Une hospitalisation sur cinq concerne une personne pleinement vaccinée: y a-t-il lieu de s’inquiéter? | 24 heures
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Une hospitalisation sur cinq concerne une personne pleinement vaccinée: y a-t-il lieu de s’inquiéter?

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Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

Selon les données de la Santé publique, environ le cinquième des nouvelles hospitalisations liées à la COVID-19 concernent des personnes entièrement vaccinées depuis plus de sept jours. Est-ce dire que les vaccins ne sont pas efficaces? On vous dit ce qu’il en est.

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Même si ce chiffre peut sembler alarmant, rassurez-vous: oui, le vaccin demeure efficace. Tout est une question de présentation des données, affirme Alain Lamarre, professeur en immunologie et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

«Si on rapporte uniquement le nombre de cas, ça ne tient pas compte du fait qu’en matière de proportion [de la population totale], il y a beaucoup plus de personnes qui sont vaccinées que non vaccinées. Alors, si on ramène les chiffres sur 100 000, on élimine le biais et on règle le problème statistique», indique M. Lamarre. 

On a donc ressorti nos notions de «math 436» des boules à mites pour transposer ces données de manière proportionnelle, comme le suggère le virologue. Ainsi, le taux d’hospitalisation, chez les personnes pleinement vaccinées, est de 0,6 pour 100 000 habitants et de 4,5 pour 100 000 personnes non vaccinées. Et, pour les personnes partiellement vaccinées, ce taux est de 2 pour 100 000.

«De cette façon, on voit le vrai taux de protection [des vaccins], qui est de l’ordre de 95% pour les hospitalisations», résume Alain Lamarre.

Il ajoute que les personnes pleinement vaccinées et actuellement hospitalisées sont probablement soit âgées, soit immunosupprimées, donc déjà très à risque. 

Pas efficaces à 100%

Or les vaccins contre la COVID-19, faut-il le rappeler, ne sont pas efficaces à 100%. Les études cliniques démontrent un taux d’efficacité de 95% contre les formes graves de la maladie et les hospitalisations. Ce taux monte à 99% en ce qui concerne les décès, souligne Alain Lamarre. 

De toute façon, même si 100% de la population était vaccinée, ce ne serait pas possible qu’il y ait zéro infection et zéro hospitalisation, en raison, justement, du 5% d’efficacité manquant des vaccins, ajoute l’immunologue. 

«Il va toujours y avoir des infections, même chez les gens vaccinés, parce que certains d’entre eux répondent moins bien ou leur système immunitaire est affaibli.» 

Une nouvelle présentation des statistiques?

Alain Lamarre déplore que les statistiques soient présentées en nombre de cas et en pourcentage des cas totaux, pouvant ainsi créer de la confusion chez les non-initiés. Il espère que la Santé publique changera la méthode de présentation de ces données, pour qu’elles soient proportionnelles à chacun des statuts vaccinaux.

Son souhait pourrait bien s’exaucer, si l’on se fie au Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique. 

«On va probablement publier, sous peu, des graphiques qui vont [permettre d’éviter] de tomber dans le piège des proportions», a-t-il soutenu, mardi dernier, en point de presse. 

«C’est l’incidence qu’il faut regarder, pas les proportions [en pourcentage des cas]», avait-il ajouté.