Elles luttent pour mettre fin aux violences sexuelles dans les écoles | 24 heures
/bref

Elles luttent pour mettre fin aux violences sexuelles dans les écoles

Les membres du collectif «La voix des jeunes compte» devant la murale.
Photo Geneviève Abran

Les membres du collectif «La voix des jeunes compte» devant la murale.

Mettre en place une loi-cadre pour prévenir les violences sexuelles dans les écoles primaires et secondaires de la province: c’est ce que réclame au gouvernement du Québec La voix des jeunes compte, un regroupement formé de neuf filles.

Le collectif a fait part de ses recommandations mercredi après-midi, lors d’une conférence de presse devant le Complexe sportif Côte-des-Neiges, à Montréal. Au même moment, une murale portant sur le thème des violences sexuelles, coordonnée par l’organisme Prévention CDN-NDG et financée par la Ville de Montréal à travers le Programme d'art mural (PAM), a été inaugurée.   

Photo Geneviève Abran

«L’école est notre deuxième maison et c’est important que ça soit une place sécuritaire. Les violences sexuelles n’ont pas leur place dans les établissements scolaires et doivent être dénoncées», souligne Josiane, qui fait partie du regroupement.  

Une autre militante a raconté que les attouchements, le harcèlement et les agressions font maintenant partie de la vie à l'école, ajoutant qu’il y a souvent de la pression pour envoyer des nudes, et qu’elles sont parfois partagées sans consentement. 

Des demandes précises     

Le regroupement propose des campagnes de sensibilisation pour éviter que se perpétuent les violences sexuelles.  

«La prévention et la sensibilisation, ça commence tout jeune. Ce n’est pas par magie que ça va changer au cégep ou à l’université», insiste Kenza. 

«C’est important d’agir parce qu’on ne veut plus de victimes», ajoute Megan.  

Les jeunes femmes, âgées de 16 à 21 ans, souhaitent que les victimes de violences sexuelles puissent être mieux suivies. Elles veulent aussi que des mesures soient prises pour sanctionner les agresseurs et éviter que leurs gestes ne se répètent.  

Elles souhaitent finalement que tous les membres du personnel des établissements scolaires aient accès à des formations pour les conscientiser aux violences sexuelles et leur montrer comment agir lorsqu’ils sont témoins de comportements problématiques. 

Une longue lutte     

Déjà en mars 2018, ces mêmes jeunes femmes étaient intervenues, accompagnées de deux intervenantes, lors d’une séance du conseil des commissaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour dénoncer des comportements à caractère sexuel qui surviennent à l'école. Quatre ans plus tard, elles se désolent de l’inaction du gouvernement et invitent le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, à agir.   

«On demande une loi-cadre qui est connue par tous et qui est reconnue par le ministre Roberge et tous les établissements scolaires», souligne Megan.  

La députée indépendante et candidate à la mairie de Longueuil, Catherine Fournier, était présente et s’est engagée à soutenir les jeunes filles dans leur lutte. «J’ai beaucoup d’admiration pour vous depuis 2018, a lancé l’élue aux jeunes femmes. Il est temps que M. Roberge passe de la parole aux actes.»

En mars 2021, Mme Fournier avait déposé une motion demandant au gouvernement de François Legault d'améliorer la lutte en matière de violences sexuelles. La motion avait été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale. 

Les députés du Parti québécois et de Québec solidaire et porte-parole en matière d’éducation, Véronique Hivon et Christine Labrie, ont également donné leur appui politique à la cause avant l’évènement.

La conseillère de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal, Magda Popeanu, était aussi présente, tout comme plusieurs représentants d’organismes. 

À lire aussi

Et encore plus