Vous ne rêvez pas : il y a plus de guêpes cette année | 24 heures
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Vous ne rêvez pas : il y a plus de guêpes cette année

Ce n’est pas dans votre tête : les guêpes s’en donnent à cœur joie cette année, fortes d’un hiver doux et de températures estivales particulièrement chaudes. 

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L’été 2021 a été particulièrement occupé pour les exterminateurs du Québec. «Nos appels ont augmenté de 400% par rapport à l’an passé», lance Jean-Philippe Tremblay de l’entreprise de gestion parasitaire Maheu&Maheu.  

Et alors que plus de 60% des interventions de l’été sont réalisées à la mi-août, il le confirme: «c’est une très très grosse année!» 

Les raisons qui expliquent la multiplication de colonies sont diverses. Il y a d’abord les températures chaudes, mais surtout l’hiver particulièrement doux qu’on a connu.  

«En fin de saison, les guêpes ouvrières meurent quand le froid arrive et les reines vont se cacher dans des caveaux ou en dessous de roches. Mais la période hivernale très douce a fait en sorte que le taux de survie des reines a été très important», explique Jean-Philippe Tremblay, qui est directeur du développement des affaires de l’entreprise.  

La saison a donc commencé avec un grand nombre de guêpes reines prêtes à développer de nouvelles colonies. Au mois d’août, les nids ont déjà été construits et sont à pleine capacité, d’où la présence parfois envahissante des guêpes. Et comme elles cherchent à se nourrir, elles sont attirées par les aliments protéinés très odorants. 

Pour ne pas que des guêpes s’invitent à vos BBQ d’été, Jean-Philippe Tremblay propose ces quelques trucs : bien nettoyer son BBQ et le recouvrir après chaque utilisation, ne pas laisser d’aliments à l’extérieur ou des bouteilles vides et bien nettoyer les résidus de nourriture.  

Et les changements climatiques dans tout ça? 

Jean-Philippe Tremblay n’ose pas se prononcer à savoir si cette recrudescence du nombre de guêpes est liée aux changements climatiques. 

«C’est variable d’une saison à l’autre. Cette année, on a des conditions parfaites pour le développement des colonies, mais ça peut changer l’année prochaine. On travaille avec des organismes vivants et ça ne prend pas grand-chose pour affecter leur développement.» 

En effet, il est difficile de savoir si cette présence accrue de guêpes dans le sud du Québec est liée au réchauffement planétaire. Mais une chose est certaine : avec les hausses de température viendra une augmentation de la biodiversité dans la province. 

«La biodiversité planétaire ne peut faire autrement que diminuer avec les changements climatiques, mais localement parlant, comme au Québec, la biodiversité va probablement augmenter parce qu’on va gagner des espèces du sud», explique le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque. 

Si les guêpes pourraient bénéficier de cette hausse des températures, d’autres espèces vont au contraire en souffrir, soutient l’expert. Le problème, dit-il, est que les zones climatiques se déplacent et que ces changements vont stresser des espèces qui sont déjà pour la plupart vulnérables.  

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