Chaleur accablante: les temps sont durs dans les cuisines des restaurants | 24 heures
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Chaleur accablante: les temps sont durs dans les cuisines des restaurants

Sarah Royer prend une pause, loin des cuisines.
Photo Gabriel Ouimet

Sarah Royer prend une pause, loin des cuisines.

La vague de chaleur qui sévit depuis une semaine fait la vie dure aux restaurateurs montréalais, qui doivent prendre les grands moyens pour protéger leurs équipes.

Devant les températures annoncées cette semaine, avec des ressentis frôlant les 40 degrés Celsius, les propriétaires du café Monopole, situé dans le Vieux-Montréal, ont décidé de fermer leurs portes pour donner un répit à leur personnel.

«Déjà, la semaine dernière, c’était difficile pour les employés. Des températures comme ça, c’est dur sur le moral, parce que c’est plus fatigant, et sur le physique aussi. Ils avaient les joues rouges, ça pompait», explique Gabriel Gallant, copropriétaire de l’endroit.

En temps de grande chaleur, les températures peuvent atteindre des niveaux dangereux dans les cuisines, rappelle-t-il. 

«La température peut atteindre jusqu’à 50 degrés dans certaines cuisines. C’est extrêmement difficile d’endurer ça pendant un quart de travail de 7 ou 8 heures», mentionne-t-il.  

Mais ce n’est pas la seule raison qui a poussé le restaurateur à mettre temporairement les clés dans la porte. 

«Ce n’est pas tellement tolérable pour l’équipement non plus. Un de nos partenaires nous a contactés pour nous dire qu’on ferait mieux d’y penser à deux fois avant d’ouvrir, puisqu’il venait de perdre une machine à café et deux frigos en raison de la chaleur», dit-il. 

La semaine dernière, le restaurant St-Hubert de Rouyn-Noranda avait aussi décidé de fermer ses portes en raison de la chaleur accablante qui frappait l’Abitibi-Témiscamingue.

S’adapter à la chaleur  

Du côté du petit café Chez José, situé dans Le Plateau-Mont-Royal, la chaleur force la propriétaire Sarah Royer à s’adapter. 

«Nos moments les plus occupés, c’est le jour, quand la chaleur est à son comble. Donc, on a décidé de fermer une heure plus tôt cette semaine. Pour aider la cuisine, on essaie aussi de ne pas remplir le restaurant, afin d’éviter des périodes de rush trop intense», détaille-t-elle. 

En plus de l’inconfort, la chaleur influe sur l’humeur des clients, ce qui rend le service plus difficile, poursuit la restauratrice. 

«C’est difficile, parce que les gens sont impatients. Ils s’assoient en terrasse, mais ils ont hâte de partir. Ça crée une pression supplémentaire sur le service.» 

À quelques rues de là, au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Rachel, l’équipe du Patati Patata se faisait un point d’honneur de continuer le service, même si le thermomètre indiquait 35,9 degrés Celsius lors de notre passage. 

Le thermomètre affiche 35,9 degrés dans la cuisine du Patati Patata.

Photo Grabriel Ouimet

Le thermomètre affiche 35,9 degrés dans la cuisine du Patati Patata.

«On n’a pas l’air climatisé, donc ça monte rapidement. Ce midi, ça atteignait 40 degrés», précise le gérant de l’établissement, Pierre-Olivier Laprés.  

Selon lui, il n’y a pas de recette miracle pour contrer les effets de cette chaleur. 

«On ouvre les fenêtres et on boit beaucoup d’eau. On est tough!» lance-t-il avec fierté. 

Comme il n’existe pas de réglementation spécifique à la restauration en cas de chaleur accablante, les employeurs sont tenus d’appliquer les mêmes mesures de prévention que dans les milieux de travail, comme la construction.  

Ils doivent notamment ajuster le rythme de travail en fonction de la température, augmenter la durée et le nombre des pauses et s’assurer que les employés aient accès à de l’eau fraîche en quantité suffisante. 

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