Retour en classe et pénurie de main-d’œuvre: «Les étudiants peuvent jouer un rôle important» | 24 heures
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Retour en classe et pénurie de main-d’œuvre: «Les étudiants peuvent jouer un rôle important»

Image principale de l'article Les employeurs demandent aux jeunes de travailler
Dominick Gravel/Agence QMI

Avec la rentrée, plusieurs employeurs craignent une aggravation de la pénurie de main-d’œuvre qui leur cause déjà des maux de tête. Certains montrent du doigt la prolongation de la PCRE jusqu’en octobre, qui aurait contribué à cette crise. Portrait de la situation. 

Après une saison difficile pour les restaurateurs et le secteur touristique, voilà qu’une bonne partie du bassin de travailleurs saisonniers retourne sur les bancs d’école. Mais dans le contexte actuel, les étudiants peuvent toujours faire la différence. 

«Les étudiants retournent à l’école, mais ils ont la capacité de contribuer à l’économie avec du travail à temps partiel. On les invite fortement à venir supporter et aider les employeurs dans cette relance qui n’est pas facile», lance Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec (CPQ). 

«Le nombre d’heures qu’ils peuvent donner aux entreprises, ce sera ça de fait. Il n'y a pas de demi-mesure, pas de petits gestes. Chaque heure est importante», ajoute-t-il. 

La PCRE, la vraie responsable de la crise?  

Au cours des dernières semaines, de nombreux employeurs ont jeté le blâme sur la Prestation canadienne de relance économique (PCRE) – anciennement la Prestation canadienne d’urgence (PCU) – pour expliquer les difficultés de recrutement. 

Cette aide financière de 600$ par semaine (540$ après retenues d’impôts), destinée aux personnes qui n’ont pas droit à l’assurance-emploi, «enverrait un mauvais signal au marché de l’emploi», selon Charles Milliard, de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

La mesure a été prolongée jusqu’à octobre 2021 et un peu plus de 128 000 Québécois sans emploi en bénéficient à l’heure actuelle. Cette aide n’a plus sa raison d’être et constitue un réel problème pour la relance économique, d’après le CPQ.

Selon Karl Blackburn, «compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre et de la relance économique, la PCRE aussi largement disponible et accessible n’a plus sa raison d’être dans cette forme». 

Ce dernier propose en revanche que des secteurs plus lourdement touchés, qui ont encore besoin d’un filet de sécurité en cette période de crise, puissent bénéficier de programmes adaptés. 

La pénurie en quelques chiffres  

Ce n’est plus une surprise: la pénurie de main-d’œuvre met un frein à la relance économique au Québec. Mais cet enjeu n’est pas né avec la pandémie. 

Depuis plusieurs années, la province fait face à une courbe démographique vieillissante. Résultat: toujours plus de retraités, et moins de travailleurs pour les remplacer. D’ici 2023, on estime que 77,4% des emplois à pourvoir le seront en raison de départs à la retraite, selon des données du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Pour le moment, près de 180 000 postes sont à pourvoir au Québec. Parmi les secteurs d’activité les plus touchés, on note la restauration, l’hôtellerie et le secteur de la santé. Par contre, la pénurie touche tous les secteurs d’activité, partout au Québec. D’après un sondage réalisé par le CPQ, 94% des entreprises soutiennent avoir des préoccupations relatives à l’embauche de personnel. 

Pour François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, la solution passe par «la formation et l’immigration des travailleurs temporaires étrangers». 

Le CPQ propose quant à lui 10 solutions à la pénurie de main-d’œuvre, comme valoriser l’excellence en innovation et en virage technologique et attirer les travailleurs expérimentés (à partir de 60 ans). Il appelle aussi le gouvernement à ajuster à la hausse les seuils d’immigration pour répondre aux besoins de main-d’œuvre. 

«Chaque année, on accumule un retard considérable, ce qui fait qu’aujourd’hui, il y a encore 180 000 postes disponibles. Ce n’est pas une situation liée à un certain bassin d’employés ou un secteur en particulier, c’est une situation liée à notre démographie», soutient Karl Blackburn. 

– Avec l’Agence QMI et Patrick Bellerose

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