Dans l’univers musical d’EMAN | 24 heures
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Dans l’univers musical d’EMAN

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Fier pionnier de la communauté rap de Québec, le membre fondateur d’Alaclair Ensemble a profité de la dernière année pour laisser aller sa créativité débordante.  

  • Image: Sébastien Dorion        

Le rappeur Emmanuel Lajoie‐Blouin, mieux connu sous le nom Eman, lançait plus tôt cette année l’album JEFFERSON CHIEF (Un cheval québécois), en collaboration avec DJ GENERICTM. Et il se produira dans le cadre du Festival MURAL le 13 août, en compagnie de Sarahmée et Jamaz

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En plus de son CV impressionnant en tant que musicien et rappeur, son érudition musicale et sa curiosité l’ont amené à explorer plus d’un genre en tant que mélomane averti. 

As-tu été plus productif durant la pandémie?

Oui. C'était cool pour ça, j'ai vraiment gardé le focus sur la création. 

En quoi la scène hip-hop de Québec diffère-t-elle de celle de Montréal?

Quand j’étais jeune, parce que Québec est plus petit, les gens étaient tout de suite enclins à collaborer ensemble. Les gens plus vieux que nous, comme les gens de Limoilou Starz, comme Webster, ont tout de suite voulu travailler avec nous. 

Qu'est-ce qui jouait dans la maison quand tu étais jeune?

Mon père est un énorme fan de jazz. Thelonious Monk, Miles Davis. Il a eu, aussi, une passe Jimi Hendrix. Il y avait beaucoup de musique afro-américaine qui jouait chez moi. Mes parents écoutaient aussi un peu de chanson française, comme Jacques Brel.  

Quand je suis tombé dans la collection de vinyles de jazz de mon père, je me suis rendu compte que j'avais tous les vinyles pour faire de l’échantillonnage.  

Écoutais-tu des groupes comme A Tribe Called Quest, qui utilisaient beaucoup de sampling de jazz?

Oui, à fond! Ces beatmakers m’ont beaucoup touché. Comme Q-Tip, par exemple.

Ma grande sœur avait beaucoup écouté l’album Like Water for Chocolate de Common. Et des trucs d'Erykah Badu, aussi. J'ai découvert que, dans la discographie de ma sœur, le dénominateur commun, c’était J Dilla. Tous les albums sur lesquels elle trippait étaient produits par J Dilla. 

Quel album t’a fait découvrir le hip-hop?

Naughty by Nature, c'est la première cassette que j'ai demandée à mes parents. C’est l'album avec O.P.P. Puis j'ai été introduit à Kriss Kross. J'avais pas tant trippé, mais j’avais des amis qui s’habillaient avec les pantalons à l'envers. C’était très drôle. 

Un de mes bons amis me faisait écouter Cypress Hill, Wu-Tang Clan. Il fallait choisir entre le East Coast et le West Coast. J'ai choisi East Coast, à cette époque, mais j’aurais clairement choisi West Coast, en fait.  

As-tu déjà «triché»?

J'ai absolument triché! Quand 2Pac sortait un truc, on l'écoutait! Quand Notorious B.I.G. est devenu super jiggy avec les bateaux, les filles en bikini, là, j’étais pas sûr du East Coast. 

Le premier album de rap québécois que tu as aimé?

514-50 dans mon réseau de Sans pression. Aussi, L'accent grave d’Yvon Krevé. Mais si tu me le demandes aujourd’hui, avec du recul, j'ai l'impression que le meilleur groupe de rap québécois qui a jamais existé, c’est vraiment Muzion

Quel artiste t’a donné le goût de faire de la scène?

Jimi Hendrix. J'ai réussi à avoir une vidéo en VHS d’un de ses spectacles. Je venais de découvrir la guitare, aussi. Je me suis dit: «C’est du pur génie!» Son attitude était parfaite. 

À part Jimi Hendrix, écoutes-tu d'autres artistes d’un autre style que le rap?

Il y a plein d’artistes de jazz contemporain des États-Unis que j'admire: Thundercat, Robert Glasper, le batteur Karriem Riggins. Des gens qui ne sont pas nécessairement dans le rap, mais qui connaissent tout de cette culture-là. Ils baignent dedans. 

Une des rencontres marquantes de ta carrière?

J'ai rencontré The Roots à Québec. Ils nous ont invités dans leur loge. J'ai eu la chance de parler avec eux, mais j’étais beaucoup trop gêné. Je pense que je n'ai rien dit. (Rires)  

Dans la jeune génération de rappeurs, qui est à surveiller, selon toi?

Il y a un chanteur, plus R’n’B que rap, qui s’appelle Amen Deniro. Un autre qui est vraiment fort, aussi: Whitie. À mon sens, ils sont déjà de très grands musiciens. 

Le rap a pris plus de place dans l'industrie de la musique au Québec. Penses-tu qu'il y a encore beaucoup à faire?

Je vois que la porte est totalement ouverte. La balle est dans notre camp. C’est à nous de continuer à être pertinents et de faire des choses qui sont intéressantes. 

Ça me fait rigoler, les gens qui disent: «Ah! L’industrie ci, l’industrie ça...» Tu leur demandes: «Connais-tu 2Frères?» et ils te répondent: «Ben non!» Tu demandes: «Connais-tu Louis-Jean Cormier?» ils te disent non. Donc, tu ne connais pas l’industrie de la musique au Québec! 

Ton meilleur documentaire sur le hip-hop, ce serait quoi?

J'ai beaucoup aimé Hip-Hop Evolution. Aussi, The Defiant Ones, le documentaire sur le boss des disques Interscope. C’est incroyable! D’un côté, tu as le parcours de Jimmy Iovine, d’Interscope, et, d’un autre côté, tu as le parcours de Dr. Dre. J'ai beaucoup aimé le documentaire sur A Tribe Called Quest (Beats, Rhymes and Life: The Travels of a Tribe Called Quest). 

As-tu gardé du vieil équipement de tes anciens projets, par attachement sentimental?

J’ai un clavier Juno 106. De temps à autre, je le dépoussière un peu. Mais je suis pas tant un gear freak. À un moment donné, je voulais une guitare électrique pour enregistrer. Je suis allé au pawn-shop et j’en ai acheté une à 60 piastres. Comme ma basse, aussi, elle vaut 60 piastres. 

Je viens d'un milieu très modeste et on dirait que ça m'a toujours suivi. J’ai quasiment peur des dépenses. Il y a un mot péjoratif pour ça... Gratteux. (Rires) 

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