Changements climatiques: nous avons quatre ans pour plafonner les émissions mondiales de GES | 24 heures
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Changements climatiques: nous avons quatre ans pour plafonner les émissions mondiales de GES

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Les émissions de gaz à effet de serre (GES) doivent atteindre leur plus haut niveau d’ici quatre ans, indique une version préliminaire du troisième volet du rapport du GIEC, dont les conclusions ont été dévoilées par un groupe de scientifiques. 

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Les premières conclusions du dernier volet du sixième rapport du GIEC ne laissent pas de placent à la demi-mesure: les émissions de GES doivent atteindre leur plus haut niveau au plus tard d’ici quatre ans, les centrales électriques fonctionnant au charbon et au gaz doivent fermer à l’intérieur de la prochaine décennie et on devra impérativement modifier nos modes de vie si on souhaite éviter un bouleversement climatique. 

Le groupe de scientifiques responsable de la fuite de ce rapport préliminaire craignait que ses conclusions ne soient diluées par les gouvernements avant sa publication officielle, prévue pour mars 2022. 

Ce troisième volet du 6e rapport du GIEC, dont les principales recommandations ont été dévoilées par le magazine espagnol CTXT, puis reprises par le journal The Guardian, porte sur les solutions qui doivent être mises de l’avant pour lutter contre les changements climatiques.

Le premier volet du 6e rapport, qui a fait réagir le monde entier cette semaine, a été dévoilé ce lundi. Le deuxième volet, qui portera plus particulièrement sur les conséquences des changements climatiques, doit être publié en février 2022.  

Au total, ce sont plus de 116 000 hectares qui sont partis en flammes en Grèce depuis la fin du mois de juillet, en raison des nombreux feux de forêt qui ont ravagé le pays.

AFP

Au total, ce sont plus de 116 000 hectares qui sont partis en flammes en Grèce depuis la fin du mois de juillet, en raison des nombreux feux de forêt qui ont ravagé le pays.

Les plus riches dix fois plus responsables 

Le rapport souligne que la responsabilité en matière de pollution et d’émissions de GES n’est pas également partagée. Les 10% de la population mondiale les plus riches émettent entre 36% et 45% des émissions mondiales, soit dix fois plus d’émissions que les 10% de la population les plus pauvres. Ces derniers sont responsables de 3 à 5% des émissions mondiales.

Le rapport souligne également l’importance de transformer les modes de vie, en particulier dans les pays les plus riches. Éviter de chauffer ou de climatiser inutilement les logements, prioriser la marche ou le vélo, éliminer les voyages en avion et diminuer l’utilisation d’appareils énergivores peut contribuer à limiter significativement les émissions de gaz à effet de serre.

Le réchauffement de la planète pourrait atteindre le seuil de +1,5°C autour de 2030, soit dix ans plus tôt qu’estimé, indique le GIEC dans le premier volet de sont 6e rapport, dévoilé lundi.

AFP

Le réchauffement de la planète pourrait atteindre le seuil de +1,5°C autour de 2030, soit dix ans plus tôt qu’estimé, indique le GIEC dans le premier volet de sont 6e rapport, dévoilé lundi.

Éviter la consommation de viande 

Le régime alimentaire des pays riches devra également être modifié. 

«Une transition vers des régimes alimentaires avec une part plus élevée de protéines végétales dans les régions où la consommation de calories et d'aliments d'origine animale est excessive peut entraîner des réductions substantielles des émissions, tout en offrant des avantages sur le plan de la santé... Les régimes alimentaires à base de plantes peuvent réduire les émissions jusqu'à 50% comparativement au régime occidental moyen à forte intensité d'émissions», indique le rapport.

L’investissement requis pour que l’économie mondiale se transforme en une économie à faibles émissions est également loin d’être atteint. Les investissements actuels représentent 20% de ce qui serait nécessaire, et ce, uniquement pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de la limite des 2 degrés Celsius, prévient le rapport. 

De son côté, le GIEC n’a pas commenté la fuite du document en question et a souligné que le processus de rédaction visait à donner du temps aux scientifiques pour qu’ils puissent développer leur évaluation sans commentaires externes. Jonathan Lynn, responsable de la communication au GIEC, a par ailleurs indiqué au journal The Guardian que les conclusions dévoilées ici avaient déjà changé dans la dernière version mise jour.