Oui, ça vaut la peine de faire les réunions d’équipe en personne | 24 heures
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Oui, ça vaut la peine de faire les réunions d’équipe en personne

Image principale de l'article Oui, les réunions d'équipe c'est mieux en personne

Devrait-on organiser la prochaine rencontre au bureau, ou sur Teams/Zoom? Avec le retour au travail en mode hybride, cette question risque de revenir souvent. On l'a posée à un neuropsychologue qui nous a confirmé que, à quelques exceptions près, on gagne à faire les rencontres d'équipe en personne.

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Voici les principaux avantages que relève François Richer, professeur au département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal. 

Donner de la place à chaque personnalité  

Connaissez-vous un collègue super jasant et enthousiaste, mais qui semble un peu s'éteindre dans les rencontres par caméra?

François Richer remarque que les rencontres virtuelles ont tendance à altérer la personnalité d’un individu, la plupart du temps en l’inhibant plutôt qu’en l’accentuant. «Si la personnalité est atténuée, il n’y aura pas d’émulation», soit ce désir de performer comparativement à ses collègues, remarque-t-il. 

Une rencontre en personne permet donc d'accéder à la personnalité - et aux idées - de chacun. 

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Se sentir nécessaire (et socialiser)   

D'ailleurs, quand on passe de 35 à 40 heures (voire plus!) à travailler chaque semaine, socialiser avec ses collègues et se sentir à sa place, c'est loin d'être un caprice. 

«On a besoin de notre dose de chaleur humaine qui est absente dans les rencontres virtuelles», souligne François Richer. «On a besoin d’affection, de se sentir à notre place et qu’on est accepté, mais surtout de se sentir quelque part où on a besoin de nous», ajoute le neuropsychologue.  

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Ce sentiment d’appartenance peut difficilement être obtenu lors d’une rencontre en ligne, croit-il, ce qui représente un frein à l’obtention d’une certaine satisfaction sociale. C’est pourtant un élément essentiel des réunions de travail, au-delà de leur contenu.  

«C’est possible de socialiser dans une certaine mesure, de faire une blague ou du small talk» lors d’une réunion virtuelle, explique-t-il, mais elle mise avant tout sur le contenu.  

Tous ces aspects affectent directement l’imagination : «on n’aura pas la même quantité ou qualité d’idées», ce qui rend les rencontres de brainstorming beaucoup plus complexes. 

Et la productivité?  

Selon un sondage de Statistique Canada publié en avril 2021, 90% des télétravailleurs considèrent être au moins aussi productifs en travaillant de la maison comparativement à leur lieu de travail habituel. D'ailleurs, 58% des répondants affirment faire plus ou moins la même quantité de travail à l’heure et 32% des participants déterminent en faire plus à l’heure.  

Ces données semblent formidables, et on peut être tentés de s'appuyer sur celles-ci pour rester cantonnés dans les réunions virtuelles. 

Mais le neuropsychologue est d’avis que «les statistiques sont biaisées», et précise qu'on «ne peut pas demander aux gens de déterminer leur propre productivité».  

L’efficacité en télétravail va aussi grandement dépendre de l’industrie et du caractère d’une personne, ajoute M. Richer. Pour certains, la productivité peut grandement avoir augmenté, comme chez les personnes introverties, alors que ça sera le contraire pour d’autres.  

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Ça dépend aussi du type de tâches : on peut être très productif en rédaction quand on est seul chez soi sans distractions, mais on ne peut pas appliquer la même logique à un brainstorm en équipe.

Le mode hybride, un entre-deux idéal  

«Bien sûr [une rencontre au bureau] a des désavantages comme le transport et les frais de transport ainsi que les loyers de bureaux, reconnaît François Richer, mais n’oublions pas ses avantages affectifs qui changent beaucoup de choses.» 

Considérant les préférences de chacun qui divergent, le travail en mode hybride représente une option alléchante, estime M. Richer. «C’est la meilleure façon d’attraper le meilleur des gens dans les deux situations», souligne-t-il.  

«En général, le mode hybride va être au moins équivalent au travail au bureau à temps plein», considère M. Richer. Il se réjouit donc de voir que les entreprises optent de plus en plus pour cette option. 

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