La contraception masculine existe: on démystifie pour vous l’anneau thermique | 24 heures
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La contraception masculine existe: on démystifie pour vous l’anneau thermique

Image principale de l'article Messieurs, connaissez-vous l’anneau thermique?
Illustration Julie Verville

La pilule, le stérilet ou le timbre: le fardeau de la contraception repose généralement sur les épaules des femmes. Mais la contraception masculine existe. L’anneau thermique, aussi appelé anneau contraceptif, s’avère particulièrement prometteur. Mais ça mange quoi en hiver, cette affaire-là? On vous explique.  

C’est quoi, un anneau thermique?  

L’anneau thermique doit être porté 15 heures par jour autour du pénis. Il remonte les testicules pour en augmenter la température et ainsi faire cesser la production de spermatozoïdes. Pour être pleinement contraceptif, l’anneau doit être porté pendant trois mois. Pourquoi aussi longtemps? C’est le temps que ça prend avant qu’un cycle de spermatogénèse se termine.  

L’anneau thermique a été développé en France il y a 30 ans, mais reste encore un moyen de contraception méconnu et peu utilisé. 

Est-ce efficace?  

Les quelques études menées jusqu’à présent sont encourageantes: l’anneau serait tout aussi efficace que les méthodes de contraception féminines, soutient le Dr Marc Galiano, urologue français et auteur du livre Mon sexe et moi: Manuel pour comprendre et réparer son pénis.  

Le taux d’efficacité de la pilule se situe entre 91% pour une utilisation typique et 99,7% pour une utilisation parfaite. Quant au stérilet, avec ou sans hormones, il est opérant à 99,8% contre 99,7% pour le timbre. 

En ce moment, 15 patients du Dr Galiano utilisent l’anneau thermique. C’est une méthode qu’il recommande généralement aux hommes de 20 à 30 ans qui n’ont pas eu d’enfants. Toutefois l’anneau ne peut être adopté de façon permanente. 

«Il ne faut pas porter l’anneau plus de quatre ans, parce qu’on ne sait pas si la spermatogénèse pourrait repartir dans de bonnes conditions», prévient le Dr Marc Galiano. En d’autres mots: on ne sait toujours pas si la production de spermatozoïdes peut reprendre au-delà de cette période d’utilisation. 

Est-ce que ça fait mal?  

Dans les premiers temps, le port de l’anneau contraceptif peut s’avérer inconfortable, voire douloureux. Mais au bout de quelques jours, la douleur disparaît, assure Louis, un homme de 30 ans qui a récemment acheté son premier anneau thermique. 

Dans son cas, il lui a fallu trois jours pour s'habituer. Une fois la période d’adaptation passée, la douleur disparaît totalement. Il compare la sensation à celle que l'on éprouve en portant un pantalon serré. 

Selon lui, il suffit d’«être prédisposé mentalement avant de se lancer». Parce que, oui, «c’est une drôle d’affaire, de voir tes testicules partir d’en bas et remonter en haut du pénis», reconnaît le Montréalais. «C’est une drôle de sensation!» 

«Après quelques fois, le mouvement se fait beaucoup plus facilement et l’anneau se porte bien dans mes activités quotidiennes», assure-t-il.  

Capture d'écran, thoreme.com

Même s’il n'utilise l’anneau que depuis un mois, Louis soutient que les avantages dépassent largement les inconvénients. «La somme des désagréments associés à la contraception hormonale [comme la pilule ou le stérilet] est beaucoup plus importante [pour les femmes] que la somme des désagréments associés [...] au port de l’anneau», estime-t-il. 

Seul hic: l’accès difficile à un spermogramme au public. Un tel examen peut couter 200 à 250$ dans une clinique privée, souligne Louis. Ce test est essentiel, puisqu’il permet de connaître le taux de spermatozoïdes et de s’assurer de l’efficacité de l’anneau. 

L’anneau, un geste féministe?  

Pour Louis, les hommes qui se disent féministes et progressistes devraient considérer l’anneau thermique. «C’est une réflexion fondamentalement féministe d’équité dans la relation entre l’homme et la femme», affirme-t-il. 

«Au moins, dans les couples hétérosexuels, juste d’en parler, d’envisager l’option, de dire que c’est possible que la contraception ne soit pas exclusivement dans l’univers de la femme et qu’il y a d’autres options qui existent, c’est déjà une belle porte ouverte», dit-il. 

Avant qu'il ne décide d'adopter l’anneau thermique, la question de la contraception était revenue à l’ordre du jour dans son couple. «Ma copine hésitait à se lancer dans la contraception hormonale, pour des raisons de santé», raconte-t-il. Le stérilet en cuivre, qui est sans hormones, avait aussi été envisagé par le couple, puis mis de côté.

Sa copine admet que c’est «un petit acte de foi», que de donner la responsabilité de la contraception à quelqu’un d’autre. Elle considère néanmoins que c’est la meilleure option pour son couple. 

«Oui, j’ai confiance, mais, au-delà de la confiance, je suis aussi fière de mon chum. Moi, en tant que blonde, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup, et ça ne me crée ni de peur ni d’anxiété», poursuit-elle. 

Comme Louis, de plus en plus d’hommes sont d’ailleurs conscients que la charge mentale liée à la contraception repose la plupart du temps sur les épaules des femmes, remarque le Dr Galiano. «Pour l’instant, ce que je vois dans mon expérience, c’est que les hommes qui viennent me voir sont déjà informés et ouverts, qu’ils en ont déjà discuté avec leur partenaire», souligne-t-il. 

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