Travail en mode hybride: qui doit payer pour le deuxième bureau? | 24 heures
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Travail en mode hybride: qui doit payer pour le deuxième bureau?

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Illustration Pascal Blanchet

L’ère du télétravail à temps plein est (presque) révolue: place au mode de travail hybride. Maintenant que de nombreux travailleurs auront deux bureaux – un à la maison et l’autre sur le lieu de travail –, il faut penser à s’équiper aux deux endroits. Qui paie quoi? Des experts répondent à la question. 

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L'employeur n'est pas obligé de payer  

Si votre employeur ne vous a pas offert au début de la pandémie un montant d'argent pour que vous puissiez vous installer un bureau à la maison, il est fort probable qu’il vous ait permis d’emprunter de l’équipement.  

Avec un retour – même à temps partiel – au bureau, votre équipement emprunté devra vous y suivre. Si vous vous retrouvez avec un bureau vide à la maison, vous devrez donc vous équiper à nouveau pour pouvoir continuer à y travailler.  

Maintenant, la question qui tue : qui doit payer quoi dans cette situation pour combler l’équipement manquant? La réponse courte : c’est l’employé qui doit délier les cordons de sa bourse. 

«Il n’y a pas de règle qui détermine qui fournit les outils de travail. En théorie, c’est le contrat d’emploi qui régit cet aspect-là, mais peu de contrats d’emploi avaient vu venir à l’avance la pandémie. Une règle n’était donc pas établie d’avance», explique Me André Sasseville, avocat en droit du travail et de l’emploi et associé au cabinet Langlois.  

Il est tout de même dans l’intérêt d’un employeur que son employé soit confortable même en télétravail. C’est pour ça que plusieurs ont offert à leurs salariés un montant forfaitaire unique pour se munir d’une chaise et d’un bureau ergonomiques, ajoute le juriste. 

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Pas déductible d'impôts  

Si votre employeur ne vous aide pas à vous équiper et que vous êtes un salarié, vous ne pouvez malheureusement pas non plus déduire les dépenses liées à l’achat de mobilier de vos revenus imposables au moment de produire votre déclaration de revenus. 

Marie-Samuelle Constant, experte-comptable à son compte, suggère tout de même de s’équiper convenablement. «Il faut garder en tête que c’est un investissement dans quelque chose qui est bon pour soi.»  

Mme Constant conseille également de surveiller les manchettes pour voir si une déduction d’impôt pour les achats d’équipements pour le télétravail sera de nouveau mise en place par le gouvernement en 2021 comme c’était le cas pour la déclaration de revenus 2020.  

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Le télétravail ne peut pas être obligatoire  

En ce moment, la situation d’urgence liée à la pandémie permet aux employeurs de forcer leurs équipes à travailler de la maison.  

Normalement, il est interdit d’imposer le télétravail, que ce soit à temps partiel ou à temps plein (sauf si c'est convenu dans le contrat de travail). «Ce serait contraire à la viabilité de la vie privée de l’employé que de l’obliger à s’installer dans [son milieu de vie privée] pour offrir sa prestation de travail», précise Me Sasseville. 

Un employé syndiqué pourrait déposer un grief si son employeur continue à l’obliger de travailler de son domicile. Pour un employé non syndiqué dans la même situation, il est conseillé de consulter la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour s’informer des recours qui s’offrent à lui.

La pandémie change toutefois la donne. «Comme il y avait une question de sécurité en cause, l’obligation du télétravail a été permise tout le temps de la COVID-19», dit Me Sasseville.  

Il ajoute cependant qu’au moment où la situation reviendra à la normale, on peut présumer que les employés auront droit aux recours habituels si l’obligation se poursuit. 

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