L’inflation à 4,1% se fait sentir dans les portefeuilles des Québécois | 24 heures
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L’inflation à 4,1% se fait sentir dans les portefeuilles des Québécois

Les dépenses des Québécois ont augmentés.
Illustration Adobe Stock

Les dépenses des Québécois ont augmentés.

Vous avez l’impression que vos dépenses ont augmenté dernièrement, même si vous n’avez pas changé vos habitudes de consommation ? Normal ! L’inflation a augmenté à un rythme jamais vu depuis 10 ans au mois de juillet.

L’inflation est une hausse généralisée des prix qui est normale et qui se situe habituellement autour de 2% par année. Cependant, elle a atteint une hausse de 4,1% au Québec en juillet selon Statistique Canada, une flambée particulièrement élevée. 

Cette hausse serait d’ailleurs principalement due à la pandémie, explique le directeur du département d’économie de l’Université de Sherbrooke, Mario Fortin.

«L’inflation, c’est une moyenne de l’augmentation des prix dans différents secteurs. L’an passé, les prix ont été anormalement bas dans plusieurs de ces secteurs. On peut penser à l’essence, par exemple. Comme les gens se déplaçaient beaucoup moins, et que la demande était moins forte, les prix ont chuté. Ce qui a fait en sorte que l’inflation en 2020 était pratiquement nulle» explique-t-il. 

Cependant, au fur et à mesure que l’économie reprend, les prix remontent tranquillement et c’est ce qui explique l’énorme écart avec les prix de l’an passé.

«C’est comme si on avait rattrapé le retard de l’an dernier. C’est un effet de rebond temporaire parce que les prix dans certains secteurs étaient anormalement bas l’an dernier», ajoute-t-il. 

Le spécialiste rappelle aussi que les aides gouvernementales, qui ont permis à certains de dépenser plus qu’à l’habitude, ont aussi contribué à faire gonfler les prix.

Adapter ses habitudes

Mario Fortin prévient que l’impact de cette hausse ne sera pas la même pour tous et qu’elle va en grande partie dépendre des habitudes de consommation.

«La hausse n’est pas la même dans tous les secteurs. Si les prix de l’essence augmentent mais que je n’ai pas de voiture, je ne serai pas affecté. Tout va dépendre de la capacité des gens à s’adapter aux différentes hausses», dit-il. 

Rencontré dans une épicerie de Montréal, Francis Dupuis constate que l’inflation se fait déjà ressentir dans son quotidien et le force à faire des choix. 

«Je ne peux pas toujours manger ce que je veux. À la place de manger du poisson ou une protéine animale, je vais opter plus souvent pour le tofu ou d’autres protéines comme les légumineuses», détaille le jeune professionnel. 

Pour économiser davantage, Francis Dupuis s’est mis à visiter plusieurs supermarchés, ce qu’il n’avait jamais fait par le passé.

«Ça vaut la peine, j’arrive à économiser une vingtaine de dollars par épicerie», précise-t-il. 

Même son de cloche chez Option consommateur, où la planificatrice budgétaire Johanne Le Blanc constate que les demandes d’aide sont nombreuses par les temps qui courent.

«Il y a définitivement un impact important pour les dépenses liées à l’alimentation, particulièrement chez les personnes à faible revenu. Nous ce qu’on conseille, c’est de mieux planifier les achats à l’épicerie et d’éviter d’acheter ailleurs comme dans les dépanneurs ou les restaurants», dit-elle 

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