Constats alarmants du GIEC: Québec croit en son plan | 24 heures
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Constats alarmants du GIEC: Québec croit en son plan

Le ministre de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Le ministre de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette

Si les conclusions du plus récent rapport du GIEC sont pires que prévu, le gouvernement de François Legault garde le cap. Son «plan vert» permettra au Québec d’atteindre ses objectifs, assure le ministre Benoit Charette.

«Nous avons fermement l’intention de respecter les cibles que nous nous sommes fixées pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines années, a souligné le ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques dans une réponse écrite, lundi. Le dépôt du Plan pour une économie verte 2030, avec ses actions et objectifs précis, en fait la preuve.»

Les plus récentes prévisions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sont parues tôt dans la journée, lundi, à l’intérieur d’un épais document de plus de 3000 pages.

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Selon la branche environnementale de l’Organisation des Nations unies (ONU), la planète est plus proche que jamais de l’irréversible. Le réchauffement global de +1,5 °C menace désormais d’arriver en 2030, 10 ans plus tôt que ce qui avait été estimé.

«Le rapport du GIEC démontre, une fois de plus, l’urgence d’agir, non seulement pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES), mais également pour nous adapter aux changements climatiques», a indiqué par écrit le ministre Charette.

«En colère»  

Chez Québec solidaire, le tout récent rapport du GIEC a été accueilli avec «colère». «Je suis fâché parce que les scientifiques sont catégoriques depuis des décennies. Chaque fois, les scientifiques haussent le ton, et, chaque fois, les politiciens échouent», a martelé le co-porte-parole du deuxième groupe d’opposition, Gabriel Nadeau-Dubois, en entrevue avec le 24 Heures.

À ses yeux, l’«inaction» de François Legault est partiellement responsable de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre au Québec. Le Plan pour une économie verte, dit-il, «est complètement décalé par rapport à la réalité scientifique».

«Il faut absolument le revoir et mettre des mesures contraignantes», a-t-il souligné.

Déposé en novembre, le «plan vert» gouvernemental doit permettre au Québec d’avoir réduit ses émissions de GES de 37,5% en 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Or, aux dernières nouvelles, les mesures inscrites à l’intérieur du plan ne permettent d’atteindre que la moitié de ces cibles.

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«Déjà là, il y a un problème. C’est nettement insuffisant», a affirmé le porte-parole en matière d’environnement du Parti québécois, Sylvain Gaudreault.

À Québec, on assure que le plan sera mis à jour annuellement pour réduire l’écart substantiellement d’ici 2030. Selon Sylvain Gaudreault, il suffit de mettre une croix sur le projet de troisième lien entre Québec et Lévis pour rapidement améliorer les chances de remplir les cibles québécoises.

«Il faut absolument que M. Legault passe à l’action», a-t-il dit.

«Nous devons investir agressivement dans les technologies propres de demain, celles qui nous permettront aussi de poursuivre un virage vers les énergies renouvelables.» - Dominique Anglade, cheffe de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale