Chaleur extrême, sécheresse: un record de feux de forêt pour un mois de juillet | 24 heures
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Chaleur extrême, sécheresse: un record de feux de forêt pour un mois de juillet

Image principale de l'article Un record de feux de forêt pour un mois de juillet
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Jamais il n'y a eu autant de feux de forêt pendant un mois de juillet que cette année. Les incendies qui ont fait rage partout dans le monde le mois dernier sont en effet les pires qui aient été enregistrés pour cette période depuis le début du traçage par satellite, en 2003. Et c'est loin d'être fini: des feux de forêt continuent de menacer plusieurs régions du monde.

Alimentés par des épisodes de chaleur extrême et de sécheresse, les incendies ont libéré pas moins de 343 mégatonnes de carbone. 

Comme le rapporte le quotidien britannique The Guardian, c'est 20% de plus que le dernier sommet, qui avait été atteint en juillet 2014. Il s’agit d’un autre triste record qui rappelle les impacts du réchauffement de la planète.  

L’Amérique du Nord et la Sibérie   

Plus de la moitié des émissions de carbone ont émané de l’Amérique du Nord et de la Sibérie, où des températures inhabituellement chaudes et sèches ont été enregistrées dans les dernières semaines.  

Dans l’ouest du Canada et des États-Unis, les feux de forêt ont été provoqués par des vagues de chaleur records. 

Rappelons que le Canada a battu son record de chaleur à la fin du mois du juin, lorsqu’une température de 49,5 °C a été enregistrée dans le village de Lytton, en Colombie-Britannique.  

Aux États-Unis, la situation demeure critique en Californie. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un incendie, baptisé «Dixie Fire», a ravagé la municipalité de Greenville. 

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Dixie Fire a détruit une ville de 800 habitants, Greenville, en Californie.

AFP

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Dixie Fire a détruit une ville de 800 habitants, Greenville, en Californie.

Ce feu de forêt est à ce point monstrueux qu’il génère désormais ses propres phénomènes météo.  

En Sibérie, la plupart des forêts de la République de Sakha ont été saccagées par les flammes et des nuages de fumée toxique se sont rendus aussi loin qu'au pôle Nord.  

La Rébublique de Sakha, en Sibérie

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La Rébublique de Sakha, en Sibérie

L’Europe aussi touchée  

Il n'y a pas que l'Amérique du Nord et la Sibérie qui soient touchées par des feux de forêt. En Europe, plusieurs pays en Méditerranée centrale et de l’est connaissent un début de saison des feux particulièrement inquiétant.  

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La semaine dernière, la chaleur émanant des feux en Turquie était quatre fois plus élevée que le record précédemment enregistré. Jusqu’à présent, 128 000 hectares ont été détruits par les flammes en Turquie, soit huit fois plus qu’à l’habitude, selon l'European Forest Fire Information System.  

Selon ces mêmes données, 80 000 hectares de forêt ont brûlé en Italie en juillet, ce qui est quatre fois plus que la moyenne enregistrée entre 2008 et 2020. Jusqu'en juin, le pays avait pourtant été épargné par les incendies. À Chypre, le nombre de secteurs rasés par les flammes est huit fois plus élevé que la moyenne des années précédentes, tandis qu'il a doublé en Grèce. 

L’Espagne, la France, l’Albanie et la Macédoine du Nord doivent aussi combattre plus d'incendies qu'à la normale. 

Finalement, des avertissements de risque «très extrême» ou «extrême» d'incendies ont été émis presque partout dans le sud du continent européen, qui est touché par des sécheresses. 

Le pire à venir?     

Et le plus inquiétant, dans tout ça? Le pire reste peut-être à venir. 

En effet, de nombreuses régions du globe n’ont toujours pas atteint leur sommet de la saison des incendies. C'est notamment le cas de l'Amérique du Sud et de l’Afrique, qui comptent pour une plus grande part d’émissions de carbone liées aux feux de forêt que l’Europe.