivière Chaudière. 

«On n'en avait pas, de l’eau, au début, c’est pour ça qu’on a décidé de finir notre sous-sol. On se disait: on n’aura jamais d’eau», raconte-t-elle. 

Victime des changements climatiques 

Mais, à sa surprise, une première grosse inondation est survenue en 1991.  

«Après, ç’a continué. Ça augmentait un peu chaque année, dit-elle. Un mois avant le printemps on commençait à être énervés. On se disait: est-ce qu'on va avoir de l'eau? Est-ce que ça va rentrer dans mon sous-sol? On ne le savait jamais.» 

La dame s'explique mal comment sa rue a pu devenir une zone inondable alors que la rivière Chaudière n’était jamais sortie de son lit à cet endroit avant 1989. 

«Ils nous ont parlé des changements climatiques, mentionne-t-elle. On le réalisait que c'étaient des changements qui n'avaient aucun sens.» 

Au terme d’une énième inondation survenue en 2019, plus grosse que toutes les précédentes, Québec a décidé d’interdire la reconstruction et de relocaliser les gens qui étaient aux abords de la rivière. 

Comme tous ses voisins, Béatrice Vachon a été contrainte d’abandonner sa maison qui a finalement été détruite l’automne dernier. 

«Quand j'ai su que tout le monde serait défait, j'ai consenti parce que je ne me voyais pas seule dans la rue Saint-Louis», explique-t-elle.  

Une nouvelle vie 

La dame a, depuis, emménagé dans une résidence pour aînés située près de son ancienne maison.  

«C'était un choc de partir après tant d'années. J'y suis rentrée à 26 ans. Là, je vais avoir 94 ans. C'est toute ma vie», confie-t-elle. 

Mais, sur son balcon, au neuvième étage de sa résidence, elle a vue sur son ancien terrain et les deux érables que son mari y avait plantés à leur arrivée, ce qui la réconforte.  

Mme Vachon assure être sereine malgré tout.  

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